Candice Swanepoel a fait une apparition remarquée à la demi-finale de Germany's Next Topmodel (GNTM) le 21 mai 2026 sur ProSieben, vêtue d'un corset sculptural J Phoenix London aux côtés de Heidi Klum. Mais derrière les flashs et les tenues spectaculaires, la top model sud-africaine est surtout une entrepreneuse redoutable : elle dirige Tropic of C, sa propre marque de maillots de bain et vêtements d'activité, dont la campagne « L'Animal » Summer 2026 vient de sortir. Comment a-t-elle transformé sa notoriété en un actif commercial protégé — et quelles leçons les entrepreneurs suisses peuvent-ils en tirer ?
De mannequin à propriétaire de marque : un pivot stratégique
Candice Swanepoel a été l'une des faces les plus emblématiques de Victoria's Secret pendant des années. Mais au lieu de dépendre indéfiniment d'un employeur unique, elle a créé Tropic of C en 2019 — une marque de swimwear à l'identité forte, axée sur le développement durable et l'esthétique luxueuse. En 2026, elle collabore également avec Alo, la marque de vêtements de sport premium, élargissant ainsi son écosystème commercial.
Ce modèle illustre une tendance de fond dans l'industrie créative : les personnalités publiques ne se contentent plus de prêter leur image — elles possèdent leurs propres marques. Rihanna avec Fenty, Jessica Alba avec Honest Company, Kim Kardashian avec SKIMS : la transformation d'une notoriété personnelle en marque déposée et protégée est devenue un modèle économique à part entière.
La protection de la marque personnelle : un enjeu juridique et patrimonial
La force de Tropic of C ne repose pas seulement sur l'esthétique ou la personnalité de sa fondatrice. Elle repose sur une infrastructure légale solide : marque déposée, droits d'auteur sur les designs, contrats avec les collaborateurs, protections de l'image. Sans ces fondements, n'importe quel concurrent pourrait imiter le nom, le style ou les produits.
En Suisse, la protection de la propriété intellectuelle est encadrée par l'Institut Fédéral de la Propriété Intellectuelle (IPI), l'organisme officiel chargé des marques, brevets et designs. Tout entrepreneur — qu'il soit créateur de mode, consultant indépendant ou influenceur — peut déposer une marque auprès de l'IPI pour la protéger sur le territoire suisse.
Voici ce que cela implique concrètement :
- Le dépôt de marque auprès de l'IPI protège un nom, un logo ou un slogan dans les catégories de produits ou services choisies. La durée de protection initiale est de 10 ans, renouvelable.
- La protection internationale peut être étendue via le système de Madrid (OMPI), permettant de couvrir des marchés étrangers depuis la Suisse avec une seule demande.
- Le nom de domaine doit être sécurisé simultanément pour éviter le cybersquatting (enregistrement malveillant par un tiers).
- Les contrats de collaboration avec des influenceurs, photographes ou fabricants doivent clairement stipuler qui possède les droits sur les contenus créés.
Gestion patrimoniale : ne pas confondre célébrité et richesse
La carrière de Candice Swanepoel illustre aussi un principe fondamental de la gestion de patrimoine : la célébrité est volatile, les actifs sont durables. Les revenus d'un mannequin ou d'une personnalité publique peuvent fluctuer considérablement d'une année à l'autre, selon les campagnes, l'âge et les tendances du marché.
La création d'une marque propre permet de :
Diversifier les sources de revenus : les ventes de produits génèrent des revenus indépendants des cachets de mannequinat, qui peuvent décliner avec l'âge ou les modes.
Créer un actif transmissible : contrairement à la notoriété personnelle, une marque peut être valorisée, cédée, licenciée ou transmise. C'est un actif qui figure dans un bilan et qui peut être apporté à une holding familiale ou à un véhicule d'investissement.
Bénéficier d'avantages fiscaux : selon la structure choisie (SA, Sàrl, ou détention via une holding), les revenus de la marque peuvent être optimisés fiscalement en Suisse, notamment grâce à la déduction des charges liées à la propriété intellectuelle.
Un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé dans les entrepreneurs créatifs peut aider à structurer cette transition : quelle forme juridique adopter, comment séparer le patrimoine personnel du patrimoine professionnel, et comment anticiper les questions successorales.
Les pièges à éviter pour un créateur de marque en Suisse
L'exemple de Candice Swanepoel inspire — mais la route entre inspiration et exécution légale est parsemée de pièges :
Ne pas déposer sa marque avant le lancement : en Suisse, c'est le premier à déposer qui a la priorité, pas le premier à utiliser. Lancer une marque sans dépôt préalable expose à des actions en contrefaçon.
Utiliser un nom déjà déposé : une recherche d'antériorité auprès de l'IPI est indispensable avant tout lancement, pour éviter de construire une marque sur un nom déjà protégé par un tiers.
Confier la création de contenu sans contrat : les droits sur les photos, vidéos et designs créés par des freelances appartiennent, par défaut en droit suisse, à leurs auteurs. Sans cession de droits explicite, l'entrepreneur n'est pas propriétaire des visuels qu'il a commandés et payés.
Négliger la protection numérique : noms de domaine, comptes sur les réseaux sociaux, référencement de marque — tous ces actifs numériques méritent une stratégie de protection coordonnée avec la propriété intellectuelle.
Agir avant que la marque ne vaille quelque chose
Le moment idéal pour protéger une marque, c'est avant qu'elle n'ait de la valeur — et non après. Candice Swanepoel a structuré Tropic of C dès le départ avec une équipe juridique et une stratégie patrimoniale. Les entrepreneurs qui attendent que leur marque soit connue pour se protéger prennent un risque considérable.
En Suisse, les coûts de dépôt de marque auprès de l'IPI restent accessibles — quelques centaines de francs pour une classe de produits — comparés aux coûts d'un litige en contrefaçon, qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de francs.
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Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique ou financier. Consultez un professionnel qualifié pour votre situation spécifique.
