Le 11 mai 2026, le Palais Brongniart à Paris accueillait la cérémonie des Trophées UNFP du football. Parmi les légendes présentes, Alain Giresse, 73 ans, champion d'Europe 1984 avec les Bleus, figurait en bonne place. Visiblement ému lors des hommages rendus aux entraîneurs Roland Courbis et Jean-Louis Gasset, disparus en 2026, Giresse incarnait ce soir-là ce que peu de sports peuvent offrir : une carrière de joueur, une reconversion en sélectionneur sur trois continents, et une longévité hors norme dans le milieu du football professionnel.
Une question se pose rarement autour de ces légendes : comment gèrent-ils vraiment leur argent après la carrière ?
Une carrière de joueur qui dure dix ans — et une vie de cinquante ans après
Alain Giresse a joué professionnellement de 1970 à 1988, soit dix-huit ans de carrière active — bien au-delà de la moyenne. Mais même à 18 ans de jeu à haut niveau, la retraite sportive arrive avant 40 ans dans la grande majorité des cas. La durée de vie post-carrière représente souvent plus de la moitié de l'existence d'un footballeur professionnel.
Selon les données de l'Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP), les joueurs professionnels en France bénéficient d'une convention collective spécifique qui prévoit une couverture sociale, des droits à la retraite complémentaire et un accompagnement à la reconversion. Mais ces dispositifs couvrent rarement les besoins de ceux qui ont touché des salaires élevés pendant leur carrière — et qui découvrent à la retraite que les revenus s'effondrent.
Le piège des revenus éphémères
Un footballeur professionnel de Ligue 1 perçoit en moyenne entre 40 000 et 150 000 euros bruts par mois selon son niveau, avec un pic en milieu de carrière. Ces revenus sont intégralement imposables, souvent concentrés sur une décennie, et peuvent disparaître brutalement après une blessure grave ou un non-renouvellement de contrat.
Le problème est connu des conseillers en gestion de patrimoine spécialisés dans le sport : les sportifs de haut niveau ont tendance à dépenser au rythme de leurs revenus actuels, sans anticiper la chute post-retraite. Résultat : de nombreux anciens joueurs se retrouvent en difficulté financière dans les dix ans qui suivent l'arrêt de leur carrière.
Ce n'est visiblement pas le cas d'Alain Giresse, qui a su diversifier ses activités — entraîneur national pour le Sénégal (2010-2015), le Mali (2009-2010), la Tunisie, le Gabon et la Mauritanie — et maintenir une activité professionnelle continue. Mais combien de ses contemporains ont eu cette discipline ?
Les 3 leçons de planification patrimoniale que les sportifs ignorent souvent
1. Anticiper la fiscalité des revenus en pic
Pendant les années de pointe, les revenus d'un footballeur peuvent être soumis à une tranche marginale d'imposition de 45 %, à laquelle s'ajoutent les charges sociales. Un conseiller en gestion de patrimoine peut structurer ces revenus via des enveloppes fiscales adaptées (contrats d'assurance-vie en fonds en euros ou UC, PER individuel, holding patrimoniale) pour lisser l'imposition sur la durée.
2. Sécuriser les droits à l'image
Les footballeurs professionnels perçoivent souvent une partie de leurs revenus sous forme de droits à l'image — une fraction (jusqu'à 30 % selon la convention collective UNFP) peut être versée à une société civile. Ce montage, encadré par la loi, permet une gestion fiscale plus favorable. Mais il nécessite un suivi juridique rigoureux pour éviter les requalifications en salaires par l'administration fiscale.
3. Préparer la reconversion comme une vraie transition professionnelle
La reconversion d'un sportif de haut niveau n'est pas seulement sportive — elle est financière. Passer de 80 000 euros par mois à zéro en un été, puis reconstruire progressivement une carrière d'entraîneur ou de consultant, demande une gestion de trésorerie que peu de sportifs anticipent. Des conseillers spécialisés en patrimoine sportif recommandent de constituer une réserve équivalente à 24 à 36 mois de dépenses courantes avant d'entamer toute reconversion.
Les outils disponibles pour les anciens sportifs professionnels
Pour un ancien footballeur professionnel en France, plusieurs dispositifs peuvent être mobilisés :
PER (Plan d'épargne retraite). Depuis 2019, le PER individuel permet de déduire les versements du revenu imposable, dans la limite de 10 % du revenu net professionnel (plafonné). Pour un sportif en activité avec des revenus élevés, c'est un puissant levier de déduction fiscale.
Assurance-vie. Outil incontournable pour transmettre un capital hors succession. Un sportif qui constitue une assurance-vie tôt dans sa carrière bénéficie de l'antériorité fiscale (8 ans pour les meilleurs abattements).
Holding patrimoniale. Pour les sportifs aux revenus très élevés (plus de 200 000 euros par an), la création d'une société holding permet de réinvestir les bénéfices à l'IS (impôt sur les sociétés, entre 15 et 25 %) plutôt qu'à l'IR (jusqu'à 45 %). Ce montage est complexe et nécessite un avocat fiscaliste et un expert-comptable.
Pour aller plus loin sur la gestion financière des sportifs en fin de carrière, un récent article sur les leçons de patrimoine inspirées par Zidane décrypte comment les grands noms du football français abordent l'après-carrière.
Pourquoi consulter un conseiller en gestion de patrimoine avant la fin de carrière ?
La cérémonie des UNFP 2026, avec ses hommages à des figures disparues, rappelle une réalité simple : le temps passe vite dans le sport. Trop souvent, les joueurs attendent la dernière saison pour penser à leur avenir financier. Les conseillers en gestion de patrimoine spécialisés dans le sport recommandent d'entamer la planification au plus tard à 30 ans — soit souvent cinq à huit ans avant la retraite.
Un consultant en gestion de patrimoine peut analyser votre situation personnelle, proposer une stratégie fiscalement optimisée et vous aider à préparer la transition vers une vie post-sportive stable. Sur Expert Zoom, des conseillers en gestion de patrimoine spécialisés sont disponibles pour un premier rendez-vous de diagnostic.
Note importante : Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Toute décision patrimoniale doit être prise avec un professionnel agréé (conseiller en gestion de patrimoine certifié CIF ou banque-assurance).

Véronique Cezanne