Avocat suisse consultant un passager d'Air Canada après l'accident de LaGuardia

Crash d'Air Canada à New York : quels droits pour les victimes et passagers ?

4 min de lecture 25 mars 2026

Deux pilotes sont morts et 41 personnes ont été hospitalisées après la collision, le 22 mars 2026 à 23h40, entre un avion d'Air Canada Express et un camion de pompiers sur la piste de l'aéroport LaGuardia de New York. Pour les victimes, les passagers et leurs familles, comprendre leurs droits juridiques est désormais une priorité urgente.

Ce qui s'est passé à LaGuardia

Le vol AC8646 d'Air Canada Express, opéré par Jazz Aviation, arrivait de Montréal avec 72 passagers et 4 membres d'équipage à bord d'un CRJ-900. Au moment de l'atterrissage, un camion des pompiers de l'autorité portuaire traversait la piste pour répondre à une urgence sur un autre appareil. La collision a détruit la cabine avant et le poste de pilotage.

Le commandant Antoine Forest et le copilote Mackenzie Gunther ont perdu la vie. Trente-deux personnes ont été libérées dès le lendemain ; d'autres restent hospitalisées avec des blessures graves selon les autorités. L'aéroport a rouvert le 24 mars 2026 à 14h00 après une fermeture d'urgence.

Le National Transportation Safety Board (NTSB), la FAA américaine et le Bureau de la sécurité des transports du Canada mènent conjointement l'enquête. Les deux boîtes noires ont été récupérées. Les enregistrements de la tour de contrôle révèlent qu'un contrôleur avait d'abord autorisé le camion à traverser, avant de lancer une injonction d'arrêt quelques secondes trop tard.

Quels droits pour les victimes et leurs familles ?

La question juridique centrale pour les passagers blessés et les familles des victimes est celle de l'indemnisation. Plusieurs cadres légaux s'appliquent simultanément.

La Convention de Montréal encadre la responsabilité internationale des compagnies aériennes. Elle fixe une responsabilité automatique jusqu'à environ 170 000 dollars par passager (113 100 droits de tirage spéciaux) sans qu'il soit nécessaire de prouver une faute. Au-delà de ce seuil, une indemnisation complémentaire est possible si une négligence grave peut être établie.

La responsabilité civile élargie couvre les frais médicaux, les pertes de revenus, les souffrances physiques et morales. Dans les cas graves, des dommages punitifs peuvent s'ajouter si la faute est caractérisée — ce que l'enquête en cours devra établir.

Pour les familles endeuillées, le droit américain prévoit également l'indemnisation pour perte de compagnie et de soutien affectif, en plus des préjudices économiques.

Selon le Département américain des Transports, les passagers dont le vol a été affecté ont droit au réacheminement gratuit, à des bons repas et, en cas de nuitée imposée, à l'hébergement.

Que faire si vous étiez à bord ou si vous avez perdu un proche ?

Si vous étiez passager du vol AC8646 ou d'un vol retardé par l'incident, voici les démarches essentielles :

1. Documentez tout immédiatement. Conservez votre carte d'embarquement, vos reçus médicaux, les communications d'Air Canada et tout témoignage. Ces preuves sont décisives dans une procédure d'indemnisation.

2. N'acceptez pas de compensation rapide sans conseil juridique. Les compagnies aériennes proposent parfois des règlements amiables rapides. Ces offres dépassent rarement la juste valeur du préjudice réel. Un avocat spécialisé peut évaluer si l'offre est équitable.

3. Respectez les délais de prescription. En vertu de la Convention de Montréal, les victimes disposent de deux ans à compter de l'incident pour introduire une action en justice. Ce délai est court — ne tardez pas.

4. Consultez un avocat spécialisé en droit aérien. Les accidents d'aviation impliquent des questions juridiques complexes : responsabilité partagée entre la compagnie, l'opérateur, l'aéroport et les autorités de contrôle. Un juriste connaissant ces dossiers est indispensable pour maximiser votre indemnisation.

Le rôle des témoins et des survivants dans l'enquête

Au-delà des poursuites civiles, les enquêteurs du NTSB et du BST peuvent convoquer des témoins. Les passagers ont généralement l'obligation légale de coopérer avec les autorités, mais ils conservent leur droit à un avocat lors de toute déposition.

Si vous avez photographié ou filmé les lieux après l'accident, conservez ces fichiers. Ces éléments peuvent être utiles à l'enquête officielle — et potentiellement à votre dossier d'indemnisation.

Pourquoi ce type d'accident mobilise autant les avocats ?

Les accidents d'avion avec responsabilité partagée — entre la compagnie aérienne, l'opérateur délégué, l'aéroport et les services de sécurité — sont particulièrement complexes juridiquement. Plusieurs parties peuvent être simultanément responsables : Jazz Aviation (opérateur), Air Canada (contractant principal), le Port Authority of New York and New Jersey (gestionnaire de l'aéroport) et l'autorité de contrôle aérien.

Cette multiplicité de parties signifie que la compensation potentielle peut être significativement plus élevée qu'un accident standard. Mais elle exige également une stratégie juridique solide dès le départ.

Si vous ou un proche êtes concernés par cet accident ou par tout autre incident de transport, un avocat spécialisé en droit aérien peut analyser votre situation et vous orienter vers les meilleures voies de recours disponibles.

Avertissement : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Consultez un avocat qualifié pour toute situation personnelle.

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