Sára Bejlek, 20 ans, est devenue la sensation de Roland-Garros 2026 en décrochant un match au deuxième tour contre la quadruple championne Iga Świątek sur le Court Philippe-Chatrier. Ce duel en lui seul illustre l'ascension fulgurante de la jeune Tchèque : en février 2026, elle a remporté son tout premier titre WTA en se hissant depuis les qualifications jusqu'au trophée de l'Open d'Abou Dhabi (WTA 500), empochant au passage 185 500 dollars en une semaine. En 2026, elle dépasse déjà les 300 000 dollars de gains sur le circuit. Mais que fait-on concrètement de ces premières primes lorsqu'on a 20 ans et aucune expérience de gestion financière à ce niveau ?
185 500 $ en une semaine : une réalité qui dépasse l'entendement
À Abou Dhabi, Bejlek est entrée dans l'histoire comme la première joueuse issue des qualifications et la première Tchèque à remporter ce titre. Selon les données officielles de la WTA, le vainqueur d'un tournoi WTA 500 empoche entre 180 000 et 190 000 dollars, selon le calendrier de l'édition. Pour une athlète classée bien en dehors du top 50 au moment des faits, il s'agit d'une somme qui représente parfois plusieurs années de revenus combinés d'entraînement, de sponsors et de tournois mineurs.
Mais cette somme n'est pas nette. Avant d'en disposer, plusieurs prélèvements s'appliquent automatiquement : impôts locaux du pays organisateur (les Émirats arabes unis appliquent une politique fiscale particulière), cotisations à la WTA, frais d'équipe (entraîneur, préparateur physique, physiothérapeute, souvent entre 15 et 25 % des gains bruts). Le montant disponible à l'arrivée peut donc représenter 60 à 70 % du chiffre affiché.
Le piège fiscal : chaque prime est imposée là où elle est gagnée
Un point souvent ignoré des jeunes champions : la fiscalité des sportifs professionnels ne fonctionne pas comme celle des salariés classiques. Chaque prime de tournoi est en principe soumise à l'impôt dans le pays où le tournoi se tient. Un joueur tchèque qui remporte un tournoi en France sera imposé selon les règles françaises sur ce gain, sauf convention fiscale contraire.
En France, les revenus des sportifs non-résidents provenant de prestations sportives sont soumis à une retenue à la source, conformément à l'article 182 A bis du Code général des impôts, consultable sur le portail officiel impots.gouv.fr. Pour une joueuse comme Bejlek, dont les gains à Roland-Garros 2026 pourraient dépasser plusieurs dizaines de milliers d'euros selon son parcours, ignorer ces règles peut signifier une redresse fiscale des mois plus tard.
Ce qu'un conseiller en gestion de patrimoine recommande
C'est précisément à ce stade qu'un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé dans les sports devient indispensable. Contrairement à un comptable classique, ce type d'expert connaît les spécificités des revenus variables, internationaux et discontinus des sportifs professionnels. Voici les 4 décisions prioritaires qu'il recommandera généralement à un jeune champion :
1. Établir une structure juridique adaptée. Selon le pays de résidence, créer une société de gestion sportive (SAS, SARL, ou équivalent selon la législation locale) permet d'optimiser la fiscalité des droits d'image et des revenus publicitaires, souvent distincts des primes WTA. Pour une joueuse dont la notoriété monte, les contrats de sponsoring peuvent rapidement peser autant que les gains en tournoi.
2. Constituer une réserve de sécurité immédiate. La carrière d'un sportif professionnel est par nature fragile. Une blessure, une contre-performance prolongée ou une évolution du circuit peut réduire les gains à zéro en quelques mois. Les conseillers recommandent de mettre de côté l'équivalent de 12 à 24 mois de charges fixes (équipe, voyages, entraînement) avant d'investir quoi que ce soit.
3. Diversifier les placements sur le long terme. À 20 ans, l'horizon d'investissement est long, mais la fenêtre de revenus sportifs élevés est courte. Un gestionnaire de patrimoine construira typiquement un portefeuille combinant des actifs peu risqués (fonds en euros, obligations d'État) et des actifs de croissance (fonds actions indexés), avec un rééquilibrage automatique à mesure que l'athlète avance en âge.
4. Anticiper la retraite sportive. En tennis professionnel, la carrière se termine rarement après 35 ans, parfois bien avant. Mettre en place un plan d'épargne retraite dès les premiers grands gains permet de capitaliser sur les années de revenus élevés. En France, le PER (Plan d'Épargne Retraite) offre une déductibilité fiscale sur les versements, ce qui intéresse même les sportifs non-résidents qui génèrent des revenus en France.
Les 3 erreurs classiques des jeunes champions
Les conseillers qui suivent des sportifs en début de carrière observent systématiquement les mêmes schémas d'erreur :
Ignorer les taxes étrangères. Croire que les impôts dans le pays de résidence couvrent tout est l'erreur numéro un. Les administrations fiscales européennes échangent désormais leurs informations automatiquement depuis les accords OCDE. Un gain oublié à Abou Dhabi peut ressurgir trois ans plus tard.
Confier l'argent à des proches. Plusieurs sportifs professionnels ont perdu des sommes importantes en faisant gérer leurs finances par des membres de leur famille sans expertise. L'affection ne remplace pas la compétence fiduciaire.
Ne pas lire les contrats de sponsoring. Les droits d'image, les clauses d'exclusivité et les pénalités de rupture peuvent engager un jeune sportif pour plusieurs années sans qu'il en mesure les conséquences. Un avocat spécialisé en droit du sport, combiné à un conseiller financier, constitue le binôme idéal pour négocier ces accords.
Roland-Garros 2026 : une nouvelle occasion de capitaliser
Sur le plan financier, affronter Świątek dès le deuxième tour à Roland-Garros représente en soi une opportunité. Atteindre le deuxième tour garantit une prime d'environ 90 000 euros selon la grille officielle du tournoi — et chaque victoire supplémentaire double ou triple cette somme. Pour Bejlek, ce parcours parisien s'inscrit dans une trajectoire ascendante qui pourrait rapidement la propulser dans la catégorie des joueuses à six chiffres de gains annuels réguliers. Pour comprendre comment d'autres tennis-men gèrent leur ascension financière sur le circuit, consultez notre analyse sur la gestion du patrimoine dans le classement ATP 2026.
La question n'est donc pas seulement de savoir si Bejlek peut battre Świątek — mais aussi de savoir si, en dehors du court, elle est bien entourée pour transformer ses victoires en sécurité financière durable. Un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé peut vous accompagner dans ce même type de démarche, que vous soyez un athlète professionnel, un indépendant ou simplement quelqu'un qui vient de recevoir une somme importante.
Cet article a un caractère informatif et ne constitue pas un conseil fiscal ou financier personnalisé. Consultez un professionnel agréé pour toute décision patrimoniale.

Bernard Lapierre