Alexia Putellas quitte Barcelone à 32 ans : ce que son come-back du LCA enseigne à toutes les sportives

Alexia Putellas botant un penalty lors du match Espagne vs Allemagne aux Jeux olympiques de Paris 2024

Photo : LHC88 / Wikimedia

5 min de lecture 27 mai 2026

Le 23 mai 2026, Alexia Putellas a levé pour la quatrième fois le trophée de la Ligue des champions féminine avec le FC Barcelone. Le lendemain, l'UEFA la désignait Joueuse de la Saison. Trois jours plus tard, le 26 mai, la milieu de terrain espagnole de 32 ans annonçait son départ du club catalan après 14 saisons. Derrière l'émotion d'une page qui se tourne, son parcours rappelle une leçon médicale capitale : la rupture du ligament croisé antérieur (LCA) n'est pas une fin, à condition d'être bien accompagnée.

La finale, le titre, et une histoire de come-back

Le 23 mai 2026, Barcelone s'impose 4-0 face à l'Olympique Lyonnais en finale de la Ligue des champions féminine, portée par Ewa Pajor et Salma Paralluelo, auteurs chacune d'un doublé. Putellas, capitaine au brassard, complète ainsi un quatrième titre européen en six saisons, son ultime geste avec le club de sa vie.

Ce sacre résonne d'autant plus fort quand on se souvient de juillet 2022 : à la veille de l'Euro féminin, Alexia Putellas se déchire le LCA du genou gauche. Elle est alors double Ballon d'Or en titre, au sommet de sa discipline. Les médecins l'écartent pour plus d'un an. Beaucoup de sportives n'ont jamais repris à ce niveau après une telle blessure.

Elle, si. Et son itinéraire médical a été impeccable : chirurgie, rééducation structurée, suivi de médecins du sport pendant toute la durée de sa reconstruction. Le résultat est visible : 500 apparitions en blaugrana, deux Ballons d'Or, et désormais une quatrième LDC dans l'armoire à trophées.

Pourquoi les femmes sont plus exposées aux blessures du LCA

La blessure de Putellas n'est pas un accident isolé. Selon les données citées par FIFPro dans une publication d'avril 2026, les femmes pratiquant des sports de pivot présentent un risque de rupture du LCA 4 à 6 fois plus élevé que les hommes au même niveau sportif. Et environ deux tiers de ces lésions surviennent sans contact : une réception de saut mal amortie, un changement de direction brusque, un arrêt en force suffisent.

Ces chiffres ont poussé la NWSLPA et la NWSL à s'associer en avril 2026 au "Projet ACL", un programme de recherche dédié à la prévention de ces blessures dans le football féminin, selon FIFPro. C'est la reconnaissance officielle que le problème dépasse largement le sport de haut niveau.

Pour les sportives amateurs en Suisse, la situation est identique. Joueuses de football en club, skieuses alpines sur les pistes de montagne, coureuses de trail : toutes sont exposées. Et beaucoup consultent trop tard.

Les 3 signaux d'alarme à ne pas ignorer

Savoir reconnaître une blessure du LCA peut accélérer la prise en charge et améliorer le pronostic. Voici les trois situations qui nécessitent une consultation médicale urgente :

1. Un craquement audible suivi d'un gonflement rapide

Lors d'une rupture du LCA, de nombreuses sportives rapportent avoir entendu ou ressenti un "crac" net au moment du traumatisme, suivi d'un gonflement du genou dans les heures suivantes. Si ces deux signes apparaissent ensemble, ne différez pas : consultez un médecin du sport dans les 24 à 48 heures.

2. Une sensation d'instabilité du genou

Le genou "donne" dans les escaliers, lors de la reprise sportive, ou même en marchant sur terrain plat ? Cette instabilité chronique traduit souvent une rupture ligamentaire. Sans traitement adapté, elle entraîne des lésions secondaires du ménisque et du cartilage, rendant la récupération plus longue et plus incertaine.

3. Une douleur persistante au-delà de 72 heures

Une douleur vive immédiatement après un traumatisme peut être une simple contusion. Mais si elle persiste ou s'intensifie après 72 heures de repos, application de glace et élévation du membre, une consultation s'impose. Un médecin du sport pourra prescrire une IRM pour confirmer ou écarter une lésion ligamentaire.

La rééducation après une lésion du LCA : étapes et durée

Si le diagnostic confirme une rupture du LCA, la prise en charge dépend du niveau sportif, de l'âge et de la stabilité résiduelle du genou. Chez les sportives souhaitant reprendre à leur niveau d'avant-blessure, une intervention chirurgicale est souvent recommandée.

La reconstruction se déroule généralement en plusieurs phases :

  • Semaines 1 à 6 : immobilisation partielle, exercices de mobilité, lutte contre l'atrophie musculaire
  • Semaines 6 à 16 : renforcement progressif des quadriceps et des ischio-jambiers
  • Mois 4 à 8 : proprioception, reprise de la course, exercices de pivot contrôlé
  • Mois 9 à 12 : retour au sport après validation médicale

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, une reprise sportive sécurisée après blessure passe obligatoirement par un accompagnement professionnel structuré. Accélérer les délais multiplie le risque de nouvelle rupture.

La prévention : un atout majeur pour toutes les sportives suisses

Le programme FIFA 11+ est l'exemple le plus documenté de prévention des blessures ligamentaires : plusieurs études cliniques ont démontré qu'il réduit significativement l'incidence des lésions du LCA dans le football féminin. Il repose sur des exercices d'échauffement dynamique, de renforcement musculaire ciblé et de proprioception.

Les clés de la prévention, selon les recommandations actuelles en médecine sportive :

  • Renforcer régulièrement les quadriceps et les ischio-jambiers pour équilibrer les forces autour du genou
  • Travailler la proprioception (équilibre et stabilité active) via des exercices de plateau instable
  • Apprendre la bonne technique de réception des sauts : genou fléchi, pied à plat, jambes en légère ouverture
  • Éviter les étirements statiques avant l'effort, privilégier l'échauffement actif et progressif

Ces mesures simples, pratiquées régulièrement sous supervision d'un médecin du sport ou d'un kinésithérapeute, peuvent radicalement changer les statistiques de blessure.

ExpertZoom : des médecins du sport accessibles partout en Suisse

Le parcours d'Alexia Putellas démontre qu'une rupture du LCA, prise en charge rapidement et correctement suivie, ne signe pas la fin d'une carrière sportive. Mais ce parcours n'aurait pas été possible sans une équipe médicale compétente à chaque étape.

En Suisse, trouver rapidement un médecin du sport disponible n'est pas toujours facile. La plateforme ExpertZoom vous met en relation avec des spécialistes qualifiés à Genève, Lausanne, Berne ou Zurich, sans attente prolongée. Que ce soit pour un premier avis, un suivi de rééducation ou une décision de reprise sportive, une consultation avec un expert peut changer l'issue de votre blessure.

Pour aller plus loin, consultez aussi notre analyse sur les blessures en football professionnel masculin : Musiala sorti sur blessure à Munich : après une fracture, ce que disent les médecins du sport.


Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation avec un professionnel de santé qualifié. En cas de traumatisme ou de douleur persistante au genou, consultez un médecin du sport.

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