Le Sénat examine depuis le 31 mars 2026 un projet de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l'Éducation nationale et auteure du livre Sevrage numérique, déclarait le 2 avril dans Télérama que « les politiques doivent cesser d'avoir peur de passer pour des censeurs ». Pour des millions de familles françaises, cette actualité soulève une question concrète : comment accompagner vos enfants dans ce monde numérique, que la loi passe ou non ?
Ce que prévoit le projet de loi
La proposition en débat au Sénat depuis le 31 mars 2026 prévoit une interdiction stricte d'inscription sur les plateformes de réseaux sociaux pour les utilisateurs de moins de 15 ans. Les plateformes seraient tenues de vérifier l'âge des utilisateurs — et non de simplement leur demander de cocher une case. En cas de non-respect, les amendes pourraient atteindre plusieurs millions d'euros.
Najat Vallaud-Belkacem, conseillère à la Cour des comptes et présidente de France terre d'asile, est l'une des voix les plus fortes du débat. Dans son livre publié en janvier 2026 chez Tallandier, elle décrit une société « capturée par des plateformes addictogènes » et appelle à des mesures collectives, pas seulement individuelles.
Ce contexte n'est pas isolé. En 2024, l'Australie a interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, devenant le premier pays à franchir ce cap. La France se rapproche d'une réglementation similaire, avec un consensus politique assez rare sur ce sujet.
Pourquoi cette loi ne suffit pas — et ce que vous pouvez faire maintenant
Même si la loi est adoptée, elle ne résout pas l'essentiel : les enfants qui savent déjà utiliser ces plateformes, qui ont développé des habitudes numériques, qui sont exposés au contenu problématique. Une loi ne rééduque pas. Elle prévient, elle ne répare pas.
C'est là qu'intervient le rôle éducatif — et selon de nombreux spécialistes, le rôle d'un accompagnement numérique structuré dès le primaire.
Les risques documentés d'une exposition non encadrée :
- Selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), une exposition quotidienne aux écrans supérieure à deux heures est associée à des difficultés attentionnelles chez les 8-12 ans
- Les adolescents qui utilisent les réseaux sociaux plus de 3 heures par jour présentent un risque doublé de symptômes dépressifs, selon une méta-analyse publiée dans JAMA Pediatrics en 2023
- Les algorithmes de recommandation sont conçus pour maximiser le temps passé sur les plateformes, pas pour protéger la santé mentale des utilisateurs
Ce ne sont pas des opinions : ce sont des données citées dans le rapport de la commission Lantheaume remis au gouvernement en 2024, qui a alimenté les travaux législatifs actuels.
Le rôle du professeur particulier dans l'éducation numérique
Le débat sur les réseaux sociaux masque souvent une réalité plus large : les enfants passent de plus en plus de temps sur des écrans à des fins non éducatives, au détriment du temps de lecture, de concentration, et d'apprentissage.
Un professeur particulier ne remplace pas les parents ni la loi. Mais il peut jouer un rôle décisif dans trois domaines :
1. Rétablir des habitudes d'attention. Un élève qui passe 4 heures par jour sur TikTok ou Instagram développe une attention fragmentée. Un suivi individualisé, avec des sessions de travail structurées, aide à reconstruire la capacité de concentration.
2. Combler les lacunes dues à la distraction. Les enseignants le confirment : les résultats scolaires des élèves les plus connectés ont baissé dans plusieurs matières depuis 2022. Un professeur particulier peut identifier les lacunes spécifiques et les corriger avant qu'elles ne s'accumulent.
3. Développer un regard critique sur le numérique. Certains professeurs particuliers intègrent aujourd'hui dans leurs séances des modules de littératie numérique : comment évaluer une source, distinguer une information d'une publicité déguisée, comprendre comment fonctionne un algorithme. Ces compétences ne s'apprennent pas à l'école mais elles sont essentielles.
Ce que vous pouvez faire cette semaine
La loi sera peut-être adoptée dans les prochaines semaines. Elle entrera en vigueur progressivement. D'ici là :
- Discutez ouvertement avec votre enfant de ce qu'il fait en ligne — sans stigmatiser, mais en ouvrant le dialogue
- Instaurez des règles claires sur les horaires d'écran, en vous appuyant sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé (has-sante.fr)
- Consultez un professeur particulier si vous observez des difficultés scolaires, une perte de motivation ou une baisse des résultats liées à la surexposition numérique
Sur ExpertZoom, vous trouverez des professeurs particuliers formés à l'accompagnement scolaire personnalisé — disponibles en ligne ou à domicile. Ils peuvent évaluer la situation de votre enfant et proposer un plan de soutien adapté.
Lire aussi notre analyse sur la sécurité numérique des enfants et le rôle de Twitch.
L'enjeu dépasse les 15 ans
Najat Vallaud-Belkacem a raison sur un point : légiférer sur l'âge ne suffit pas. Ce qui est en jeu, c'est notre capacité collective à éduquer une génération à vivre avec le numérique, sans en être captive. Les parents, les enseignants, les professeurs particuliers et les plateformes elles-mêmes ont tous un rôle à jouer — la loi pose un cadre, mais l'éducation reste l'outil le plus puissant.
