Emmanuel Petit, champion du monde 1998 avec l'équipe de France, a annoncé fin mars 2026 qu'il refusait de se rendre aux États-Unis pour commenter la Coupe du monde de football. Dans une interview à Télé Star publiée le 30 mars, l'ancien milieu de terrain a justifié sa décision par une opposition politique : « Je ne veux pas aller aux États-Unis à cause de cette soumission que ce pays impose au reste du monde. » Cette prise de position, relayée par Closer et le Journal des Femmes, intervient à quelques semaines du Mondial organisé conjointement aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Au-delà du symbole médiatique, sa déclaration pose la question des risques concrets auxquels sont exposés les Français qui préparent un séjour outre-Atlantique en 2026.
Le contexte du refus d'Emmanuel Petit
L'interview d'Emmanuel Petit n'est pas une simple déclaration anecdotique. Elle s'inscrit dans un climat de tensions croissantes entre l'Europe et les États-Unis, marqué par des menaces tarifaires et des débats sur l'annexion du Groenland. Le Parisien avait d'ailleurs évoqué en janvier 2026 la possibilité d'un boycott allemand de la compétition. Dans ce contexte, le refus catégorique de Petit illustre les dilemmes auxquels sont confrontés les citoyens, les entreprises et les médias français. L'ancien joueur, aujourd'hui consultant, n'est pas le seul à s'interroger : les réservations de voyages à forfait de la France vers les États-Unis ont chuté de 14,6 % entre novembre 2024 et octobre 2025, et les réservations pour l'été 2026 étaient en baisse de plus de 29 % au 31 décembre 2025 selon le Seto. Cette réticence, combinée à des inquiétudes sécuritaires et juridiques, mérite une analyse pragmatique pour quiconque envisage un déplacement.
Risque n°1 : les formalités d'entrée de plus en plus strictes
Les États-Unis ont renforcé leurs contrôles aux frontières. Depuis janvier 2025, une nouvelle rubrique oblige les demandeurs de visa à indiquer leur « sexe à la naissance », conformément à un décret présidentiel. Pour les séjours de moins de 90 jours, le programme d'exemption de visa (VWP) reste accessible aux Français, mais il impose la délivrance préalable d'une autorisation ESTA. Ce document, valable deux ans, ne constitue pas un droit d'entrée : l'officier d'immigration peut refuser l'accès au territoire à l'arrivée. Le ministère français des Affaires étrangères recommande de ne jamais plaisanter avec les agents des douanes (CBP). Des propos ou attitudes jugés anodins peuvent entraîner une arrestation immédiate et des poursuites. En cas de refus d'admission, une procédure de réclamation (TRIP) existe auprès du Department of Homeland Security, mais elle est longue et incertaine.
Risque n°2 : une délinquance en hausse dans les grandes villes
Le ministère des Affaires étrangères met en garde contre la recrudescence de la criminalité dans plusieurs métropoles américaines. À New York, la petite délinquance et les agressions dans le métro augmentent sensiblement, notamment à Times Square. Les autorités françaises signalent un risque particulier lié aux revendeurs de drogue qui ciblent les touristes avec des stupéfiants adulterés au fentanyl, une substance potentiellement létale. À San Francisco, les bris de glace pour voler des objets laissés dans les véhicules sont devenus endémiques. Chicago, Détroit et Los Angeles présentent des zones où la violence liée aux trafics reste élevée. Pour les supporters de football qui se déplaceront en groupe, la vigilance s'impose dans les transports en commun et à la sortie des stades, des lieux propices aux vols à la tire.
Risque n°3 : des frais de santé astronomiques
L'infrastructure médicale américaine est d'excellente qualité, mais son coût est extrêmement élevé. Il n'existe aucune convention de sécurité sociale entre la France et les États-Unis. Une hospitalisation pour une blessure ou une maladie peut se chiffrer en dizaines de milliers de dollars. Sans assurance voyage couvrant les frais médicaux, l'hospitalisation et le rapatriement sanitaire, un touriste français risque de se voir refuser l'accès aux soins d'urgence faute de garantie financière. Le Quai d'Orsay insiste sur l'obligation de souscrire une assurance complète avant le départ. Les médicaments doivent être transportés dans leur emballage d'origine avec une ordonnance en dénomination commune internationale, car une ordonnance française ne permet pas d'acheter des médicaments aux États-Unis.
Risque n°4 : les armes à feu et la légitime défense
La détention d'armes à feu est autorisée et courante dans de nombreux États. Les visiteurs étrangers doivent donc faire preuve d'une vigilance accrue et éviter toute altercation, même mineure. Les lois sur la légitime défense varient considérablement d'un État à l'autre. Un geste mal interprété peut avoir des conséquences graves. Le ministère des Affaires étrangères recommande de ne jamais élever la voix ni faire de gestes brusques envers la police américaine. En cas de litige, il convient de contacter le consulat général de France compétent pour la circonscription.
Quand faire appel à un conseiller en voyage ou un juriste ?
Face à ces multiples risques, les futurs voyageurs ont intérêt à se faire accompagner par des professionnels. Un conseiller en voyage peut élaborer un itinéraire sécurisé, vérifier la validité des documents (passeport, ESTA, visa) et sélectionner une assurance adaptée aux séjours sportifs de longue durée. Pour les journalistes, consultants ou influenceurs qui se rendent aux États-Unis à des fins professionnelles, un avocat spécialisé en droit américain peut vérifier la conformité du visa sollicité et prévenir les risques liés aux déclarations publiques faites sur le sol américain. Le coût de ces expertises, généralement modeste face aux dépenses d'un séjour outre-Atlantique, peut éviter bien des complications à l'arrivée. Les entreprises françaises envoyant du personnel aux États-Unis doivent également veiller à la conformité des visas de travail et à la couverture sociale de leurs salariés.

Honoré Césaire