Amanda Anisimova a disputé ce vendredi 30 mai 2026 son troisième tour à Roland Garros, après plus de deux mois d'absence dus à une blessure au poignet gauche. La joueuse américaine, tête de série n°6 et finaliste à Wimbledon et à l'US Open en 2025, a atteint ce stade du tournoi en battant Rakotomanga 6-3, 6-1 au premier tour, avant que son adversaire Julia Grabher ne se retire en huitième de finale.
Deux mois d'absence : ce qui s'est passé avec Anisimova
Anisimova a joué son dernier match avant Roland Garros en mars 2026, au tournoi de Miami, où elle a été éliminée par Belinda Bencic. À partir de là, une blessure au poignet gauche l'a contrainte à déclarer forfait à Charleston, Stuttgart, Madrid, et finalement Rome, où elle s'est retirée la veille de son premier match malgré son déplacement sur place.
La blessure, initialement discrète, s'est aggravée au point de nécessiter le port d'une attelle visible lors des entraînements à Paris. La joueuse a déclaré à l'issue de son premier match à Roland Garros être « reconnaissante de revenir là où tout a commencé » pour sa carrière, évoquant la tournée sur terre battue comme le contexte idéal pour réintroduire son corps à la compétition.
Ce retour soulève une question légitime pour tout sportif — ou travailleur physique — ayant subi une blessure au poignet : à partir de quand un médecin donne-t-il le feu vert pour reprendre l'activité ?
La blessure au poignet : un membre complexe, souvent sous-estimé
Le poignet est une articulation particulièrement sollicitée dans les sports de raquette. Il concentre un réseau dense de tendons, de ligaments et de petits os — les os du carpe — qui travaillent ensemble à chaque coup droit, revers ou service. Une lésion partielle d'un ligament, une entorse ou une tendinite peut, si elle est reprise trop tôt, évoluer vers une rupture complète nécessitant une chirurgie.
Selon les médecins du sport, les blessures au poignet sont parmi les plus difficiles à gérer, car les patients — sportifs professionnels ou amateurs — sous-estiment fréquemment la durée de guérison réelle. La douleur disparaît souvent avant que la structure anatomique ne soit pleinement rétablie, créant une fausse impression de guérison.
Les 3 critères médicaux qui valident un retour au sport
Le protocole dit « Return to Sport » (RTS) est aujourd'hui bien documenté dans la littérature médicale. D'après mobilesport.ch, le site officiel suisse de médecine du sport géré par l'Office fédéral du sport, ce retour repose sur l'évaluation de trois critères principaux.
La guérison structurelle. Une imagerie médicale (IRM ou échographie) doit confirmer que la lésion initiale est cicatrisée ou suffisamment consolidée pour supporter la charge sportive. Ce bilan ne peut pas se fonder uniquement sur la disparition de la douleur.
La récupération fonctionnelle. Le sportif doit retrouver une amplitude articulaire complète et une force musculaire équivalente à celle du membre non blessé — en général, 90 % de symétrie est considéré comme le seuil minimal avant reprise. Des tests spécifiques au sport pratiqué (souplesse du poignet en revers pour le tennis, par exemple) sont réalisés en physiothérapie.
La réintégration progressive. Un retour brutal à la compétition de haut niveau après deux mois d'inactivité expose à un risque accru de rechute. Le protocole prévoit des phases successives : d'abord l'entraînement individuel sans impact, puis avec impact léger, puis en conditions proches du match, avant la compétition réelle.
Dans le cas d'Anisimova, la décision de prendre part à Roland Garros en faisant l'impasse sur les tournois précédents suggère que cette progression a été respectée, avec un retour sur terre battue — surface plus lente qui sollicite moins brutalement le poignet — comme étape de réintégration.
Pourquoi se précipiter aggrave toujours les choses
L'un des défis du retour après une blessure au poignet est la pression psychologique. En particulier pour les athlètes professionnels, chaque semaine d'absence représente des points de classement perdus et une exposition médiatique réduite. La tentation de reprendre trop tôt est forte.
Les données médicales vont à l'encontre de cette logique. Une reprise prématurée augmente le risque de rechute, qui implique généralement un arrêt deux à trois fois plus long que la blessure initiale. Dans les cas graves, une rechute nécessite une intervention chirurgicale, avec une convalescence de plusieurs mois. Le gain apparent de quelques semaines se solde souvent par des mois supplémentaires hors des courts.
Les médecins du sport suisses recommandent systématiquement de ne pas se fier uniquement aux sensations du moment. La douleur est un indicateur imparfait : elle peut être masquée par des antalgiques ou simplement absente même si la structure blessée n'est pas guérie.
Pour les travailleurs manuels, les musiciens, les artisans ou toute personne dont l'activité sollicite le poignet, ce principe est identique. Un arrêt complet, suivi d'une rééducation accompagnée, donne de meilleurs résultats à long terme qu'une reprise hâtive.
Quand consulter un médecin du sport en Suisse ?
Si vous présentez une douleur persistante au poignet après une blessure, ou si vous avez repris une activité trop tôt et ressentez une gêne, la consultation d'un médecin du sport est recommandée. Ces spécialistes évaluent précisément l'état de la structure blessée et établissent un protocole de retour adapté à votre activité et à vos objectifs.
En Suisse, de nombreux centres hospitaliers proposent des consultations de médecine du sport, notamment à Genève, Zurich, Lausanne et Bâle. Des plateformes comme ExpertZoom permettent également de prendre contact rapidement avec un médecin disponible dans votre région, en français.
Le cas d'Anisimova rappelle que même les athlètes les mieux encadrés au monde prennent le temps nécessaire pour guérir correctement — et que cette patience paie sur le long terme.
Avertissement : cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne se substitue pas à un avis médical. Consultez un médecin pour toute douleur ou blessure.

Céline Berger