John Stones « en verre » : ce que ses blessures à répétition disent de votre prévoyance perte de gain

Footballeur blessé au mollet assis sur la pelouse, soigné par un physiothérapeute dans un stade
Isabelle Isabelle ReyGestion de Patrimoine
4 min de lecture 15 juillet 2026

Le défenseur de Manchester City John Stones a de nouveau quitté le rassemblement de l'Angleterre plus tôt que prévu en ce début 2026, victime d'un problème au mollet qui l'a tenu éloigné des terrains pendant des semaines. Surnommé « made of glass » (fait de verre) par la presse britannique après une succession de blessures au pied, aux ischio-jambiers et à la cuisse, l'international anglais a manqué plus de 30 matchs sur la seule saison 2024-2025, selon Sports Mole. À quelques mois de la Coupe du monde 2026, le sélectionneur Thomas Tuchel a prévenu : sans temps de jeu régulier, Stones ne sera pas retenu.

Au-delà du feuilleton sportif, le cas Stones illustre une réalité que connaissent aussi les travailleurs suisses : que se passe-t-il quand le corps lâche et que les revenus s'arrêtent ? Pour un footballeur payé plusieurs millions par an, comme pour un artisan indépendant de Genève ou un salarié de Lausanne, une incapacité prolongée pose la même question de fond : qui paie les factures quand on ne peut plus travailler ?

Une carrière qui peut s'arrêter du jour au lendemain

La particularité du sport professionnel est la brièveté de la carrière et sa fragilité. Une blessure chronique comme celle de Stones peut faire chuter la valeur d'un joueur sur le marché des transferts, réduire ses primes de performance et, à terme, provoquer une fin de carrière prématurée. Les clubs souscrivent des assurances spécifiques pour couvrir la valeur de leurs actifs, mais le joueur lui-même doit protéger ses revenus futurs.

Cette logique n'a rien d'exotique. En Suisse, un indépendant qui subit une incapacité de travail durable voit lui aussi ses rentrées disparaître, sans le filet automatique dont bénéficie un salarié. La différence tient à l'anticipation : ceux qui ont structuré leur prévoyance traversent l'épreuve ; les autres puisent dans leur épargne, parfois jusqu'à l'épuisement.

Ce que couvre — et ne couvre pas — le système suisse

Le système helvétique repose sur trois piliers. En cas d'invalidité, l'assurance invalidité (AI) du premier pilier verse une rente, mais celle-ci est plafonnée et rarement suffisante pour maintenir le niveau de vie. Une rente AI complète s'élève au maximum à quelques milliers de francs par mois, un montant sans commune mesure avec les revenus d'un cadre ou d'un indépendant établi.

Le deuxième pilier (LPP) complète cette rente pour les salariés, mais uniquement dans les limites du plan de prévoyance de l'employeur. Quant aux indépendants, ils ne sont pas soumis à la LPP obligatoire : sans démarche volontaire, ils ne disposent que de l'AI. C'est là que se creuse le principal angle mort. Selon les chiffres officiels de l'Office fédéral des assurances sociales, l'écart entre le dernier salaire et les rentes cumulées peut dépasser la moitié du revenu antérieur pour les hauts revenus.

Une assurance perte de gain (indemnités journalières) et une assurance invalidité privée du troisième pilier viennent alors combler ce trou. Elles garantissent un pourcentage du revenu pendant la période d'incapacité et, selon les contrats, une rente en cas d'invalidité définitive.

L'angle expert : anticiper avant la blessure, pas après

Le point crucial, souligné par les conseillers en gestion de patrimoine, est que ces protections doivent être mises en place tant que l'on est en bonne santé. Une fois la blessure ou la maladie déclarée, il est trop tard : les assureurs appliquent des réserves, excluent les affections préexistantes ou refusent la couverture. John Stones, avec son historique de blessures à répétition, serait aujourd'hui un profil difficile à assurer à des conditions standard.

Pour un particulier suisse, la démarche recommandée par les experts suit trois étapes. D'abord, établir un bilan de prévoyance pour chiffrer précisément le manque à gagner en cas d'invalidité — l'écart réel entre les rentes AI et LPP et le train de vie actuel. Ensuite, souscrire une couverture perte de gain adaptée au statut, l'exposition d'un indépendant étant bien supérieure à celle d'un salarié. Enfin, coupler cette protection à une épargne du troisième pilier (3a ou 3b) qui optimise la fiscalité tout en constituant un capital de secours.

Un conseiller en gestion de patrimoine peut modéliser ces scénarios et calibrer les montants assurés au juste niveau, ni surassuré ni exposé. Ce travail vaut autant pour un sportif de haut niveau que pour un artisan, une profession libérale ou un cadre dont la capacité de gain est le principal actif du foyer.

Ce qu'il faut retenir

L'incertitude autour de la présence de John Stones à la Coupe du monde 2026 rappelle une vérité simple : le revenu tiré du travail est un actif fragile, exposé à l'accident et à la maladie. En Suisse, l'AI et la LPP posent un socle, mais laissent un écart important pour les hauts revenus et surtout pour les indépendants. La bonne nouvelle est que cet écart se comble par anticipation, à condition d'agir avant l'incident.

Faire le point sur sa couverture perte de gain et sa prévoyance invalidité, idéalement avec un professionnel, est un réflexe de saison. Comme le montre le cas du défenseur anglais, personne — pas même un athlète au sommet — n'est à l'abri d'une blessure qui rebat toutes les cartes.

Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil financier ou en assurance personnalisé. Chaque situation dépend du statut, du revenu et des contrats en vigueur ; consultez un professionnel avant toute décision.

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