Endrick à 19 ans : ce que la gestion de patrimoine des jeunes prodiges du foot révèle

Vue du stade Santiago Bernabéu à Madrid, enceinte du Real Madrid CF

Photo : Ank Kumar / Wikimedia

Francois Francois ArnaultGestion de Patrimoine
4 min de lecture 13 mai 2026

Le Brésilien Endrick Felipe, 19 ans, fera ses adieux à l'Olympique Lyonnais ce dimanche 17 mai 2026 face au RC Lens. Selon le quotidien madrilène AS, le retour de l'attaquant au Real Madrid après un prêt est désormais acté : pas de nouveau prêt, pas de transfert définitif vers un autre club, et un rôle promis dans le trio offensif aux côtés de Kylian Mbappé et Vinicius Jr. pour la saison 2026/27. Pour faire de la place, le club madrilène envisagerait de sacrifier Gonzalo García.

À Lyon, Endrick a livré une demi-saison solide : 7 buts et 6 passes décisives en 17 apparitions, selon les statistiques officielles de la Ligue 1. Mais c'est sur un autre terrain — celui de la fiscalité internationale et de la gestion d'un patrimoine bâti à 19 ans — que les conseillers en gestion de patrimoine scrutent le dossier de près.

Trois fiscalités à concilier en moins de deux ans

Le cas d'Endrick illustre une situation devenue courante chez les jeunes prodiges du football : trois résidences fiscales potentielles en moins de 24 mois. Né à Brasília, formé au Brésil puis transféré au Real Madrid en 2024, prêté en France de janvier 2026 à juin 2026, retour en Espagne dès l'été — chaque déplacement déclenche un nouvel arbitrage fiscal.

La convention fiscale franco-brésilienne, signée en 1971 et toujours en vigueur en 2026, prévoit que la résidence fiscale est déterminée d'après le « foyer permanent d'habitation » et les « liens personnels et économiques les plus étroits ». Pour un jeune joueur dont la famille a déménagé à plusieurs reprises, ces critères deviennent difficiles à trancher — et l'administration fiscale brésilienne (Receita Federal) comme l'administration française se réservent le droit d'imposer les revenus mondiaux.

Le piège du « régime impatriés » mal préparé

L'Espagne attire les sportifs de haut niveau grâce à la fameuse « Loi Beckham », qui plafonne l'imposition des revenus salariaux à 24 % pendant six ans. Mais cette loi a été durcie en 2024 : pour un athlète prêté à l'étranger plus de 183 jours, le décompte du compteur Beckham peut être interrompu — et le retour en Espagne n'ouvre pas automatiquement à un nouveau cycle complet de six ans.

D'après un rapport publié en avril 2026 par le cabinet PwC España sur la fiscalité des footballeurs, plus de 40 % des joueurs prêtés en 2024-2026 ont vu leur statut Beckham mal calculé, avec un redressement moyen de 800 000 euros par dossier. Les conseillers en gestion de patrimoine recommandent donc une déclaration de retour avant le 30 juin pour sécuriser le maintien du régime.

Droits à l'image : un actif à structurer séparément

Au-delà du salaire, Endrick bénéficie d'un contrat de droits à l'image signé en 2023 avec une société dédiée — pratique standard pour les joueurs de cette envergure. Selon le journal espagnol Marca, ce contrat lui rapporterait environ 6 millions d'euros par an, en plus du salaire de 5 millions d'euros nets versé par le Real.

La structuration de ces revenus en société (la fameuse « image rights company » de droit espagnol ou luxembourgeois) permet en théorie une imposition à 25 % au lieu des 47 % du barème classique. Mais l'administration espagnole, depuis la jurisprudence Cristiano Ronaldo de 2017, exige que la part des droits à l'image n'excède pas 15 % de la rémunération totale — au-delà, le redressement est quasi-systématique. Une question qui se pose aussi aux stars plus expérimentées du club, comme l'illustre le dossier Mbappé.

Les leçons pour un parent dont l'enfant est en centre de formation

L'extrême médiatisation d'Endrick masque le fait que ces mêmes questions se posent, à plus petite échelle, à des centaines de familles françaises. Selon la Fédération française de football, 8 200 jeunes joueurs étaient inscrits en centre de formation agréé en 2025-2026, et 12 % d'entre eux ont un parent étranger ou une double nationalité.

Quatre réflexes que les conseillers en gestion de patrimoine recommandent à ces familles :

  1. Anticiper la mobilité internationale : ouvrir une assurance-vie en France dès le début du contrat aspirant permet d'amortir un futur déménagement à l'étranger sans pénalité fiscale ;
  2. Documenter la résidence fiscale : conserver factures, baux et inscriptions scolaires pour prouver le « foyer permanent » en cas de litige avec une administration étrangère ;
  3. Cloisonner les contrats : séparer dès le départ contrat sportif, droits à l'image et primes commerciales, chacun via un véhicule juridique adapté ;
  4. Prévoir une retraite très précoce : la carrière sportive moyenne dure moins de 8 ans, et 35 % des footballeurs professionnels déclarent des difficultés financières dans les 5 ans qui suivent leur arrêt, selon le syndicat FIFPro.

Quand consulter un conseiller en gestion de patrimoine

Trois moments stratégiques justifient une consultation, même pour un joueur amateur ou semi-professionnel :

  • À la signature du premier contrat aspirant ou professionnel : pour structurer fiscalement la rémunération dès le départ ;
  • Avant un transfert ou un prêt international : pour anticiper le changement de résidence fiscale ;
  • Avant 25 ans : pour bâtir le bilan immobilier et l'épargne longue qui permettront la reconversion.

Le tarif d'une consultation patrimoniale spécialisée « sportif de haut niveau » se situe en France entre 300 et 600 euros pour un premier bilan complet — un montant à comparer aux 800 000 euros de redressement moyen évoqués par PwC. Toutes les informations officielles sur la convention franco-brésilienne sont consultables sur le portail des conventions fiscales du ministère des Finances.

Pour Endrick comme pour les centaines de jeunes joueurs qui le suivront, la trajectoire sportive est désormais indissociable d'une stratégie patrimoniale construite plusieurs années à l'avance.

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