L'épisode 22 de Germany's Next Top Model (saison 21) a été diffusé le 7 mai 2026 sur ProSieben. La question "wer ist raus ?" (qui est éliminé ?) agite les réseaux chaque semaine — mais derrière l'excitation du public se cache une réalité préoccupante pour les candidats : la pression psychologique et corporelle que génèrent ces émissions est documentée et sévère.
GNTM 2026 : une saison intense avant la finale à Los Angeles
La saison 21 de GNTM diffuse son épisode 22 cette semaine, avant une finale prévue le 28 mai 2026 à Los Angeles — une première historique pour l'émission. Deux gagnants (une femme, un homme) repartiront avec 100'000 € chacun et une couverture du Harper's Bazaar.
Parmi les éliminations récentes : Yanneck et Antonia ont été renvoyés lors de l'épisode 20 (23 avril), après des performances insuffisantes lors des défilés et shootings. Plus tôt dans la saison, Safia avait quitté l'émission à l'épisode 17 (8 avril) après avoir refusé un shooting nu — une décision qui a suscité un débat intense sur les droits des candidats face aux demandes des productions.
Mais au-delà du drama médiatique, c'est la santé des participants qui préoccupe de plus en plus de professionnels de santé en Suisse.
Les chiffres alarmants de la santé mentale dans le mannequinat
Une étude publiée dans Frontiers in Psychiatry en 2024 dresse un tableau préoccupant de la santé mentale dans l'industrie du mannequinat :
- 63,1 % des mannequins présentent des symptômes de troubles de l'image corporelle
- 48,8 % souffrent de problèmes psychologiques identifiables — et seulement 16,7 % bénéficient d'un suivi psychothérapeutique
- 78,6 % contrôlent activement leur alimentation ; 40,5 % pratiquent une restriction calorique extrême
- 83,3 % rapportent avoir subi des critiques sur leur corps de la part de professionnels du secteur
Ces chiffres ne concernent pas seulement les mannequins professionnels. Les émissions comme GNTM exposent des candidats souvent âgés de 16 à 25 ans à ces mêmes pressions dans un cadre télévisé intensifié — avec une audience de plusieurs millions de spectateurs.
Une étude citée par la Mental Health Foundation montre que 24 % des jeunes adultes de 18 à 24 ans affirment que la télé-réalité les rend anxieux par rapport à leur image corporelle. Des recherches allemandes ont spécifiquement montré qu'après avoir regardé GNTM, les femmes souffrant de troubles alimentaires présentent une augmentation mesurable de l'insatisfaction corporelle.
Quels signaux doivent alerter les proches ?
Pour les parents d'un adolescent(e) fan de GNTM, certains comportements méritent une attention particulière, selon l'Office fédéral de la santé publique suisse (OFSP) :
Sur l'alimentation :
- Restriction alimentaire progressive, sauts de repas, évitement de certains aliments "trop caloriques"
- Ritualisation excessive autour des repas
- Pesées répétées, commentaires obsessionnels sur le poids ou les calories
Sur l'image de soi :
- Comparaisons fréquentes avec des mannequins ou candidates de télé-réalité
- Commentaires dévalorisants récurrents sur son propre corps
- Anxiété excessive avant les sorties sociales liée à l'apparence
Sur le comportement général :
- Repli social, irritabilité, chutes de résultats scolaires
- Fatigue inexpliquée (souvent liée à une alimentation insuffisante)
Ces signaux ne signifient pas nécessairement un trouble alimentaire constitué — mais ils méritent une consultation médicale préventive.
Le rôle des professionnels de santé face aux troubles de l'image corporelle
En Suisse, les troubles alimentaires et les problèmes d'image corporelle sont pris en charge par plusieurs types de spécialistes :
Le médecin généraliste est souvent la première porte d'entrée. Il peut évaluer les signes physiques (poids, carences) et orienter vers un spécialiste. Une consultation précoce améliore significativement le pronostic.
Le psychologue ou psychothérapeute travaille sur les croyances liées au corps et à la valeur personnelle, qui sont souvent au cœur des troubles alimentaires. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) montrent une efficacité documentée dans ce domaine.
Le nutritionniste ou diététicien aide à reconstruire un rapport sain à l'alimentation sans diaboliser les aliments. En Suisse, le remboursement par l'assurance de base (LaMal) est possible sous certaines conditions, notamment sur prescription médicale.
Sur ExpertZoom, des médecins et professionnels de santé disponibles en consultation en ligne peuvent répondre à vos premières questions — notamment pour aider un proche à franchir le pas et consulter un professionnel.
Ce que GNTM révèle sur notre rapport collectif à l'image corporelle
La popularité persistante de GNTM (et des émissions similaires) reflète une fascination collective pour le corps, la beauté et la compétition — mais aussi une normalisation progressive de comportements problématiques. Le refus de Safia de faire un shooting nu cette saison a mis en lumière que même dans un cadre professionnel, des limites existent et doivent être respectées.
Pour les spectateurs — et en particulier les jeunes — il peut être utile de parler des images véhiculées par ces émissions. Pas pour les interdire, mais pour développre un regard critique : les corps présentés sont souvent l'aboutissement de conditions de vie inaccessibles (entraînement intensif, régimes stricts, retouche photo), et non un standard réaliste.
Si vous ou un proche ressentez une souffrance liée à l'image corporelle amplifiée par ce type de contenus, ne minimisez pas ces signaux. Une consultation médicale préventive ne coûte rien — et peut faire une grande différence.
Note : cet article ne constitue pas un avis médical. En cas de trouble alimentaire suspect, consultez un professionnel de santé.
