Contrôle de sécurité: Zurich autorise 2 litres, Genève reste à 100 ml — vos droits en cas de confiscation

Voyageur au contrôle de sécurité d'un aéroport suisse déposant liquides et ordinateur dans un bac devant un scanner CT 3D
4 min de lecture 21 juillet 2026

Passer le contrôle de sécurité n'obéit plus aux mêmes règles selon l'aéroport suisse d'où vous décollez. Depuis le 26 juin 2026, l'aéroport de Zurich (Kloten) autorise jusqu'à 2 litres de liquide en bagage cabine et n'exige plus de sortir l'ordinateur portable, grâce à ses nouveaux scanners à tomographie (CT). Au même moment, l'aéroport de Genève maintient la limite historique de 100 ml sur la majorité de ses lignes de contrôle. Ce décalage crée une confusion réelle pour les voyageurs — et parfois des litiges au poste de sûreté.

Deux aéroports, deux régimes

À Zurich, les passagers qui commencent leur voyage depuis le bâtiment principal des contrôles peuvent désormais emporter des contenants allant jusqu'à 2 litres, selon la RTS. Les scanners CT génèrent une image 3D haute résolution du bagage, ce qui rend inutile le retrait manuel des liquides et des appareils électroniques. Une restriction subsiste toutefois : les bouteilles à double paroi, comme les thermos isothermes, ne passent le contrôle que vides, car leur structure gêne l'analyse du contenu.

À Genève, la règle des 100 ml reste la norme. Certaines voies équipées de nouveaux scanners CT permettent de laisser liquides et ordinateurs dans le sac, mais l'aéroport n'a pas généralisé l'assouplissement. Concrètement, un même flacon de 500 ml peut être accepté à Zurich et confisqué à Genève le même jour.

Cette disparité n'est pas une anomalie suisse : au Royaume-Uni, plusieurs aéroports comme Londres Heathrow, Gatwick ou Édimbourg ont levé la limite jusqu'à 2 litres, tandis que d'autres pays européens continuent d'appliquer les 100 ml. Tant que l'équipement n'est pas homologué et déployé partout, les régimes coexistent.

Ce que dit la réglementation

En Suisse, les règles applicables aux liquides en cabine relèvent de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC). Ce sont ces règles, et non la compagnie aérienne, qui déterminent ce que vous pouvez emporter au passage de sûreté. Avant de partir, il est prudent de vérifier le régime en vigueur à l'aéroport de départ précis, disponible sur le site officiel de l'OFAC.

Point essentiel : la règle qui s'applique est celle de l'aéroport où vous passez le contrôle, y compris lors d'une correspondance. Un voyageur qui achète une bouteille d'eau côté départ à Zurich pourra la garder, mais devra la jeter s'il repasse un contrôle dans un aéroport encore soumis aux 100 ml.

Vos droits en cas de confiscation

Au poste de sûreté, l'agent de sécurité peut refuser de laisser passer un objet non conforme. Vous avez alors trois options : le placer en soute si le temps le permet, le remettre à un accompagnant resté côté public, ou l'abandonner. Dans la pratique, l'objet confisqué est détruit et n'ouvre en principe aucun droit à indemnisation, car la contrainte découle d'une norme de sûreté publique.

La situation diffère lorsque le litige porte sur autre chose que la simple non-conformité : dégradation d'un bagage lors de la fouille, contestation d'un contrôle jugé abusif, ou traitement que vous estimez discriminatoire. Ces situations relèvent de vos droits en tant que consommateur et usager, et non des seules règles de sûreté. Un avocat spécialisé peut vous aider à qualifier les faits, à identifier le bon interlocuteur — exploitant de l'aéroport, prestataire de sûreté ou compagnie — et à évaluer un éventuel recours.

De même, le refus de passer le scanner corporel ou une fouille approfondie soulève des questions de proportionnalité et de protection des données. Le voyageur peut demander des informations sur le traitement de ses images et sur ses droits, un domaine où le conseil juridique est particulièrement utile.

Éviter les mauvaises surprises

Quelques réflexes limitent les tensions au contrôle. Vérifiez le régime de votre aéroport de départ la veille du vol. En cas de doute, appliquez la règle la plus stricte — 100 ml en flacons dans un sac transparent d'un litre — qui reste acceptée partout. Videz vos thermos et gourdes isothermes avant le contrôle. Conservez les justificatifs d'achat des produits emportés en cabine, utiles si un objet de valeur est retenu.

Enfin, gardez à l'esprit que l'assouplissement à Zurich vise d'abord à fluidifier les files d'attente, pas à supprimer toute vérification. Les agents conservent le pouvoir d'inspecter, de tester et de refuser un contenant suspect, même en dessous de 2 litres.

Quand consulter un expert

Un contrôle de sécurité qui se passe mal — bagage endommagé, objet de valeur confisqué à tort, différend sur un traitement inéquitable — n'est pas une fatalité. Un juriste peut déterminer si vous disposez d'un recours, dans quel délai l'exercer et auprès de qui. Pour un litige transfrontalier, où se croisent le droit suisse et les règles de l'aéroport d'arrivée, l'accompagnement d'un professionnel évite les démarches inutiles. Les mêmes réflexes valent lors d'un atterrissage d'urgence ou d'une perturbation de vol, ou encore d'une fermeture d'aéroport entraînant des annulations.

En résumé : la fin annoncée des 100 ml est une réalité à Zurich depuis le 26 juin 2026, mais pas encore à Genève. Connaître le régime applicable et vos droits au poste de sûreté reste, pour l'été 2026, la meilleure façon de voyager sereinement.

Cet article a une portée informative générale et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une situation particulière, consultez un avocat qualifié.

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