Andy Borg accueille Stefan Mross le 13 juin 2026 : ce que les Schlagerstars enseignent sur le patrimoine artistique

Andy Borg sur scène lors du ZDF Fernsehgarten 2018, illustration de la longévité de carrière d'un Schlagerstar autrichien

Photo : Olaf Kosinsky / Wikimedia

Antoine Antoine FavreGestion de Patrimoine
4 min de lecture 6 juin 2026

Le samedi 13 juin 2026 à 20h15, SWR et MDR diffuseront une nouvelle édition de « Schlager-Spaß mit Andy Borg ». Sur le plateau du présentateur autrichien : Stefan Mross, Monika Martin, Die Fetzig'n aus dem Zillertal, Bonny Tones, Liane, Randolph Rose, Karène Neuville, Ladyva et la Degerschlachter Blasmusik. Selon les bandes-annonces relayées par Schlager.de, l'enregistrement de « Sommer-Spaß mit Andy Borg » est par ailleurs programmé pour le 25 juillet 2026.

Pour les téléspectateurs romands amateurs de Schlager — Borg a longtemps tourné en Suisse romande et alémanique —, le programme est attendu. Pour les conseillers en gestion de patrimoine, il illustre un cas d'école : celui des artistes au catalogue trans-frontalier qui, à 65 ans passés, doivent organiser à la fois leurs revenus de scène, leurs droits d'auteur et la transmission de leur image.

Pourquoi les Schlagerstars sont des dossiers patrimoniaux complexes

Un artiste comme Andy Borg ne vit pas d'un seul flux. Son revenu se compose typiquement de cachets de tournée, de royalties d'édition phonographique, de droits voisins (interprétation), de droits d'auteur sur certaines compositions, de redevances télévisuelles versées par les diffuseurs publics et de licences pour l'utilisation de son image dans la publicité ou les compilations.

Chaque flux est soumis à un régime fiscal différent et collecté par une organisation différente. En Suisse, SUISA répartit les droits d'auteur musicaux ; en Allemagne, c'est la GEMA ; en Autriche, l'AKM. À chaque passage frontalier — un concert à Sion, un enregistrement à Stuttgart, une rediffusion à Vienne — un nouvel acteur intervient.

Pour un artiste actif depuis quarante ans, le patrimoine intangible accumulé peut dépasser la valeur de sa résidence principale. Et c'est précisément cette part-là que les familles oublient le plus souvent.

L'angle Stefan Mross : ce que la séparation a changé

L'invité du 13 juin, Stefan Mross, illustre une autre dimension. Sa séparation médiatisée de 2024 a montré comment des droits artistiques partagés entre conjoints peuvent compliquer un divorce, surtout lorsque les revenus futurs reposent sur des collaborations passées. En droit suisse, la qualification matrimoniale des royalties (acquêts ou biens propres) dépend de leur date de génération et du régime matrimonial choisi.

Un conseiller en gestion de patrimoine francophone aborde ces situations en posant quatre questions simples :

  • Quels contrats de mariage et de partenariat enregistré sont aujourd'hui en vigueur ?
  • Quels droits artistiques ont été cédés à des sociétés (édition, production) et lesquels sont restés en nom propre ?
  • Quelle quote-part des recettes provient de catalogues co-écrits ?
  • Quel testament — ou quel pacte successoral — est en place et tient-il compte de l'évolution des royalties post-mortem ?

Le piège fiscal des recettes transfrontalières

Pour un artiste suisse de Schlager, ou pour un fan suisse qui hérite des biens d'un parent musicien autrichien, la fiscalité cross-border est centrale. La convention de double imposition signée entre la Suisse et l'Allemagne (CDI CH-DE) et celle entre la Suisse et l'Autriche prévoient un partage de l'imposition pour les revenus artistiques (généralement art. 17 du modèle OCDE), mais la pratique varie selon la nature exacte du cachet.

Les royalties d'auteur sont imposées au lieu de résidence de l'auteur, tandis que les cachets de scène le sont au lieu de la prestation. Une fiscalité non optimisée peut conduire à payer deux fois — ou à se faire rattraper plusieurs années après. Pour un héritage successoral, l'enchevêtrement est encore plus dense : les biens immobiliers en Autriche, les comptes en Allemagne, les redevances futures en Suisse forment un puzzle qu'un seul notaire ne suffit pas à dénouer.

Trois précautions à prendre dès maintenant

Pour les Romands concernés — artistes en début de carrière, musiciens semi-professionnels ou simplement héritiers potentiels d'un proche du milieu —, trois actions concrètes peuvent être lancées sans attendre.

Premièrement, un inventaire écrit des droits. Lister chaque chanson, chaque enregistrement, chaque licence audiovisuelle ou publicitaire. C'est la base de toute valorisation.

Deuxièmement, un mandat clair avec une société de gestion collective. SUISA, en Suisse, propose des mandats individuels qui sécurisent la perception des droits, y compris en cas d'incapacité de l'auteur. Un conseiller en gestion de patrimoine peut comparer les options entre SUISA, GEMA et AKM si l'artiste est actif sur plusieurs marchés DACH.

Troisièmement, un volet successoral spécifique aux droits. Les droits d'auteur protégés survivent 70 ans après le décès de l'auteur (art. 29 LDA). Cela signifie que les héritiers continueront à percevoir des revenus longtemps après la disparition de l'artiste. Sans testament adapté, cette manne peut générer des conflits familiaux.

Pour les héritiers déjà confrontés à un dossier artistique

Si un parent est décédé en laissant des droits musicaux non répertoriés, le premier réflexe est de contacter la société de gestion suspectée d'avoir versé les redevances de son vivant. SUISA et la SSA (Société Suisse des Auteurs) disposent de procédures pour retracer les droits dormants.

Un conseiller en gestion de patrimoine — éventuellement épaulé par un avocat en droit de la propriété intellectuelle — peut ensuite consolider l'ensemble, valoriser le portefeuille, négocier un éventuel rachat par un fonds spécialisé ou organiser une perception régulière au profit des héritiers.

L'occasion d'une revue de fond avant l'été 2026

Le retour d'Andy Borg sur SWR et MDR ce 13 juin 2026 ne fera peut-être pas la une des journaux financiers. Mais il rappelle, à sa manière, qu'un patrimoine artistique est un actif à part entière, qui mérite la même attention qu'un portefeuille immobilier ou une caisse de pension. Sur Expert Zoom, vous pouvez identifier en quelques minutes un conseiller en gestion de patrimoine francophone basé en Suisse romande, capable de cadrer cette revue avant la rentrée.

Pour les héritiers comme pour les artistes en activité, le bon moment pour structurer ces dossiers, c'est toujours avant qu'ils ne deviennent un litige.

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