L'ancienne Miss France Alexandra Rosenfeld a porté plainte contre son ex-compagnon, le chef Jean Imbert, pour violences conjugales — une affaire révélée le 26 mars 2026 dans l'émission Complément d'enquête sur France 2. Son témoignage glaçant relance le débat sur les droits des victimes et les recours juridiques disponibles en France.
Ce que révèle l'affaire Alexandra Rosenfeld
Lors du tournage d'une émission culinaire, Jean Imbert aurait saisi Alexandra Rosenfeld par le bras avant de lui asséner un coup de tête, lui fracturant les os du nez. Ce qui a peut-être traumatisé davantage la comédienne, selon ses propres mots à France Info : avoir été contrainte de continuer le tournage après l'agression, comme si rien ne s'était passé.
« Ça m'a traumatisée presque plus que le coup lui-même », a-t-elle confié. Une déclaration qui illustre un phénomène bien documenté : le silence forcé après une violence, que ce soit par peur des représailles, pression professionnelle ou sentiment de honte.
Alexandra Rosenfeld avait également révélé plus tôt en mars 2026 avoir traversé une dépression sévère avec des idées noires, liée à une maladie auto-immune, avant de trouver un apaisement dans la foi. Ce contexte de fragilité rend d'autant plus importantes les questions de protection légale pour les victimes.
Porter plainte : les étapes concrètes
En France, porter plainte pour violences conjugales peut se faire de plusieurs façons, et il est crucial de choisir la bonne démarche dès le début pour préserver ses droits.
Où déposer une plainte ? Auprès d'un commissariat de police, d'une brigade de gendarmerie, ou directement auprès du procureur de la République par courrier recommandé. Depuis la loi du 28 décembre 2019, les victimes peuvent aussi signaler en ligne. Le site service-public.fr détaille l'ensemble des démarches pour porter plainte pour violences conjugales.
Conserver les preuves est fondamental. Dans le cas d'Alexandra Rosenfeld, la fracture nasale constitue une preuve médicale tangible. Toute victime devrait, dès que possible, faire constater ses blessures par un médecin légiste ou aux urgences, et obtenir un certificat médical précisant l'incapacité temporaire totale (ITT).
L'ordonnance de protection peut être demandée auprès du juge aux affaires familiales (JAF) en urgence. Depuis la loi Pradié de 2019, renforcée en 2022, cette ordonnance peut interdire à l'auteur des violences de s'approcher de la victime et peut être délivrée en 6 jours en cas de danger grave. Selon les chiffres du ministère de la Justice, plus de 7 800 ordonnances de protection ont été délivrées en France en 2024.
Les droits spécifiques aux violences conjugales
La France dispose d'un arsenal juridique renforcé depuis les lois Grenelle de 2019 sur les violences conjugales.
Le bracelet anti-rapprochement (BAR) peut être imposé dès le stade de l'enquête préliminaire, avant même un jugement. En cas de violation du périmètre de sécurité, une alerte est immédiatement envoyée aux forces de l'ordre.
L'hébergement d'urgence : les victimes peuvent obtenir une mise à l'abri immédiate via le 3919 (numéro national violences femmes info, disponible 24h/24), sans avoir à quitter leur domicile si elles n'en ont pas envie — depuis 2020, c'est l'auteur des violences qui peut être contraint de quitter le logement du couple.
L'aide juridictionnelle : les victimes de violences conjugales bénéficient d'un accès prioritaire à l'aide juridictionnelle, même si leurs revenus dépassent légèrement les seuils habituels, depuis un décret de 2020.
Quand faire appel à un avocat spécialisé ?
Un avocat spécialisé en droit pénal ou en droit de la famille peut faire toute la différence dans la prise en charge d'un dossier de violences conjugales. Contrairement à une idée reçue, consulter un avocat n'est pas réservé aux étapes judiciaires avancées : il peut intervenir dès le dépôt de plainte pour s'assurer que tous les éléments de preuve sont correctement documentés.
Un professionnel du droit peut également vous aider à obtenir une ordonnance de protection en référé, à négocier les mesures d'éloignement, et à suivre la procédure pénale jusqu'au jugement. En matière civile, il peut également défendre vos intérêts pour l'indemnisation des préjudices corporels et moraux subis.
Le cas Rosenfeld illustre aussi un enjeu souvent sous-estimé : les violences qui surviennent dans le cadre professionnel. Elles relèvent potentiellement à la fois du droit pénal (violences volontaires) et du droit du travail (harcèlement, manquement à l'obligation de sécurité de l'employeur).
Avertissement YMYL : Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. En cas de violence, contactez le 3919 ou les services d'urgence (17 ou 15). Pour votre situation personnelle, consultez un avocat qualifié.
Les chiffres alarmants des violences conjugales en France
Selon les données du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), publiées en 2025, 234 000 femmes ont déclaré avoir été victimes de violences conjugales physiques ou sexuelles en France en 2024. Seule une victime sur cinq dépose plainte, selon les estimations de la mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences (MIPROF).
Ces chiffres rappellent que l'affaire Rosenfeld n'est pas un cas isolé. Elle cristallise une réalité vécue par des centaines de milliers de femmes, souvent dans le silence.
Ce que vous devez faire maintenant
Si vous êtes victime de violences conjugales ou si vous connaissez quelqu'un dans cette situation, voici les premières actions à entreprendre :
- Appelez le 3919 (numéro national violences femmes info, gratuit, 24h/24)
- Rendez-vous aux urgences pour faire constater vos blessures par écrit
- Déposez plainte dès que vous êtes en sécurité
- Consultez un avocat spécialisé pour être guidé dans vos démarches juridiques
Sur Expert Zoom, des avocats spécialisés en droit pénal et en droit de la famille sont disponibles pour répondre à vos questions de manière confidentielle et vous aider à défendre vos droits, quelle que soit votre situation.
La prise de parole d'Alexandra Rosenfeld sur le service public représente un acte de courage qui peut inciter d'autres victimes à briser le silence. Connaître ses droits est la première étape vers une protection efficace.
