En 2026, posséder une résidence secondaire en France est devenu un véritable arbitrage fiscal. Depuis le 1ᵉʳ juillet 2026, 1 628 communes appliquent une surtaxe pouvant atteindre +60 % sur la taxe d'habitation des résidences secondaires (THRS) — un dispositif étendu à 3 690 zones tendues. Parallèlement, la vente reste taxée à 37,6 % sur la plus-value réalisée. Des milliers de propriétaires se retrouvent face à un choix urgent : conserver, louer ou céder leur bien.
La surtaxe THRS 2026 en chiffres : ce que la fiscalité coûte vraiment
La pression fiscale sur les résidences secondaires n'a jamais été aussi forte. En voici les chiffres clés pour 2026 :
- 3 690 communes classées en zone tendue peuvent voter une majoration de la THRS (contre 1 136 communes avant le décret n° 2023-822 du 25 août 2023)
- 1 628 communes ont effectivement activé la surtaxe en 2025, contre 309 seulement en 2023
- La surtaxe peut aller de 5 % à 60 % de la taxe d'habitation de base selon les communes
- La plus-value immobilière lors d'une vente reste taxée à 37,6 % : 19 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux
- La hausse globale de la THRS en 2026 est d'au moins +3,9 % avant surtaxe communale
- À cela s'ajoute une taxe foncière en hausse dans la quasi-totalité des communes depuis 2022
Cette accumulation de prélèvements transforme une résidence secondaire — autrefois synonyme de placement serein — en une charge patrimoniale à surveiller de près.
Pourquoi les communes accélèrent maintenant
La suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales en janvier 2023 a changé la donne. Les collectivités locales ont perdu un levier fiscal majeur, et la THRS sur les résidences secondaires est devenue leur principal outil de recettes sur le foncier résidentiel.
Résultat : les votes de surtaxe se multiplient à une vitesse inédite. En 2023, seules 309 communes avaient voté la majoration. En 2025, ce nombre a bondi à 1 628 — soit une multiplication par cinq en deux ans. Selon les données publiées par service-public.fr, des abattements pour durée de détention s'appliquent progressivement à partir de la 6ᵉ année de possession, ce qui rend le calendrier de revente déterminant.
L'objectif des communes est explicite : pousser les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché ou à les louer en longue durée, pour répondre à la pénurie de logements dans les zones à forte pression. Pour les propriétaires, c'est une pression qui s'accumule année après année — avec une incidence directe sur la rentabilité de leur patrimoine immobilier.
Le calcul complet pour un couple à Annecy : garder ou vendre en 2026 ?
Prenons le cas de Marie et Bernard, retraités propriétaires depuis 2018 d'un appartement de 65 m² à Annecy — ville classée en zone tendue, qui a voté une surtaxe de 30 % sur la THRS en 2025.
Coût annuel de détention en 2026 :
| Poste | Montant |
|---|---|
| THRS 2024 (base) | 1 800 € |
| Surtaxe communale 30 % | + 540 € |
| THRS 2026 totale | 2 340 € |
| Taxe foncière | 2 900 € |
| Charges de copropriété | 1 400 € |
| Coût total annuel | 6 640 € |
Scénario A — Vente en 2026 (8 ans de détention) :
Plus-value brute : 340 000 € (valeur actuelle) − 220 000 € (prix d'acquisition 2018) = 120 000 €
- Abattement IR après 8 ans : 3 années au-delà de la 5ᵉ × 6 % = 18 % → base imposable IR = 98 400 € → impôt IR = 18 700 €
- Abattement PS après 8 ans : 3 années × 1,65 % = 4,95 % → base imposable PS = 114 060 € → prélèvements sociaux = 21 200 €
- Impôt total 2026 : ~39 900 €
Scénario B — Vente en 2028 (10 ans de détention) :
(Hypothèse : valeur du bien stable à 340 000 €)
- Abattement IR après 10 ans : 5 années × 6 % = 30 % → base = 84 000 € → impôt IR = 15 960 €
- Abattement PS après 10 ans : 5 années × 1,65 % = 8,25 % → base = 110 100 € → prélèvements sociaux = 20 480 €
- Impôt total 2028 : ~36 440 €
Si Marie et Bernard attendent 2028 plutôt que 2026, ils économisent environ 3 460 € d'impôts. Mais deux années supplémentaires de charges représentent 2 × 6 640 € = 13 280 € supplémentaires. Net : l'attente coûte ~9 800 € si la valeur du bien ne bouge pas.
En revanche, si le bien prend 5 % de valeur d'ici 2028 (soit +17 000 €), les chiffres s'inversent complètement en faveur de l'attente. Ce type de calcul croisé — impôt vs charges vs valorisation du marché local — est exactement ce qu'un gestionnaire de patrimoine réalise en une consultation.
Ce que peut faire un gestionnaire de patrimoine dans votre situation
La décision de conserver, louer ou vendre une résidence secondaire dépend d'une multiplicité de variables qui interagissent de manière contre-intuitive. Vendre rapidement « pour éviter la surtaxe » peut s'avérer désastreux fiscalement si la plus-value est élevée et la durée de détention inférieure à six ans. Inversement, conserver un bien en location courte durée expose à des requalifications fiscales et à des prélèvements sociaux additionnels.
Un expert en gestion de patrimoine peut réaliser une simulation personnalisée intégrant quatre dimensions clés :
- Votre TMI (tranche marginale d'imposition) : à 30 %, un abattement de 18 % représente une économie différente qu'à 41 %
- Le point d'équilibre fiscal : à partir de quelle année de détention la vente devient-elle vraiment avantageuse ?
- La comparaison des scénarios : vente immédiate vs vente en N+2, location longue durée vs meublé touristique, donation progressive à des héritiers
- Les réformes fiscales en cours : des discussions parlementaires en 2026 pourraient modifier le barème des plus-values dès 2027, changeant les calculs à rebours
Une consultation auprès d'un gestionnaire de patrimoine représente généralement 1 à 3 heures (150 à 450 €). Pour un bien dont la plus-value dépasse 80 000 €, le gain d'un arbitrage optimisé peut facilement atteindre plusieurs milliers d'euros — parfois davantage.
Ce qu'il faut vérifier avant de décider
Quatre vérifications à faire immédiatement si vous possédez une résidence secondaire :
1. Votre commune est-elle en zone tendue ? La liste des communes éligibles a été étendue à 3 690 localités en 2023. Vérifiez si une surtaxe a été votée auprès de votre service des impôts locaux ou sur le site de votre mairie — les taux votés sont publics.
2. Quelle est votre durée de détention exacte ? Les paliers fiscaux clés sont à 6 ans (début des abattements), 22 ans (exonération IR) et 30 ans (exonération totale incluant les prélèvements sociaux). Connaître votre position sur ce calendrier est indispensable.
3. Avez-vous capitalisé tous vos frais d'acquisition ? Les frais de notaire, commissions d'agence et travaux de construction ou d'agrandissement peuvent être ajoutés au prix d'acquisition, réduisant la plus-value taxable. Beaucoup de propriétaires oublient de les inclure.
4. La location longue durée est-elle viable ? Dans les communes en zone tendue, les loyers sont souvent suffisants pour couvrir — voire dépasser — le coût annuel de détention. La location peut être une alternative efficace à la vente précipitée, à condition de bien structurer le régime fiscal applicable (foncier nu vs meublé).
En 2026, les propriétaires qui prennent une décision sans analyse risquent de vendre au pire moment — ou au contraire, de conserver un bien qui pèse inutilement sur leur patrimoine. Le bon timing, chiffré, peut faire une différence de plusieurs dizaines de milliers d'euros sur la durée.
Cet article présente des informations générales à titre éducatif. Les données fiscales citées sont basées sur la législation et les barèmes en vigueur à la date de publication. Pour toute décision d'ordre fiscal ou patrimonial, consultez un professionnel qualifié agréé.

Francois Arnault