Depuis le 23 mars 2026, Adriana Karembeu a brisé le silence sur sa relation conflictuelle avec son ex-mari Aram Ohanian, en saisissant la justice pour dénoncer des violences verbales et physiques, des menaces et l'utilisation de leur fille Nina, 7 ans, comme "instrument de chantage". Cette affaire illustre une réalité que de nombreuses familles en France connaissent : quand la séparation ne suffit pas à mettre fin aux conflits.
Une rupture qui dégénère en guerre judiciaire
Adriana Karembeu et Aram Ohanian se sont mariés en 2014. Leur fille Nina est née en août 2018. La séparation, annoncée fin 2022 comme "d'un commun accord", a pourtant rapidement tourné au conflit ouvert. Le 23 mars 2026, l'ancienne mannequin et actrice a publiquement pris la parole, révélant des années de "pressions incessantes", de fausses accusations humiliantes et de comportements qu'elle qualifie de violences.
Selon ses déclarations rapportées par Purepeople et Paris Match ce jour, Nina se retrouverait au centre de négociations qui n'ont plus rien d'amiable. La fillette vit actuellement avec son père à Marrakech, au Maroc, où Aram Ohanian a bâti un empire entrepreneurial — restaurants, boîte de nuit, hôtel de luxe. Adriana Karembeu, qui réside entre la France et le Maroc pour maintenir le contact avec sa fille, dit avoir subi des "tentatives de déstabilisation permanentes".
Ce que révèle cette affaire sur la garde alternée internationale
L'affaire Karembeu-Ohanian n'est pas qu'une histoire de célébrité. Elle met en lumière les difficultés spécifiques que posent les gardes d'enfants dans un contexte international — quand l'un des parents vit à l'étranger.
En droit français, le principe de résidence habituelle de l'enfant est central. Si l'enfant vit principalement au Maroc, les juridictions marocaines peuvent être compétentes, rendant l'action d'un parent résidant en France plus complexe. Les conventions bilatérales franco-marocaines en matière de garde d'enfants existent mais leur application reste délicate, selon plusieurs avocats spécialisés.
Quand la garde devient un terrain de conflit
Les conflits de garde post-séparation touchent chaque année des milliers de familles en France. D'après les données du ministère de la Justice, plus de 150 000 divorces sont prononcés annuellement en France, et une grande partie d'entre eux implique des disputes autour de la résidence des enfants.
Les signaux d'alarme qui peuvent justifier une intervention judiciaire urgente incluent :
- Les menaces explicites ou implicites sur la mobilité de l'enfant (risque de déplacement illicite)
- Les comportements aliénants (monter l'enfant contre l'autre parent)
- Les violences physiques ou psychologiques sur le parent ou l'enfant
- Le non-respect des décisions de justice existantes
Dans ce type de situation, un avocat spécialisé en droit de la famille peut demander en urgence une ordonnance de protection, une mesure provisoire de résidence, ou saisir le juge aux affaires familiales pour modification des modalités de garde.
Le droit de la famille face aux violences : quelles protections ?
Depuis la loi du 30 juillet 2020 relative aux violences conjugales, le droit français a renforcé les outils pour protéger les victimes de violences dans le cadre familial, même hors mariage et même après la séparation.
L'ordonnance de protection peut être obtenue en quelques jours. Elle permet d'interdire à l'auteur des violences d'entrer en contact avec la victime, voire de statuer provisoirement sur la résidence des enfants. La procédure peut être initiée sans dépôt de plainte préalable, sur simple requête auprès du juge aux affaires familiales.
Pour les violences verbales et psychologiques — que les spécialistes qualifient de "violences intrafamiliales" — le droit français reconnaît depuis 2010 le harcèlement moral au sein du couple comme une infraction pénale. Les preuves peuvent inclure des messages écrits, des témoignages, et des constats d'huissier.
L'utilisation de l'enfant : une forme de violence reconnue
L'utilisation d'un enfant comme moyen de pression sur l'autre parent — ce que les psychologues appellent la "parentalité conflictuelle" ou l'aliénation parentale — est de plus en plus reconnue par les tribunaux français comme un préjudice.
Selon plusieurs études citées par l'Observatoire de la parentalité, entre 20 et 30 % des divorces conflictuels impliquent des comportements d'aliénation parentale. Ces comportements peuvent aller du dénigrement de l'autre parent devant l'enfant jusqu'au sabotage délibéré des droits de visite.
Un juge aux affaires familiales peut, dans ces cas, modifier la résidence principale, imposer une médiation familiale obligatoire, ou dans les cas les plus graves, envisager une mesure d'assistance éducative.
Ce que vous pouvez faire si vous êtes dans cette situation
Si vous traversez un conflit de garde, plusieurs étapes peuvent protéger vos droits :
Documentez tout. Conservez les messages, courriels, et tous les échanges écrits qui attestent des comportements problématiques. Faites établir un constat d'huissier si nécessaire.
Consultez rapidement un avocat spécialisé en droit de la famille. Un professionnel peut évaluer si une procédure d'urgence est nécessaire et vous orienter vers les juridictions compétentes, notamment en cas de dimension internationale.
Ne prenez pas de décision unilatérale sur la résidence de l'enfant. Tout déplacement non autorisé d'un enfant à l'étranger peut être qualifié d'enlèvement parental, infraction grave au regard de la Convention de La Haye de 1980.
Demandez une médiation familiale. Même en cas de conflit aigu, les médiateurs familiaux peuvent parfois trouver des solutions pratiques pour les arrangements de garde, en préservant le bien-être de l'enfant.
Un avocat spécialisé en droit de la famille sur Expert Zoom peut vous aider à analyser votre situation et à identifier les recours disponibles, y compris dans les situations transfrontalières.
Le bien-être de l'enfant, toujours prioritaire
Derrière chaque conflit de garde, il y a un enfant dont l'intérêt supérieur doit guider toutes les décisions judiciaires. Cet intérêt est le fil conducteur du droit français en matière familiale, depuis la Convention internationale des droits de l'enfant jusqu'aux décisions du juge aux affaires familiales.
L'affaire Aram Ohanian et Adriana Karembeu rappelle que même les séparations présentées comme pacifiques peuvent cacher des rapports de force déséquilibrés. La reconnaissance légale des violences psychologiques et de l'aliénation parentale offre aujourd'hui des outils réels — à condition de les connaître et de les activer à temps.
Avertissement : Cet article aborde des questions juridiques à titre informatif. Il ne remplace pas une consultation avec un avocat spécialisé.
