Chris DiDomenico quitte la Suisse après 8 ans : ce que votre départ implique pour votre 2e pilier

Match de hockey sur glace dans l'arène Swiss Life Arena, National League suisse

Photo : Vincenzo.togni / Wikimedia

Élise Élise MeyerJuridique
4 min de lecture 22 mai 2026

Chris DiDomenico quitte la Suisse après 8 ans : ce que votre départ à l'étranger implique pour votre 2e pilier

Le 22 mai 2026, la nouvelle a surpris les fans suisses de hockey : Chris DiDomenico, 37 ans, attaquant canadien et meilleur buteur d'HC Ambrì-Piotta cette saison (41 points, 10 buts), a signé avec IF Björklöven en Suède après avoir quitté le club tessinois en mars par "accord mutuel". C'est la fin d'une ère : huit saisons au pays des alpages, une présence marquante dans la National League. Mais au-delà du feuilleton sportif, son départ soulève une question cruciale que des milliers de travailleurs étrangers en Suisse se posent chaque année : quand on quitte la Suisse après des années de cotisations, que devient notre argent ?

Le 2e pilier : la grande inconnue des expatriés qui rentrent

La Suisse dispose d'un système de prévoyance retraite à trois piliers. Le 2e pilier (prévoyance professionnelle, régi par la LPP) est obligatoire pour tous les salariés gagnant plus de 22 050 CHF par an — et cela inclut les sportifs professionnels sous contrat avec un club suisse.

Pendant ses huit saisons en Suisse, DiDomenico aura cotisé chaque mois à une caisse de pension. Son employeur (HC Ambrì-Piotta) y aura contribué au moins autant. À son départ, ce capital ne disparaît pas — mais sa gestion dépend de la destination.

Si vous partez dans un pays de l'UE/AELE (comme la Suède dans ce cas) : en principe, vous pouvez demander le versement de la part surobligatoire de votre 2e pilier. La part obligatoire, elle, est bloquée jusqu'à votre retraite ou transférée dans un compte de libre passage en Suisse. Des accords bilatéraux de sécurité sociale entre la Suisse et la plupart des pays européens régissent ces transferts.

Si vous partez hors UE/AELE (Amérique du Nord, Asie, etc.) : vous pouvez généralement demander le remboursement intégral de votre 2e pilier, sous réserve d'une retenue fiscale à la source. Cette somme peut représenter plusieurs dizaines de milliers de francs selon la durée de cotisation.

Rupture amiable vs licenciement : une différence capitale pour l'assurance-chômage

HC Ambrì-Piotta et Chris DiDomenico ont mis fin à leur collaboration par "accord mutuel" en raison de "priorités opérationnelles divergentes". Cette formulation, fréquente dans le monde du sport, soulève une question piège pour les travailleurs ordinaires en Suisse.

La règle est claire : une résiliation d'un commun accord (ou une démission volontaire) prive généralement le travailleur de ses droits au chômage (indemnités de chômage) pendant une période de suspension de 5 à 60 jours, voire en totalité si la résiliation était "injustifiée" selon l'assurance-chômage (LACI).

Pour éviter ce piège, il est essentiel de formuler soigneusement la fin de contrat. Un avocat peut vous aider à distinguer :

  • Licenciement ordinaire : droit aux indemnités de chômage sans suspension (sauf comportement fautif)
  • Rupture d'un commun accord avec indemnité de départ : peut préserver certains droits si bien négocié
  • Démission sans motif valable : suspension des indemnités de chômage pendant plusieurs mois

Dans le cas de DiDomenico, qui repart dans un nouveau club immédiatement, la question ne se pose pas. Mais pour un salarié ordinaire qui "accepte" une résiliation amiable sous pression de l'employeur, l'impact peut être financièrement dévastateur.

Après 8 ans de cotisations AVS : quels droits à la retraite ?

Le 1er pilier suisse (AVS — Assurance vieillesse et survivants) fonctionne différemment. Les cotisations versées pendant les années de travail en Suisse entrent dans le calcul de la future rente AVS, même si vous quittez le pays.

Pour une rente AVS complète, il faut avoir cotisé pendant 44 années (pour les hommes). Chaque année manquante réduit la rente d'environ 2,3 %. Huit années de cotisation dans un pays étranger (y compris la Suisse) peuvent donc s'additionner grâce aux accords de totalisation des périodes de cotisation.

Selon le portail suisse ch.ch, tout travailleur étranger ayant cotisé à l'AVS peut, à sa retraite, percevoir une rente partielle proportionnelle à ses années de cotisation helvétique, quel que soit son pays de résidence à l'époque.

Ce qu'il faut faire avant de quitter la Suisse

Pour toute personne dans la situation de DiDomenico ou de tout travailleur international établi en Suisse :

  1. Contactez votre caisse de pension pour obtenir un relevé de votre avoir de vieillesse total
  2. Renseignez-vous sur votre droit à restitution selon votre pays de destination
  3. Vérifiez vos droits au chômage si vous n'avez pas d'emploi immédiat
  4. Consultez un avocat ou un conseiller financier spécialisé en droit social suisse avant de signer une rupture amiable

Sur ExpertZoom, un avocat spécialisé en droit du travail peut analyser votre situation personnelle et vous accompagner dans les démarches liées à votre départ de Suisse.


Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou financier. Consultez un professionnel qualifié pour toute situation individuelle.

Nos experts

Avantages

Des réponses rapides et précises pour toutes vos questions et demandes d'assistance dans plus de 200 catégories.

Des milliers d'utilisateurs ont obtenu une satisfaction de 4,9 sur 5 pour les conseils et recommandations prodiguées par nos assistants.