Femme fatiguée ajustant son réveil à l'aube lors du changement d'heure de printemps 2026

Changement d'heure mars 2026 : qui est le plus à risque selon les médecins

Santé 4 min de lecture 19 mars 2026

Le dimanche 29 mars 2026, la France passe à l'heure d'été : à 2h du matin, les horloges avancent d'une heure. Ce glissement annuel, qui nous fait perdre 60 minutes de sommeil, n'est pas anodin pour la santé. Selon l'Inserm, le changement d'heure de printemps est le plus perturbateur des deux, et certaines personnes y sont bien plus vulnérables que d'autres.

Pourquoi le passage à l'heure d'été est plus difficile que l'heure d'hiver

Contrairement au passage à l'heure d'hiver — où l'on gagne une heure de sommeil —, le changement de mars impose une privation directe. L'horloge biologique humaine, ou rythme circadien, est réglée sur des signaux lumineux et sociaux précis. Quand ces repères sont brusquement décalés, l'organisme doit se resynchroniser, ce qui prend de deux jours à plusieurs semaines selon les individus.

L'Inserm souligne que ce décalage entraîne une fragmentation du sommeil, une baisse de la vigilance diurne et des perturbations de l'humeur. Plus concrètement, une étude citée par les chercheurs fait état d'une hausse de 24 % des infarctus du myocarde le lundi suivant le changement d'heure de printemps.

À cela s'ajoute un effet lumineux aggravant : en mars, les matins restent sombres, retardant encore les signaux de réveil naturels que le soleil envoie au cerveau. La combinaison — heure perdue + obscurité matinale — crée la perturbation circadienne maximale de l'année.

Les populations les plus exposées aux effets du changement d'heure

Tout le monde subit le changement d'heure, mais certains groupes méritent une attention médicale particulière.

Les nourrissons et jeunes enfants sont parmi les plus touchés. Leur rythme veille-sommeil est encore en cours de stabilisation, et ils ne comprennent pas les horloges. Les parents observent souvent des pleurs prolongés, des refus de sieste et une irritabilité accrue pendant plusieurs jours.

Les personnes de plus de 65 ans présentent une adaptation plus lente. L'horloge biologique vieillit elle aussi : la récupération après un décalage horaire peut s'étaler sur plusieurs semaines chez les seniors, avec un risque cardiovasculaire accru pendant cette période.

Les adolescents souffrent d'une double peine. La puberté induit déjà un retard naturel de phase — tendance à s'endormir et se réveiller plus tard. Le changement d'heure amplifie ce décalage au moment où ils doivent se lever tôt pour le lycée.

Les travailleurs en horaires décalés — soignants, chauffeurs de nuit, agents de sécurité — voient leur rythme déjà fragilisé subir une perturbation supplémentaire. Le risque d'accident de travail augmente dans les jours qui suivent le changement.

Les personnes souffrant de troubles du sommeil (insomnie chronique, apnée du sommeil, syndrome des jambes sans repos) ou de pathologies psychiatriques traitées médicalement sont aussi particulièrement exposées.

Ce que dit la science sur les impacts durables

Au-delà des effets immédiats, la littérature scientifique dresse un tableau préoccupant. Des chercheurs estiment que le maintien permanent de l'heure d'hiver éviterait chaque année environ 300 000 AVC en Europe — un chiffre qui illustre l'ampleur des perturbations chronobiologiques causées par le changement biannuel.

D'autres études associent les perturbations répétées du rythme circadien à un risque accru d'obésité, de dépression saisonnière et de maladies métaboliques. L'Union européenne a d'ailleurs voté en 2019 pour l'abolition du changement d'heure, mais la décision appartient à chaque État membre, et la France n'a toujours pas tranché.

En attendant une éventuelle réforme, les professionnels de santé recommandent des stratégies d'anticipation concrètes.

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Les conseils des médecins pour mieux traverser le changement d'heure

Avancer progressivement l'heure du coucher. Les médecins du sommeil conseillent de décaler son heure d'endormissement de 15 à 20 minutes chaque soir dans les trois jours précédant le 29 mars. Cela permet à l'horloge biologique d'absorber le choc progressivement.

S'exposer à la lumière naturelle le matin. Dès le dimanche 29 mars, cherchez la lumière matinale dès le réveil : ouvrez les volets, sortez marcher. Ce signal lumineux est le principal régulateur de l'horloge biologique.

Éviter les écrans le soir. La lumière bleue des téléphones et tablettes retarde la sécrétion de mélatonine, l'hormone du sommeil. En période de transition, cette habitude est particulièrement contre-productive.

Limiter caféine et alcool. Ces substances perturbent les stades profonds du sommeil, réduisant la qualité de la récupération — déjà compromise par l'heure perdue.

Pour les parents de jeunes enfants : décaler les repas et les siestes de 10 à 15 minutes par jour à partir du 26 mars. Ce glissement progressif évitera les crises liées à la rupture brutale du rythme.

Quand consulter un médecin après le changement d'heure ?

Pour la majorité des adultes en bonne santé, les effets du changement d'heure se dissipent en quelques jours. Mais certains signaux doivent alerter.

Consultez votre médecin si les troubles du sommeil persistent au-delà de deux semaines après le 29 mars, si vous observez une fatigue invalidante, des palpitations cardiaques, une dépression marquée ou une somnolence diurne dangereuse (notamment en conduisant).

Les patients sous traitement chronobiologique ou psychiatrique — lithium, certains antidépresseurs, médicaments pour la thyroïde — peuvent avoir besoin d'un ajustement de dosage après le changement d'heure. Un avis médical préventif est conseillé.

Un médecin généraliste ou un spécialiste du sommeil peut évaluer votre profil de risque individuel et proposer un accompagnement adapté : thérapie cognitive et comportementale pour l'insomnie (TCC-I), photothérapie matinale ou, dans certains cas, une prescription de mélatonine à faible dose.

Note : Cet article a un caractère informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale personnalisée. En cas de doute sur votre santé, consultez un professionnel de santé qualifié.

Sur Expert Zoom, des médecins généralistes et spécialistes du sommeil sont disponibles en consultation en ligne pour vous aider à préparer ce changement d'heure et prendre en charge vos troubles du sommeil. Consulter un médecin sur Expert Zoom

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