Le gouvernement français suspend une partie de la réforme des retraites à partir de septembre 2026, offrant une bouffée d'oxygène à environ 2,2 millions de salariés nés entre 1964 et 1968 — mais que pouvez-vous réellement réclamer à votre employeur ?
Ce qui change concrètement en 2026
Depuis le 1er janvier 2026, toutes les pensions de base ont été revalorisées de 0,9 %, qu'il s'agisse du régime privé, public ou militaire. L'âge légal de départ est fixé à 62 ans et 9 mois jusqu'à fin 2027. C'est la suspension partielle de la réforme de 2023, effective dès septembre 2026, qui concentre toutes les attentions.
Selon les estimations publiées par le gouvernement début 2026, 2,2 millions de salariés nés entre 1964 et 1968 sont directement concernés. Pour eux, l'application de l'âge de départ repoussé à 64 ans est temporairement suspendue — ce qui peut modifier leurs droits dès aujourd'hui s'ils ont anticipé leur planification de retraite en conséquence.
Par ailleurs, deux trimestres supplémentaires sont accordés pour événements familiaux liés à la maternité ou aux enfants, selon Service-Public.fr.
Que peut-on réclamer à son employeur ?
C'est là que la situation se complique. La suspension de la réforme ne signifie pas que votre employeur est automatiquement tenu de modifier vos conditions de départ. Plusieurs points méritent une attention particulière :
La clause de départ à la retraite dans votre contrat. Si votre contrat de travail ou votre convention collective prévoit un départ à un âge précis, cet âge reste contractuellement opposable — même si la loi évolue. Un salarié convaincu que son employeur applique des clauses devenues obsolètes peut contester cela devant le conseil de prud'hommes.
La retraite progressive. Ce dispositif, souvent mal connu, permet à un salarié de réduire son temps de travail tout en commençant à percevoir une fraction de sa pension. Votre employeur ne peut refuser une demande de retraite progressive que pour des raisons de service dûment justifiées — et ce refus doit être motivé par écrit.
Les accords d'entreprise sur la GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences). Dans les entreprises de plus de 300 salariés, ces accords peuvent prévoir des dispositions spécifiques liées à la retraite. Si des engagements ont été pris avant la suspension de la réforme, ils demeurent contraignants.
La mise à la retraite d'office. Un employeur ne peut mettre un salarié à la retraite d'office avant 70 ans, et seulement après 67 ans sous conditions strictes. Toute mise à la retraite anticipée non consentie constitue un licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Retraite et patrimoine : une double planification nécessaire
La suspension de la réforme crée une fenêtre de transition dont il est judicieux de profiter pour réévaluer sa stratégie patrimoniale. Plusieurs paramètres changent simultanément : la durée probable de cotisation, l'âge de liquidation des droits, mais aussi les avantages fiscaux liés à certains placements retraite (PER, assurance-vie).
Un salarié de 60 ans né en 1965, par exemple, se retrouve dans une situation radicalement différente de ce qu'il avait prévu il y a dix-huit mois. La question n'est plus seulement "à quel âge puis-je partir ?" mais "comment maximiser mes revenus de retraite en tenant compte de ces nouvelles règles ?"
Selon la Caisse nationale d'assurance retraite (CNAV), les droits acquis au titre de la retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO) ne sont pas affectés par la suspension législative — mais leur optimisation, notamment via la surcote ou le report volontaire, peut significativement augmenter le montant mensuel perçu.
Les pièges à éviter
Ne pas confondre suspension et abrogation. La suspension de la réforme est temporaire et ciblée. Elle ne remet pas en cause l'ensemble du système : l'âge de 64 ans reste l'objectif à long terme du gouvernement. Planifier comme si la réforme n'avait jamais existé serait une erreur.
Négliger la retraite supplémentaire d'entreprise. Dans certaines branches professionnelles, des régimes de retraite supplémentaire (article 83, article 39) coexistent avec le régime général. Ces contrats ont leurs propres règles de déclenchement, souvent indépendantes de la législation nationale.
Attendre le dernier moment pour consulter. Les simulations de retraite fournies par les caisses officielles sont utiles, mais elles ne prennent pas en compte la totalité de votre situation personnelle — carrières hachées, périodes d'activité à l'étranger, pluriactivité. Un conseiller en gestion de patrimoine peut recroiser l'ensemble de vos droits pour éviter les mauvaises surprises.
Que faire maintenant ?
Si vous êtes né entre 1964 et 1968, le moment est idéal pour demander un relevé de carrière détaillé à votre caisse de retraite et vérifier que tous vos trimestres sont bien enregistrés. C'est aussi le bon moment pour évaluer si un départ en retraite progressive ou un report volontaire correspond mieux à votre situation financière.
Un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en retraite peut vous aider à simuler différents scénarios — départ anticipé, surcote, cumul emploi-retraite — et à choisir la stratégie qui maximise vos revenus sur le long terme. Sur Expert Zoom, vous pouvez consulter un conseiller patrimonial spécialisé en retraite en quelques minutes, sans rendez-vous.
Avertissement : Cet article a une vocation informative générale. Il ne constitue pas un conseil juridique ou financier personnalisé. Pour toute décision relative à votre retraite, consultez un professionnel qualifié.
