Le 28 septembre 2025, les Suisses ont approuvé à 50,39 % la nouvelle loi sur l'identité électronique (BGEID). Résultat : dès le 1er décembre 2026, chaque résident de Suisse pourra disposer d'une e-ID officielle, gratuite et sécurisée. Pour les particuliers comme pour les entreprises, ce changement ouvre de nouvelles questions — et appelle l'expertise de spécialistes IT et juridiques.
Qu'est-ce que la nouvelle e-ID suisse ?
Contrairement à la première tentative (rejetée par référendum en 2021, car confiée au secteur privé), la nouvelle e-ID est entièrement gérée par l'État. Elle est :
- Gratuite et volontaire — aucune obligation pour les citoyens
- Complémentaire aux documents physiques (carte d'identité, passeport), pas un remplacement
- Utilisable en ligne et hors ligne : commande d'extraits du casier judiciaire, vérification d'âge en ligne, démarches administratives cantonales
- Disponible pour tous : résidents titulaires d'une carte d'identité suisse, d'un passeport ou d'un permis de séjour
Selon le portail officiel de l'e-ID suisse, la solution repose sur le « système de portefeuille numérique » (digital wallet) conforme aux standards européens eIDAS2. L'identité numérique est stockée sur le smartphone du citoyen, et les données personnelles ne transitent jamais par un serveur central.
Ce que ça change pour les entreprises et les organisations
Si l'e-ID est volontaire pour les citoyens, elle devient progressivement obligatoire pour les acteurs économiques qui proposent des services nécessitant une identification. La loi fixe une deadline claire : d'ici décembre 2028, toutes les organisations (publiques et privées) devront être capables d'accepter l'e-ID comme moyen d'identification valable.
Concrètement, cela implique pour les entreprises de :
- Intégrer une interface de vérification e-ID dans leurs systèmes informatiques (applications mobiles, plateformes web, terminaux point de vente)
- Former leurs équipes aux nouveaux protocoles d'identification
- Mettre à jour leurs politiques de confidentialité en tenant compte des données transmises via l'e-ID
- Adapter leurs processus KYC (Know Your Customer) pour les secteurs réglementés (banques, assurances, professions juridiques)
Les cantons et communes sont particulièrement concernés : selon l'Administration numérique suisse, ils doivent commencer dès maintenant à adapter leurs portails de services en ligne pour accepter l'e-ID avant l'échéance de 2028.
Les risques juridiques à ne pas négliger
L'adoption de l'e-ID crée un cadre légal inédit en matière de protection des données. La Loi fédérale sur la protection des données (nLPD), révisée en 2023, s'applique pleinement aux échanges de données via l'e-ID. Deux points d'attention pour les organisations :
Principe de minimisation des données : lors d'une vérification d'identité, une organisation ne peut demander que les attributs strictement nécessaires. Par exemple, pour vérifier qu'un client est majeur, seul le résultat « oui/non » devrait être communiqué, et non la date de naissance complète.
Responsabilité en cas de violation : si des données d'identité numérique sont compromises par une faille informatique de votre côté, votre organisation est responsable et doit notifier le Préposé fédéral à la protection des données (PFPD) dans les 72 heures.
Un avocat spécialisé en droit numérique peut vous aider à vérifier la conformité de vos processus avant l'entrée en vigueur de l'e-ID. De même, un expert IT expérimenté peut auditer votre infrastructure pour détecter les adaptations nécessaires — et vous éviter des retards coûteux.
Comment préparer votre entreprise dès maintenant
L'horizon de décembre 2026 peut sembler lointain, mais les projets d'intégration IT prennent du temps. Voici les étapes clés recommandées :
Dès 2026 :
- Désigner un responsable de projet e-ID en interne (ou faire appel à un consultant IT)
- Effectuer un audit de votre infrastructure d'identification actuelle
- Contacter votre fournisseur de solutions logicielles pour connaître leur feuille de route e-ID
En 2027 :
- Tester les API d'intégration e-ID dans un environnement de développement
- Former les équipes techniques et de conformité
- Mettre à jour vos contrats avec les partenaires de traitement de données
En 2028 (avant la deadline) :
- Déploiement en production
- Tests de charge et de sécurité
- Communication aux clients sur le nouveau moyen d'identification disponible
Pourquoi consulter un expert maintenant ?
De nombreuses PME suisses sous-estiment le temps nécessaire pour intégrer une nouvelle brique d'identification dans leurs systèmes. En 2025, l'intégration de FranceConnect+ en France (solution comparable) a montré que les délais de mise en conformité pouvaient dépasser 18 mois pour des organisations de taille moyenne.
Sur Expert Zoom, des informaticiens et experts en cybersécurité sont disponibles pour un premier diagnostic de votre infrastructure — en ligne, rapidement, et sans engagement. Ils peuvent établir un plan d'intégration réaliste et vous préparer sereinement à l'échéance de décembre 2026.
L'e-ID suisse est une opportunité de simplifier vos services numériques et de renforcer la confiance de vos utilisateurs. Pour les particuliers, c'est aussi une façon d'interagir avec l'administration de manière plus fluide et sécurisée, en évitant d'envoyer des copies de documents sensibles par e-mail. À condition, pour tous, de s'y préparer dès maintenant.
