Nadia Farès : sa mort révèle les risques cardiaques méconnus de la natation

Secouriste réalisant un massage cardiaque sur le bord d'une piscine intérieure parisienne
5 min de lecture 20 avril 2026

La mort de Nadia Farès, le 17 avril 2026 à l'âge de 57 ans, a ému toute la France. L'actrice des Rivières pourpres avait été retrouvée inconsciente dans une piscine parisienne six jours plus tôt, le 11 avril, victime d'un arrêt cardiaque lors d'une séance de natation ordinaire. Sa disparition soulève une question que beaucoup de sportifs amateurs évitent : êtes-vous vraiment en sécurité quand vous nagez ?

Ce qui s'est passé le 11 avril 2026

Samedi matin, au complexe sportif Blanche, dans le 9e arrondissement de Paris, Nadia Farès nageait avec des palmes et une planche — une routine sportive sans signe avant-coureur apparent. Elle a été retrouvée inconsciente sous l'eau, immergée pendant trois à quatre minutes. Un autre nageur lui a prodigué les premiers secours avant l'arrivée du SAMU. Transportée en urgence à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, elle a été placée en coma artificiel. Le 17 avril, son cœur a définitivement lâché.

Ses filles ont confirmé son décès dans un communiqué. L'enquête policière, appuyée sur les images de vidéosurveillance, a écarté toute cause criminelle. Nadia Farès avait un passé médical cardiaque chargé : elle avait subi une opération d'un anévrisme cérébral en 2007, suivie de plusieurs interventions cardiaques.

La natation, un sport perçu à tort comme totalement sûr

La natation est souvent présentée comme l'activité sportive idéale pour les personnes fragiles ou âgées. Ce n'est pas faux — mais ce n'est pas toute la vérité. Selon la Fédération Française de Cardiologie, environ 500 morts cardiaques liées au sport surviennent chaque année en France. En Île-de-France, on en recense environ 50 par an rien que dans la région.

La natation présente jusqu'à six fois moins de risque de mort subite que le cyclisme. Mais elle n'est pas sans danger pour les personnes présentant des vulnérabilités cardiaques préexistantes. La raison est physiologique : la pression de l'eau combinée à l'effort musculaire sollicite intensément le muscle cardiaque. Une arythmie — même légère au repos — peut provoquer une syncope soudaine dans l'eau, sans signe d'alerte visible. Contrairement à la course à pied, une perte de conscience en piscine n'offre aucune marge de sécurité.

D'après l'Inserm, 80 % des cas de mort subite du sportif concernent des hommes, principalement entre 40 et 55 ans. Mais les femmes de plus de 45 ans présentant des antécédents cardiaques restent un groupe à surveiller de près, comme le rappelle tristement le cas de Nadia Farès.

Les signaux d'alarme à ne jamais ignorer

Avant ou pendant une activité physique, certains symptômes méritent une consultation médicale immédiate. Selon la Fédération Française de Cardiologie, voici les signaux d'alerte à prendre au sérieux :

Pendant l'effort :

  • Palpitations (sensation de cœur qui s'emballe ou qui "saute")
  • Douleur ou oppression dans la poitrine
  • Essoufflement anormal, disproportionné par rapport à l'effort fourni
  • Vertiges ou malaise

En dehors de l'effort :

  • Fatigue inhabituelle et inexpliquée
  • Syncope ou lipothymie (sensation imminente de perte de connaissance)

La syncope d'origine cardiaque ne représente que 10 à 15 % de toutes les syncopes, mais c'est la forme la plus dangereuse, avec un risque élevé de récidive fatale. Tout évanouissement inexpliqué survenu pendant ou juste après un effort doit conduire à une consultation cardiologique sans délai.

Qui doit passer un bilan cardiaque avant de (re)prendre le sport ?

Les recommandations médicales françaises sont claires. Un bilan cardiovasculaire est fortement conseillé avant de reprendre ou d'intensifier une activité sportive pour :

  • Les hommes de plus de 35 ans
  • Les femmes de plus de 45 ans
  • Toute personne, quel que soit son âge, présentant des facteurs de risque : antécédents cardiaques personnels ou familiaux, hypertension, diabète, surpoids, tabagisme, cholestérol élevé, chirurgie cardiaque passée ou anévrisme

Ce bilan comprend au minimum un électrocardiogramme de repos (ECG), qui peut détecter de nombreuses anomalies cardiaques silencieuses. Pour les profils à risque, une épreuve d'effort (ECG réalisé pendant une activité physique) permet de révéler des arythmies induites par l'effort, qui n'apparaissent pas à l'état de repos.

Le médecin peut délivrer, à l'issue de l'examen, un certificat médical d'aptitude sportive précisant les activités recommandées, les précautions à prendre et les sports à éviter. Ce document n'est pas qu'une formalité administrative — c'est une protection réelle.

La survie a triplé grâce aux premiers secours

Il y a une bonne nouvelle dans ces statistiques sombres : selon l'Inserm, le taux de survie aux arrêts cardiaques lors d'activités sportives a triplé en Île-de-France au cours de la dernière décennie. Cette amélioration spectaculaire est directement liée à la formation aux gestes de premiers secours (massage cardiaque, défibrillation) et à la présence croissante de défibrillateurs automatisés externes (DAE) dans les espaces sportifs.

Dans le cas de Nadia Farès, un témoin a réagi immédiatement en lui prodiguant la réanimation cardio-pulmonaire. Même si ce geste n'a pas suffi à la sauver, il illustre pourquoi la formation aux premiers secours est aujourd'hui cruciale pour tout pratiquant régulier d'activités sportives.

Si votre club de natation, votre salle de sport ou votre piscine municipale ne dispose pas de défibrillateur visible et accessible, signalez-le à la direction et à votre mairie.

Ce que peut faire un médecin pour vous

Consulter un médecin généraliste ou un cardiologue avant de reprendre une activité physique intensive n'est pas un caprice — c'est une décision qui peut sauver une vie. Un médecin spécialisé en santé cardiovasculaire peut réaliser un bilan complet, interpréter votre ECG, identifier vos facteurs de risque personnels et vous aider à choisir un programme sportif adapté à votre profil.

Cela vaut tout particulièrement si vous reprenez le sport après une longue interruption, après une opération, ou si vous avez dépassé la quarantaine sans jamais avoir passé de bilan cardiaque.

La mort de Nadia Farès est un rappel douloureux : le corps que l'on croit connaître peut receler des fragilités silencieuses. Un rendez-vous médical, même pour "juste vérifier", reste le meilleur geste préventif que vous puissiez faire pour continuer à nager, courir ou pédaler en toute sécurité.

Avertissement : Cet article est à titre informatif uniquement et ne remplace pas un avis médical professionnel. En cas de symptômes cardiaques, consultez un médecin immédiatement.

Pour en savoir plus sur la prévention de la mort subite du sportif, consultez les recommandations de la Fédération Française de Cardiologie.

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