Procès Maradona : que risque une équipe médicale accusée de négligence ?

Avocat consultant des dossiers médicaux sur les marches d'un tribunal
4 min de lecture 20 avril 2026

Le 14 avril 2026, un nouveau procès s'est ouvert à San Isidro, en Argentine, contre sept professionnels de santé accusés d'avoir causé la mort de Diego Maradona par négligence criminelle. Cinq ans après le décès du joueur le 25 novembre 2020, cette affaire relance le débat mondial sur les standards de soin à domicile et la responsabilité pénale des soignants.

Un procès inédit : sept professionnels de santé devant la justice

L'affaire Maradona est exceptionnelle par son ampleur. Parmi les prévenus figurent un médecin référent, un psychiatre, un psychologue et plusieurs infirmiers ayant assuré sa prise en charge à domicile pendant sa convalescence après une opération au cerveau. Le procureur a affirmé lors de l'audience d'ouverture que "l'équipe médicale était amateur" et que le décès de Maradona — à 60 ans, d'un arrêt cardiaque — aurait pu être évité si le patient avait été transféré en clinique lors de la semaine précédant sa mort.

Ce nouveau procès fait suite à l'effondrement d'une première procédure il y a dix mois, annulée en raison d'un scandale : un documentaire avait été réalisé avec la complicité d'un juge impliqué dans l'affaire. Les audiences se tiendront deux fois par semaine et devraient durer au moins trois mois.

Qu'est-ce que la négligence médicale au regard de la loi ?

Cette affaire illustre un cadre juridique et médical que de nombreux patients et familles méconnaissent : la responsabilité pénale et civile des professionnels de santé en cas de faute.

En France, comme en Argentine, la responsabilité médicale repose sur trois piliers : une faute caractérisée, un préjudice subi par le patient, et un lien de causalité direct entre les deux. La faute peut être une erreur de diagnostic, une mauvaise administration de traitement, un défaut de surveillance, ou — comme dans le cas Maradona — un manque de réactivité face à des signes cliniques alarmants.

La spécificité du cas Maradona tient à la nature du soin : une hospitalisation à domicile (HAD). Ce dispositif impose des obligations strictes aux équipes soignantes. Selon service-public.fr, les voies de recours en cas de faute médicale sont encadrées par la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades. En 2024, la France comptait plus de 180 000 patients pris en charge en HAD par an, une montée en puissance qui s'accompagne de nouvelles responsabilités légales pour les professionnels qui y exercent.

Ce que la famille d'un patient peut faire en cas de suspicion de faute médicale

Si vous ou un proche avez été victime d'une prise en charge défaillante, plusieurs voies existent :

La saisine de la Commission de Conciliation et d'Indemnisation (CCI) : accessible gratuitement, cette commission analyse les circonstances du dommage et peut recommander une indemnisation amiable sans passer par les tribunaux. C'est souvent la première étape conseillée par les avocats spécialisés en droit médical.

La plainte pénale : comme dans l'affaire Maradona, il est possible de déposer plainte pour homicide involontaire ou mise en danger de la vie d'autrui. Cette voie est longue et exigeante en preuves, mais elle permet de déclencher une enquête judiciaire et, le cas échéant, une expertise médicale indépendante.

La voie civile : une action devant le tribunal judiciaire peut aboutir à une indemnisation des préjudices subis — corporels, moraux, matériels — indépendamment de toute condamnation pénale.

Le rôle clé du médecin expert et de l'avocat spécialisé

Ce type d'affaire illustre pourquoi deux types d'experts sont indispensables aux victimes présumées de fautes médicales.

D'abord, un médecin expert indépendant : il peut analyser le dossier médical, identifier les écarts par rapport aux protocoles de soin en vigueur, et rédiger un rapport technique qui servira de fondement à toute procédure. Sans expertise médicale solide, une plainte pour faute médicale a peu de chances d'aboutir.

Ensuite, un avocat spécialisé en droit de la santé : il connaît les délais de prescription spécifiques (10 ans pour les dommages corporels graves en France), les juridictions compétentes selon la nature du soin (public ou privé), et les stratégies adaptées à chaque situation.

Dans l'affaire Maradona, les familles des victimes ont dû attendre six ans pour voir un procès s'ouvrir réellement. En France, les procédures peuvent être plus rapides — à condition d'être bien accompagné dès les premières étapes.

Pourquoi ce procès nous concerne tous

L'affaire Maradona n'est pas qu'un fait divers sportif. Elle soulève des questions universelles : quelles garanties a-t-on lorsqu'on confie sa santé à une équipe médicale ? Que faire quand les soins prodigués semblent en dessous des standards attendus ?

Pour des milliers de familles françaises confrontées à des situations similaires — erreur de diagnostic, oubli de médicament, surveillance insuffisante — savoir qu'un recours existe est essentiel. Consulter un médecin expert ou un avocat en droit médical permet de faire évaluer objectivement la situation avant d'engager toute démarche.

Sur Expert Zoom, des médecins experts et avocats spécialisés en responsabilité médicale sont accessibles pour une première analyse de votre dossier.

Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical ou juridique. Pour toute situation personnelle, consultez un professionnel qualifié.

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