Nikos Aliagas est l'invité de Michel Drucker dans «Vivement Dimanche» ce dimanche 21 juin 2026 sur France 3, où il présente son exposition photographique «Les Grands Âges» au Musée de l'Homme à Paris. Ce projet au carrefour de l'art et de la science documente la réalité du vieillissement — et pose une question que des millions de Français remettent à plus tard : à quel moment faut-il vraiment consulter un médecin spécialiste ?
Nikos Aliagas et les visages du grand âge
Visible au Musée de l'Homme jusqu'au 3 janvier 2027, l'exposition «Les Grands Âges» rassemble une série de clichés signés Nikos Aliagas — animateur emblématique de la Star Academy et de 50' Inside pendant plus de 15 ans sur TF1, et photographe reconnu bien au-delà des plateaux de télévision. Le projet documente le vieillissement dans sa triple dimension : biologique, démographique et sociale.
Enregistrée le 20 mai 2026 aux studios Rive Gauche, l'émission diffusée ce dimanche voit Nikos Aliagas partager la scène avec Florent Pagny et Nicolas Canteloup, dans une discussion qui dépasse le cadre médiatique pour aborder la condition humaine face au temps. «Du jour au lendemain, le public peut te laisser», a confié l'animateur de 56 ans à l'INA. Cette lucidité face au temps qui passe résonne avec une réalité que beaucoup préfèrent ignorer : vieillir en bonne santé ne va pas de soi, et les premiers signaux d'alerte sont souvent sous-estimés.
Le vieillissement en France : des chiffres qui alertent
La France compte aujourd'hui 20,7 millions de personnes âgées de 60 ans et plus, selon l'INSEE. D'ici 2040, ce chiffre devrait dépasser 27 millions. L'espérance de vie atteint 82,5 ans en moyenne, mais l'espérance de vie en bonne santé — sans incapacité majeure — se situe à seulement 64 ans pour les femmes et 63 ans pour les hommes.
Ce fossé de près de 20 ans entre durée de vie totale et durée de vie en bonne santé illustre un enjeu médical considérable. Beaucoup de signaux précoces sont ignorés, minimisés ou attribués à la «fatigue normale de l'âge». Or, un dépistage précoce change radicalement le pronostic de nombreuses pathologies liées au vieillissement. Trop souvent, la consultation arrive trop tard.
5 signaux qui justifient une consultation médicale spécialisée
1. Des troubles de la mémoire qui dépassent les oublis courants
Oublier un prénom ou où l'on a posé ses lunettes, c'est banal. Mais répéter plusieurs fois la même question dans une seule journée, oublier des mots courants en pleine phrase ou se sentir désorienté dans un lieu familier sont des signes qui méritent une évaluation sérieuse. La Haute Autorité de Santé recommande un bilan cognitif dès que ces symptômes persistent, réalisé d'abord par le médecin traitant, puis si nécessaire par un neurologue. Plus le diagnostic est posé tôt, plus les stratégies d'accompagnement sont efficaces et le maintien de l'autonomie prolongé.
2. Une fatigue chronique résistante au repos
Une fatigue persistante sur plusieurs semaines, malgré un sommeil suffisant, peut révéler une anémie, une hypothyroïdie, un diabète de type 2 non diagnostiqué ou une pathologie cardiaque. Ces affections sont fréquentes après 60 ans et souvent silencieuses à leurs débuts. Un simple bilan sanguin — glycémie, TSH, hémogramme complet, bilan lipidique — réalisé lors d'une consultation de routine permet de les dépister et de les traiter rapidement, avant qu'elles n'évoluent vers des complications plus sérieuses.
3. Des douleurs articulaires ou musculaires qui s'installent durablement
L'arthrose touche 17 % des adultes français de plus de 45 ans, selon Santé publique France. Mais la douleur articulaire n'est pas une fatalité à «endurer». Un rhumatologue peut proposer des solutions concrètes et adaptées — traitements anti-inflammatoires, kinésithérapie, infiltrations, voire chirurgie dans les cas avancés — pour préserver la mobilité et la qualité de vie. Attendre que la douleur devienne insupportable retarde une prise en charge qui, plus tôt, aurait été plus simple, moins invasive et moins coûteuse.
4. Une baisse de l'audition ou de la vision que l'on «apprend à supporter»
Les Français sous-estiment systématiquement leur perte auditive : selon l'INSERM, 65 % des personnes ayant besoin d'une aide auditive n'en portent pas, souvent par habitude de «s'adapter». Or, une hypoacousie non traitée est associée à une augmentation du risque de déclin cognitif allant de 24 à 91 % selon les études, et à un risque accru d'isolement social. De même, une baisse visuelle non corrigée multiplie le risque de chutes graves. Un contrôle régulier chez l'ophtalmologue et l'ORL dès 60 ans est un réflexe préventif simple et potentiellement décisif.
5. Un moral bas persistant ou une perte de plaisir durable
La dépression touche 15 à 20 % des personnes âgées en France, mais elle reste massivement sous-diagnostiquée, souvent assimilée à un «coup de blues» passager ou à une conséquence inévitable du vieillissement. Tristesse persistante sur plusieurs semaines, perte d'intérêt pour des activités autrefois appréciées, repli progressif sur soi : ces symptômes ne sont pas normaux et ne sont pas une fatalité. Ils appellent une consultation médicale. Un médecin généraliste peut initier une prise en charge et orienter vers un psychiatre ou un psychologue selon le tableau clinique.
Comment accéder au bon spécialiste du vieillissement ?
La Haute Autorité de Santé recommande une consultation de prévention structurée aux «âges clés» de la vie, notamment à partir de 65 ans. Cette consultation, réalisée par le médecin traitant, est centrée sur le dépistage des facteurs de risque cardiovasculaire, la prévention des chutes, l'évaluation cognitive et la santé mentale. Elle permet d'orienter vers les spécialistes nécessaires : gériatre, neurologue, cardiologue, rhumatologue, ophtalmologue ou ORL.
En dehors de ces rendez-vous de prévention, n'attendez pas que les signaux s'aggravent pour consulter. Un médecin généraliste reste le premier interlocuteur pour évaluer rapidement un symptôme préoccupant et décider d'une orientation spécialisée. Des plateformes de mise en relation avec des médecins permettent également d'obtenir un avis médical qualifié rapidement, sans délais d'attente excessifs.
L'exposition de Nikos Aliagas nous rappelle une vérité simple que l'on préfère souvent ignorer : vieillir est universel, mais vieillir en bonne santé s'anticipe et se prépare. Cinq signaux, cinq occasions de consulter — et potentiellement, des années de qualité de vie préservées.
Avertissement médical : Cet article a une vocation informative générale. Il ne se substitue en aucun cas à l'avis d'un professionnel de santé. En cas de symptôme préoccupant, consultez votre médecin traitant.

Moïse Kanoute