Guillaume Kasbarian, ancien ministre du Logement puis de la Fonction publique sous les gouvernements Attal et Barnier, a annoncé le 12 avril 2026 la création du Parti de la Liberté, une formation politique libérale qui entend placer la déréglementation et la réduction des contraintes administratives au cœur de son projet.
Un ancien ministre macroniste tourne la page
Député Renaissance d'Eure-et-Loir, Guillaume Kasbarian a déclaré au Journal du Dimanche avoir voulu créer "un parti qui fait confiance à l'individu" face à une gauche syndicale qu'il juge trop influente sur la vie politique française. Sa formation, le Parti de la Liberté, se réclame d'un libéralisme économique assumé, proche des idées du président argentin Javier Milei, et promet de s'attaquer aux "contraintes administratives" qui pèsent sur les entrepreneurs et les indépendants.
Le lancement du parti intervient dans un contexte de recomposition du centre-droit français, après les turbulences des gouvernements successifs depuis 2024. Kasbarian, 37 ans, est perçu par ses soutiens comme l'une des figures montantes d'une droite libérale qui cherche à se distinguer à la fois du gaullisme et de l'extrême droite.
Ce que le programme de déréglementation peut signifier en pratique
Le Parti de la Liberté n'a pas encore publié de programme détaillé, mais les grandes lignes évoquées par Kasbarian pointent vers plusieurs chantiers concrets pour les entrepreneurs et les travailleurs indépendants :
Simplification des obligations déclaratives. Aujourd'hui, une TPE ou un auto-entrepreneur doit faire face à une multiplicité de formulaires, de délais et d'interlocuteurs : URSSAF, impôts, CFE, RSI... Le rapport Simplification 2024 du Conseil économique, social et environnemental évaluait à plus de 3 milliards d'euros le coût annuel de la charge administrative pour les petites entreprises françaises.
Assouplissement du droit du travail. Kasbarian avait déjà porté, en tant que ministre de la Fonction publique, un projet de réforme des régimes spéciaux et de mobilité dans la sphère publique. Le Parti de la Liberté devrait étendre cette logique au secteur privé, notamment en matière de souplesse contractuelle et de procédures de licenciement.
Révision du cadre réglementaire pour les professions libérales. Avocats, médecins, architectes, experts-comptables : les professions réglementées font régulièrement l'objet de critiques pour leur corporatisme. Une réforme libérale pourrait modifier les conditions d'accès à ces métiers et ouvrir la concurrence sur certains segments.
Les indépendants, premiers concernés
Si les idées du Parti de la Liberté trouvent une traduction législative, leurs effets se feront d'abord sentir pour les 4,3 millions de travailleurs indépendants que compte la France, selon les chiffres de l'INSEE publiés en mars 2026. Ce segment de la population active, qui a progressé de 22 % entre 2017 et 2025, reste paradoxalement l'un des moins bien protégés en matière de droit du travail, d'accès au crédit et de couverture sociale.
Les propositions de déréglementation peuvent apporter de réelles améliorations — ou créer de nouvelles vulnérabilités. Un allègement des cotisations sociales, par exemple, peut se traduire par une retraite diminuée si aucune épargne complémentaire n'est constituée en parallèle.
Ce que changera — ou ne changera pas — la politique pour votre activité
La réalité d'un jeune parti libéral en France, c'est que son influence sur la législation dépend d'alliances et de majorités encore incertaines. Entre la création d'une formation politique et l'adoption de textes de loi, le chemin est long.
Ce qui est certain, en revanche, c'est que les questions de gestion administrative, fiscale et juridique restent cruciales pour tout entrepreneur ou indépendant, quel que soit le cadre réglementaire en vigueur. Les erreurs de déclaration, les contrats mal rédigés, les mauvaises structures juridiques — ces problèmes n'attendent pas les réformes politiques.
Selon le Baromètre de la création d'entreprise 2025 du groupe BPCE, 43 % des créateurs d'entreprise déclarent manquer d'information sur les obligations légales et fiscales lors du lancement de leur activité. Ce déficit de connaissance coûte cher : redressements fiscaux, litiges contractuels, pénalités URSSAF.
Consulter un expert généraliste : une bonne pratique, quelle que soit la couleur politique
Qu'il s'agisse de comprendre vos obligations déclaratives, d'optimiser votre statut juridique, de rédiger un contrat ou de vous préparer à une levée de fonds, l'accompagnement par un conseiller généraliste ou un expert-comptable reste la protection la plus efficace contre les aléas administratifs et légaux.
Les promesses de simplification du Parti de la Liberté résonnent avec les frustrations de nombreux entrepreneurs. Mais dans l'immédiat, et avant que ces réformes éventuelles ne soient votées et appliquées, la meilleure façon de gérer la complexité administrative française reste de s'entourer des bons experts. ExpertZoom met en relation des entrepreneurs et des indépendants avec des conseillers disponibles pour répondre à leurs questions pratiques.
Un pari politique risqué mais révélateur d'une demande réelle
Au-delà du débat politicien, la création du Parti de la Liberté témoigne d'une aspiration réelle dans une partie de la société française : celle de voir l'État faire confiance aux individus, aux entrepreneurs, aux professionnels libéraux pour s'organiser sans tutelle excessive. Cette aspiration est partagée bien au-delà des cercles libéraux.
Sa traduction en programme politique crédible et en mesures concrètes reste à démontrer. Kasbarian devra convaincre au-delà des convertis et trouver des alliés dans un paysage électoral fragmenté. Mais le sujet qu'il soulève — la charge administrative qui freine l'initiative économique — mérite d'être pris au sérieux, par les politiques comme par les entrepreneurs eux-mêmes.
