3 morts sur le Hondius : quand consulter un médecin après le hantavirus ?

Le navire d'expédition MV Hondius, source d'une épidémie de hantavirus en 2026

Photo : Fdesroches / Wikimedia

4 min de lecture 11 mai 2026

Trois passagers du MV Hondius sont morts d'une infection au hantavirus des Andes après avoir embarqué à Ushuaia le 1er avril 2026, transformant une croisière d'expédition en urgence sanitaire internationale. Alors que le navire a finalement accosté à Ténérife le 10 mai, des milliers de personnes en Europe se demandent : quand faut-il consulter un médecin après une exposition potentielle à ce virus rare ?

Le MV Hondius bloqué en mer : une épidémie sans précédent

Le MV Hondius, navire d'expédition néerlandais opéré par Oceanwide Expeditions, transportait plusieurs centaines de passagers de 19 nationalités lors de cette traversée de l'Atlantique Sud. Le 11 avril, un premier passager décédait à bord. Son épouse, débarquée à Sainte-Hélène le 24 avril, mourrait deux jours plus tard dans un hôpital de Johannesburg. Un troisième passager n'a pas survécu.

Au 9 mai, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recensait 6 cas confirmés et 8 cas suspects. Le navire, refusé dans plusieurs ports, a finalement obtenu l'autorisation d'accoster à Ténérife. Dès son arrivée au Port de Granadilla, 94 passagers de 19 nationalités ont débarqué lors d'une première vague d'évacuation. Dix-sept ressortissants américains ont été mis en quarantaine au Centre médical de l'Université du Nebraska, l'unité nationale de quarantaine des États-Unis.

Hantavirus des Andes : une souche particulièrement préoccupante

Le hantavirus des Andes (ANDV) est radicalement différent des souches nord-américaines que la plupart des Européens connaissent. Selon l'OMS, c'est l'une des rares formes de hantavirus à se transmettre d'une personne à l'autre — et non uniquement par contact avec des rongeurs infectés.

Cette particularité a transformé l'incident du Hondius en alarme sanitaire mondiale. En Amérique du Sud, le taux de létalité de l'ANDV avoisine 35 à 40 %. La maladie progresse en deux phases :

  • Phase prodromique (3 à 5 jours) : fièvre, fatigue intense, douleurs musculaires, maux de tête, parfois nausées et douleurs abdominales. Ces symptômes sont souvent confondus avec une grippe classique.
  • Phase cardiopulmonaire : toux, essoufflement progressif, et dans les cas graves, détresse respiratoire aiguë pouvant évoluer rapidement vers l'insuffisance cardiaque.

Il n'existe à ce jour aucun traitement antiviral spécifique contre le hantavirus des Andes. La prise en charge repose sur des soins intensifs précoces — d'où l'importance critique de consulter rapidement.

Quels symptômes doivent alerter après une croisière ?

Les passagers revenus d'une croisière d'expédition en Patagonie ou en Antarctique ces dernières semaines doivent être particulièrement vigilants. Mais au-delà des voyageurs concernés directement par le Hondius, cet épisode soulève une question plus large : comment distinguer une fatigue post-voyage d'une infection sérieuse ?

Les signaux d'alarme qui doivent motiver une consultation médicale urgente :

  • Fièvre supérieure à 38,5 °C apparaissant dans les 8 semaines suivant un retour d'Amérique du Sud
  • Difficultés respiratoires ou sensation d'oppression thoracique
  • Fatigue soudaine et intense, sans cause apparente
  • Douleurs musculaires diffuses associées à des maux de tête persistants
  • Antécédent de contact avec des rongeurs ou séjour en zone rurale d'Amérique du Sud

En Suisse, le réseau de médecins généralistes formés à la médecine des voyages est en mesure d'évaluer rapidement ces situations. Une consultation dans les 48 heures suivant l'apparition des symptômes peut faire la différence entre une prise en charge ambulatoire et une hospitalisation en urgence.

Ce que les médecins recommandent après exposition

Les médecins infectiologues et spécialistes de médecine tropicale insistent sur plusieurs points essentiels pour quiconque a voyagé en Amérique du Sud ou a été en contact avec des personnes revenues de croisière dans cette région :

1. Ne pas minimiser les symptômes grippaux post-voyage. Un simple "coup de froid" au retour de Patagonie mérite une attention particulière en ce moment. Informez votre médecin de votre destination.

2. Mentionner systématiquement votre itinéraire. Le hantavirus des Andes est peu connu des médecins européens. Précisez vos destinations, vos activités en plein air, tout contact avec des rongeurs ou des espaces ruraux.

3. Éviter l'automédication. Les antipyrétiques peuvent masquer la fièvre et retarder le diagnostic. En cas de doute, la consultation prime sur le traitement symptomatique à domicile.

4. Signaler tout contact avec des passagers du Hondius. Si vous avez été en contact avec des personnes ayant voyagé sur le MV Hondius entre le 1er avril et le 10 mai 2026, informez-en votre médecin, même en l'absence de symptômes.

Croisières d'expédition : des risques sanitaires sous-estimés

L'épisode du Hondius met en lumière une réalité souvent ignorée : les croisières d'expédition dans des zones reculées exposent les voyageurs à des pathologies rares, éloignées des circuits médicaux classiques. Ces voyages — de plus en plus populaires en Suisse — attirent des voyageurs expérimentés, mais rarement préparés aux risques spécifiques des régions polaires et sub-antarctiques.

Avant toute croisière d'expédition, une consultation pré-départ chez un médecin spécialisé en médecine des voyages est fortement conseillée. Elle permet d'établir un bilan de santé, de vérifier les vaccinations à jour, et surtout de définir un plan d'action en cas de symptôme lors d'une navigation en zone isolée.

ExpertZoom met en relation les voyageurs suisses avec des médecins spécialisés en médecine des voyages disponibles rapidement pour des consultations pré ou post-voyage.

La vigilance s'impose, pas la panique

L'affaire du MV Hondius ne doit pas provoquer d'inquiétude disproportionnée. Le hantavirus des Andes reste une maladie rare, et la transmission interhumaine est documentée mais limitée. L'OMS et les autorités espagnoles ont pris les mesures nécessaires : quarantaine, prise en charge médicale, coordination internationale.

Ce qui importe, c'est d'agir vite si vous êtes concerné. En médecine des maladies infectieuses, le délai entre l'apparition des symptômes et la prise en charge conditionne le pronostic. Ne tardez pas à consulter si vous ressentez des signes évocateurs dans les semaines suivant un retour d'Amérique du Sud.

Avertissement YMYL : Cet article est à titre informatif uniquement. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes, consultez un professionnel de santé.

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