Starbucks vient de publier ses résultats du deuxième trimestre de son exercice fiscal 2026 : 9,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires, en hausse de 9 % sur un an, avec des ventes comparables américaines bondissant de 7,1 %. Le PDG Brian Niccol confirme que le « tournant stratégique » qu'il a initié à son arrivée en 2024 est en train de produire ses effets. À partir du 12 mai 2026, la chaîne lance son menu d'été avec des saveurs tropicales et des boissons inspirées de l'horchata. En France, Starbucks exploite 252 établissements. Face à ces signaux positifs, la question se pose : faut-il investir dans une franchise de café en 2026 ?
Un redressement spectaculaire après deux années difficiles
Les résultats de Starbucks illustrent un retournement de situation remarquable. En 2023 et 2024, la chaîne avait subi une série de trimestres décevants : baisse de la fréquentation, coûts d'exploitation en hausse, pression sur les marges, et une image écornée par des controverses sociales aux États-Unis. L'arrivée de Brian Niccol — ex-PDG de Chipotle — a marqué un tournant opérationnel : simplification du menu, réduction des délais d'attente, amélioration de l'expérience en boutique et, désormais, lancement d'un système de commande par intelligence artificielle pour les pickups planifiés.
La guidance annuelle a été relevée à la suite de ces résultats, ce qui signifie que la direction s'attend à maintenir cette dynamique. Pour un investisseur, c'est un signal positif mais pas suffisant pour évaluer seul la rentabilité d'une franchise individuelle.
Franchise Starbucks : ce que les chiffres ne disent pas
Les résultats consolidés de Starbucks Corporation ne reflètent pas la réalité économique d'un franchisé individuel. En France, Starbucks opère principalement en mode « licencié » : les enseignes sont exploitées par des opérateurs locaux (souvent des groupes de restauration) qui paient des royalties à la maison-mère. Contrairement aux États-Unis où le format franchise classique existe, l'accès direct à une franchise Starbucks pour un investisseur individuel en France n'est pas possible via les canaux habituels.
Ce modèle a des implications importantes pour qui envisage d'investir dans le secteur de la restauration rapide ou du café en franchise :
Les droits d'entrée et les royalties : dans une franchise de café ou de restauration rapide, le franchisé verse un droit d'entrée initial (souvent entre 20 000 et 50 000 euros pour les réseaux mid-market) et des royalties mensuelles représentant entre 4 % et 10 % du chiffre d'affaires. Ces charges fixes grèvent la rentabilité, surtout dans les premières années.
Le Document d'Information Précontractuelle (DIP) : en France, la loi Doubin oblige tout franchiseur à remettre un DIP au candidat franchisé au moins 20 jours avant la signature du contrat. Ce document contient l'état du réseau, les résultats des franchisés, l'historique des litiges, et les projections financières. Lire ce document avec un conseiller juridique ou un gestionnaire de patrimoine est indispensable — c'est souvent dans ses annexes que se cachent les informations cruciales.
Le bail commercial : dans la restauration, le bail commercial est souvent le poste de risque le plus important. Son renouvellement, sa révision triennale et ses clauses de résiliation peuvent transformer un investissement rentable en gouffre financier si le loyer devient prohibitif ou si le propriétaire refuse le renouvellement.
Comment un gestionnaire de patrimoine évalue ce type d'investissement
Investir dans une franchise de café ou de restauration est un investissement en capital opérationnel, très différent d'un placement financier passif. Un gestionnaire de patrimoine expérimenté analysera plusieurs dimensions avant de vous conseiller :
Le taux de rendement interne (TRI) : sur la durée du contrat de franchise (généralement 7 à 10 ans), le TRI doit être comparé à d'autres classes d'actifs — immobilier locatif, SCPI, obligations d'État. En 2026, avec des taux directeurs encore relativement élevés, les placements à risque modéré offrent des alternatives sérieuses à l'investissement en franchise.
La corrélation avec votre situation patrimoniale globale : un investissement en franchise engage souvent du capital personnel et un cautionnement bancaire. Si vous avez déjà une forte exposition aux actifs immobiliers ou aux actifs non liquides, ajouter une franchise peut déséquilibrer votre portefeuille.
La résistance aux cycles économiques : le secteur du café a montré une résilience relative lors des crises (les Français continuent de consommer du café même en période de récession), mais les formats premium — dont Starbucks est le représentant le plus emblématique — sont plus sensibles aux changements de pouvoir d'achat que les formats économiques.
Les alternatives à la franchise directe
Pour les investisseurs attirés par le secteur de la restauration et du café sans vouloir s'y impliquer opérationnellement, des alternatives existent :
- Les FCPI (Fonds Communs de Placement dans l'Innovation) spécialisés dans la foodtech
- Les obligations émises par des chaînes de restauration cotées ou non cotées
- L'investissement en SCPI dans des murs de commerce incluant des établissements de restauration
- Le crowdfunding immobilier pour financer l'ouverture d'un établissement sans en être directement opérateur
Ces options permettent une exposition au secteur avec une liquidité et une diversification bien supérieures à un engagement direct en franchise.
Avant de prendre une décision d'investissement inspirée par les bons résultats trimestriels de Starbucks, prenez le temps de consulter un gestionnaire de patrimoine qui analysera votre situation globale. La performance d'une entreprise cotée ne garantit pas la rentabilité d'une franchise individuelle.
Pour les obligations légales du franchiseur envers le franchisé en France, consultez le guide officiel sur service-public.fr.
Retrouvez un gestionnaire de patrimoine disponible sur Expert Zoom pour analyser vos options d'investissement dans la restauration.
Avertissement : cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Toute décision financière doit être prise après consultation d'un professionnel agréé.
