Le 2 mars 2026, Térence Atmane a atteint le 52e rang mondial au classement ATP — un record personnel pour le joueur français de 24 ans, né le 9 janvier 2002. Ce jeudi 20 mars 2026, il dispute un match contre Daniel Altmaier au Masters 1000 de Miami, après avoir atteint les quarts de finale de l'ATP 500 d'Acapulco en février, où il avait notamment battu Grigor Dimitrov 6-3, 6-3. Une ascension fulgurante, mais pas sans cicatrices : dans les coulisses de cette progression, Atmane a dû faire face à une déchirure ligamentaire à la cheville qui l'a tenu écarté des courts pendant trois mois — et à des problèmes d'anxiété et de dépression qu'il a choisi d'affronter pendant cette convalescence.
Son histoire illustre une vérité souvent ignorée dans le tennis amateur : les blessures les plus communes ne sont pas celles qui font les gros titres, mais celles qui s'installent silencieusement après des années de pratique intensive.
Les blessures du tennis : ce que les pros ne disent pas
Le tennis est un sport exigeant pour les articulations, les tendons et les muscles du bras, du genou et de la cheville. La répétition de gestes techniques — service, revers, smash — crée des contraintes asymétriques sur le corps, souvent sous-estimées par les joueurs amateurs.
Les blessures les plus fréquentes chez les joueurs de tennis :
Entorse de cheville : la blessure la plus répandue, représentant jusqu'à 25 % de toutes les blessures au tennis. 85 % sont des entorses inversées, touchant les ligaments latéraux. C'est exactement ce qu'a vécu Atmane. Fait alarmant : jusqu'à 70 % des joueurs ayant subi une entorse latérale développent une instabilité chronique et des récidives.
Épicondylite latérale (coude du tennisman) : irritation des tendons de l'avant-bras due aux vibrations répétées à l'impact. Particulièrement fréquente chez les joueurs qui frappent le revers à une main ou qui utilisent des raquettes mal cordées.
Syndrome fémoro-patellaire (genou) : douleur sous la rotule liée aux accélérations, décélérations et changements de direction rapides sur surface dure.
Blessures à l'épaule : déchirures de la coiffe des rotateurs, fréquentes chez les serveurs puissants, en raison du mouvement de rotation interne répété lors du service.
Claquage des ischio-jambiers : lors des sprints courts et des appels de balle, surtout en fin de match quand la fatigue s'installe.
Prévenir plutôt que guérir : les conseils des médecins du sport
La bonne nouvelle, c'est que la plupart de ces blessures sont évitables avec une préparation physique adaptée. Les professionnels comme Atmane ont à disposition des équipes médicales complètes ; les amateurs, eux, doivent être encore plus vigilants, car ils n'ont pas toujours les mêmes ressources de récupération.
Les règles de base selon les médecins du sport :
1. Échauffement spécifique au tennis. Dix à quinze minutes minimum, incluant des rotations d'épaule, des montées de genou, des étirements dynamiques et quelques échanges à faible intensité. L'échauffement statique (s'étirer sans bouger) avant l'effort est contre-productif et augmente le risque de blessure musculaire.
2. Renforcement musculaire ciblé. Les chevilles, les ischio-jambiers et les muscles de l'épaule sont les zones les plus vulnérables. Des exercices de proprioception (équilibre sur un pied, plateau instable) réduisent significativement le risque de récidive d'entorse. Une étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine a démontré que l'entraînement neuromusculaire réduisait de 40 % le risque de blessures ligamentaires à la cheville.
3. Matériel adapté à votre niveau. Une raquette trop rigide ou mal cordée augmente les vibrations transmises au coude. Consultez un spécialiste raquette ou un médecin du sport si vous avez des antécédents de coude du tennisman.
4. Respecter les signes d'alerte. Une douleur persistante au-delà de 48 heures après un match n'est pas normale. Une gêne récurrente au même endroit mérite une consultation médicale — pas du paracétamol et "encore une partie".
5. Récupération active. La fatigue musculaire accumulée est l'une des principales causes de blessures en tennis amateur. Un professionnel de santé peut recommander des protocoles de récupération adaptés : cryothérapie, étirements post-effort, massage sportif.
Quand consulter un médecin du sport ?
Trop de joueurs amateurs attendent que la douleur soit insupportable avant de consulter. Or, une prise en charge précoce — dès les premiers symptômes — réduit considérablement la durée de récupération et le risque de blessure chronique.
Consultez un médecin du sport dans les situations suivantes :
- Douleur articulaire qui persiste plus de 48 heures
- Gonflement ou ecchymose après un choc ou une torsion
- Sensation d'instabilité à l'épaule, au genou ou à la cheville
- Douleur qui revient au même endroit à chaque match
- Récidive d'une ancienne blessure
La médecine du sport ne s'adresse pas seulement aux professionnels. Elle est accessible à tous les joueurs, quel que soit leur niveau, et peut inclure des bilans fonctionnels, des programmes de kinésithérapie personnalisés et des recommandations nutritionnelles.
L'exemple d'Atmane le montre bien : une blessure ligamentaire bien prise en charge, associée à un suivi psychologique, peut mener à un retour au plus haut niveau. La clé, c'est de ne pas laisser traîner — ni la blessure, ni la fatigue mentale qu'elle engendre.
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Avertissement médical : Cet article est à titre informatif uniquement. Il ne remplace pas une consultation médicale individuelle. En cas de douleur ou de blessure, consultez un professionnel de santé qualifié.
