Tsitsipas à Roland Garros 2026 : comment sont imposés les prize money des tennismen en France ?

Stefanos Tsitsipas lors d'un match de tennis aux Jeux Olympiques 2024

Photo : DarDarCH / Wikimedia

Bernard Bernard LapierreGestion de Patrimoine
4 min de lecture 21 mai 2026

Stefanos Tsitsipas figure parmi les têtes de série attendues à Roland Garros 2026, qui se déroule porte d'Auteuil à Paris à partir de fin mai. Le Grec, ancien finaliste de l'édition 2021 et l'un des joueurs les plus populaires du circuit ATP, est en lice pour des gains pouvant dépasser le million d'euros. Une performance qui soulève une question rarement posée dans les médias sportifs : comment les gains d'un tournoi du Grand Chelem sont-ils imposés en France ?

Roland Garros 2026 : des prize money records pour les joueurs du Top 10

Roland Garros 2026 affiche un prize money total record. Le vainqueur du tableau masculin empochera environ 2,4 millions d'euros, tandis que le finaliste recevra 1,2 million d'euros. Même un joueur éliminé au troisième tour perçoit près de 100 000 euros. Pour les joueurs du Top 10 comme Tsitsipas, ces montants s'accumulent tout au long d'une saison de 30 à 40 tournois.

La question fiscale est donc tout sauf anecdotique. En 2026, les revenus des sportifs professionnels non-résidents en France sont soumis à des règles spécifiques qui méritent d'être comprises — non seulement par les athlètes professionnels, mais aussi par tous les Français qui reçoivent ponctuellement des revenus importants.

La fiscalité des prize money à Roland Garros : ce que dit la loi française

Les gains perçus par les joueurs de tennis lors de Roland Garros sont des revenus de source française. À ce titre, ils sont soumis à l'impôt en France, indépendamment du pays de résidence du joueur.

Pour les joueurs résidant en France (comme certains joueurs français ou résidents fiscaux français) : les gains s'ajoutent aux revenus imposables classiques et sont soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, qui atteint 45 % au-delà de 177 106 euros en 2026, plus la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) de 3 % à 4 % au-delà de 250 000 euros.

Pour les joueurs non-résidents (comme Tsitsipas, résident fiscal en Grèce ou à Monaco) : la France applique une retenue à la source sur les revenus des sportifs non-résidents. Cette retenue est calculée selon des modalités précises, souvent à un taux de 15 % sur le premier palier de revenus, puis 25 % au-delà. Des conventions fiscales bilatérales entre la France et le pays de résidence du joueur peuvent modifier ce taux.

En pratique, Roland Garros (Fédération Française de Tennis) est tenu d'appliquer cette retenue à la source avant de verser les gains au joueur. Un joueur étranger qui gagne 2,4 millions d'euros à Roland Garros ne reçoit pas l'intégralité de cette somme sur son compte.

Conventions fiscales et risques de double imposition

La complexité fiscale des sportifs professionnels vient souvent des risques de double imposition : la France prélève à la source, et le pays de résidence peut aussi vouloir imposer ces revenus.

Pour éviter cela, la France a signé des conventions fiscales avec la plupart des pays d'où proviennent les joueurs du circuit ATP/WTA. La convention Franco-grecque, par exemple, prévoit des mécanismes pour éviter qu'un joueur grec soit imposé deux fois sur ses gains à Roland Garros.

Mais ces mécanismes sont complexes et nécessitent une déclaration spécifique. Nombre de sportifs professionnels s'appuient sur des gestionnaires de patrimoine internationaux spécialisés dans la fiscalité des sportifs pour :

  • Optimiser leur résidence fiscale légalement (certains joueurs choisissent Monaco, la Suisse ou les Émirats arabes unis pour leurs taux d'imposition)
  • Structurer leurs revenus entre droits à l'image, contrats de sponsoring et prize money
  • Préparer les déclarations auprès des autorités fiscales de chaque pays de tournoi

Les droits à l'image : une autre source de revenus à gérer

Pour un joueur comme Tsitsipas, les prize money ne représentent qu'une partie des revenus. Les contrats de sponsoring et les droits à l'image — avec des marques comme Nike, Wilson, Rolex — représentent souvent deux à trois fois les gains en tournois.

Ces revenus sont soumis à une fiscalité différente. Contrairement aux prize money, les revenus de sponsoring peuvent être perçus via des structures juridiques spécifiques (société commerciale, management company) créées dans des pays à fiscalité avantageuse. Des agents et juristes spécialisés structurent ces contrats pour minimiser l'imposition globale, dans le respect des règles de chaque pays.

Pour un sportif français amateur qui signe un contrat de sponsoring local — un pilote de sport automobile, un influenceur sportif, un joueur de padel semi-professionnel — les mêmes questions se posent à une échelle plus modeste. Ces revenus doivent être déclarés et peuvent avoir un impact significatif sur votre imposition.

Ce que les Français peuvent retenir de la fiscalité des sportifs

La situation de Tsitsipas illustre des enjeux qui concernent tout contribuable français confronté à des revenus exceptionnels :

Gains aux jeux (loterie, paris sportifs) : en France, les gains aux jeux de hasard sont exonérés d'impôt sur le revenu pour les particuliers. En revanche, les revenus issus de paris sportifs professionnels ou d'activités assimilées peuvent être requalifiés en revenus commerciaux.

Primes et revenus exceptionnels : un salarié qui reçoit une prime exceptionnelle importante peut opter pour le système du quotient lors de sa déclaration de revenus, qui permet de lisser l'imposition sur plusieurs années et d'éviter l'effet de seuil.

Transmission du patrimoine sportif : pour un sportif qui accumule un patrimoine significatif (immobilier, placements), une consultation précoce avec un gestionnaire de patrimoine permet d'anticiper la transmission et les droits de succession.

Selon le ministère de l'Économie, les revenus des sportifs professionnels font l'objet de règles fiscales spécifiques qu'il convient de bien appréhender pour éviter des redressements. Sur ExpertZoom, des conseillers en gestion de patrimoine spécialisés dans la fiscalité des revenus sportifs et des revenus exceptionnels sont disponibles pour vous accompagner.

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal ou patrimonial. Pour toute situation spécifique, consultez un conseiller en gestion de patrimoine agréé.

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