Aromat retten : la pétition suisse et ce qu'un nutritionniste vous conseille vraiment

Une femme suisse assaisonne un plat avec de l'Aromat dans une cuisine traditionnelle de Schaffhouse
4 min de lecture 3 avril 2026

« Aromat retten » : 3 000 signatures en 24 heures – et ce que la science dit vraiment sur ce condiment iconique

En 24 heures à peine, la pétition « Aromat ghört dr Schwiiz » a recueilli environ 3 000 signatures. Son objectif : empêcher que la production d'Aromat ne quitte Thayngen (SH) après le rachat d'Unilever Foods par l'américain McCormick, annoncé le 31 mars 2026 pour 44,8 milliards de dollars. Mais que sait-on vraiment de ce condiment omniprésent sur les tables suisses ?

Une transaction qui a tout déclenché

Le 31 mars 2026, Unilever a annoncé la cession de sa division alimentaire – qui inclut les marques Knorr, Hellmann's et Aromat – au géant américain des épices McCormick & Company, pour 44,8 milliards de dollars d'entreprise. La clôture de la transaction est prévue courant 2027, sous réserve des approbations réglementaires.

C'est l'entrepreneur Michael Oehl qui a lancé la pétition le 1er avril 2026, craignant que McCormick ne délocalise la production hors de Thayngen, où 180 emplois sont directement liés à la fabrication d'Aromat depuis 1952. Sa proposition : créer une société anonyme suisse, l'« Aromat Schweiz AG », sur le modèle de Rivella ou Ricola – deux marques restées en mains helvétiques.

Ni Knorr ni Unilever n'ont répondu publiquement à la pétition au 3 avril 2026.

Aromat : du sel, beaucoup de sel

Inventé en 1952 à Thayngen, Aromat est un mélange de glutamate monosodique, de sel, d'extrait de levure, de légumes déshydratés et d'épices. Sa composition comprend entre 62 et 66 % de sel selon la recette. C'est ce qui lui confère son goût intense umami – et c'est aussi ce qui préoccupe les nutritionnistes.

Selon la dernière étude nationale suisse sur le sel (2022-2023), les Suisses consomment en moyenne 8,7 g de sel par jour, soit 75 % de plus que la recommandation de l'OMS (5 g/jour). Seuls 7,8 % des hommes et 20,9 % des femmes respectent ce seuil. Les hommes de 45 à 59 ans affichent la consommation la plus élevée : 10,9 g/jour en moyenne.

Le sel est le facteur alimentaire le plus directement associé à l'hypertension artérielle, premier facteur de risque d'accident vasculaire cérébral et d'infarctus du myocarde en Suisse.

Le paradoxe du condiment « naturel »

La pétition pour sauver Aromat est teintée d'une nostalgie bien compréhensible. Mais elle met en lumière un paradoxe fréquent dans notre rapport aux aliments transformés : ce qui est familier semble inoffensif.

Aromat est perçu comme un produit « de chez nous », artisanal et de qualité. Pourtant, il s'agit d'un condiment ultra-transformé, à haute densité sodique. Une cuillère à café d'Aromat (environ 5 g) apporte déjà 3 à 3,3 g de sel – soit les deux tiers de la limite journalière recommandée.

Cela ne signifie pas qu'il faut l'éliminer. Mais une utilisation modérée et consciente – saupoudrer plutôt que verser – fait une vraie différence sur le long terme.

Ce que recommande un nutritionniste

Faut-il bannir Aromat ? Non, selon les spécialistes. Mais il y a des règles simples à suivre :

Goûter avant d'assaisonner. Beaucoup de gens ajoutent du sel ou du condiment avant même d'avoir goûté. Cette habitude peut doubler les apports sodiques d'un repas.

Varier les aromatisants. Les herbes fraîches (persil, ciboulette, basilic), le zeste de citron, le vinaigre balsamique ou le miso apportent de la complexité gustative sans le sodium.

Lire les étiquettes. La valeur nutritionnelle d'Aromat est clairement indiquée sur l'emballage. En connaissant la teneur en sel, on peut adapter les quantités utilisées dans la journée.

Consulter si nécessaire. Les personnes souffrant d'hypertension, d'insuffisance rénale chronique ou de maladies cardiovasculaires doivent discuter avec leur médecin ou leur diététicien des quantités admissibles de sodium.

Quand consulter un professionnel de la santé ?

Si vous surveillez votre tension artérielle, votre bilan lipidique ou votre poids, votre alimentation est un levier majeur – et souvent sous-estimé. Un médecin ou un nutritionniste peut vous aider à identifier les sources cachées de sodium dans votre alimentation quotidienne (pain industriel, fromage, charcuterie, condiments) et à les équilibrer sans sacrifier le plaisir de manger.

La recommandation officielle de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) est de ne pas dépasser 5 g de sel par jour – une limite que la majorité des Suisses dépasse largement, avec ou sans Aromat.

Via ExpertZoom, vous pouvez consulter un médecin généraliste ou un spécialiste en nutrition pour un bilan alimentaire personnalisé – sans liste d'attente, en visioconférence, depuis votre domicile.

En résumé

L'affaire Aromat est d'abord une question d'identité culturelle et économique : la Suisse veut garder ses marques emblématiques. Mais elle est aussi, involontairement, une invitation à redécouvrir ce que l'on met dans son assiette. Savourer Aromat avec modération n'a rien de contradictoire avec vouloir le garder suisse.

Ce article est fourni à titre d'information générale et ne remplace pas un avis médical ou nutritionnel personnalisé.

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