Élodie Gossuin : deux enfants à l'université en même temps — le vrai budget 2026

Parents calculant le budget de deux inscriptions universitaires simultanées en 2026
Francois Francois ArnaultGestion de Patrimoine
7 min de lecture 27 juillet 2026

Élodie Gossuin a révélé mi-juillet 2026 une nouvelle étape pour sa famille : ses jumeaux Jules et Rose, 18 ans, venaient d'intégrer l'enseignement supérieur simultanément — Jules dans une école de commerce, Rose en licence STAPS. Comme des milliers de parents français, elle fait face à une réalité souvent sous-estimée : une double rentrée universitaire peut coûter jusqu'à 46 000 € sur douze mois. Voici les chiffres réels et les leviers à activer d'urgence.

Une réalité que 16 000 familles françaises vivent chaque année

En France, environ 16 000 paires de jumeaux naissent chaque année, selon les données de l'INSEE. Chacune de ces familles sera confrontée, au même moment, à une double inscription dans l'enseignement supérieur. Mais les familles de jumeaux ne sont pas seules dans cette situation : les parents d'enfants espacés de moins de deux ans subissent le même choc financier, souvent sans l'avoir planifié.

En 2026, les frais d'inscription à l'université publique s'élèvent à 178 € en licence, auxquels s'ajoute la Contribution à la Vie Étudiante et de Campus (CVEC) de 105 €, soit 283 € par étudiant pour une filière publique. Un montant qui peut sembler gérable — mais qui ne représente qu'une infime fraction du coût total réel.

D'après les données compilées par Tesify et le rapport budgétaire annuel de l'UNEF pour 2026, le coût total d'une année universitaire (logement, scolarité, vie courante, frais d'installation) atteint entre 16 000 et 26 000 € par étudiant. Selon la ville et le type d'établissement, certains profils dépassent ce seuil. Pour deux enfants entrés simultanément, la première année franchit régulièrement les 35 000 €, voire 46 000 € lorsque l'un d'eux est inscrit dans une école privée.

Les trois postes qui concentrent l'essentiel de la facture

Le logement pèse à lui seul 40 à 60 % du budget annuel d'un étudiant. En 2026, le loyer mensuel moyen d'une chambre en résidence privée atteint 950 € à Paris, 750 € à Lyon et 680 € à Bordeaux, d'après les estimations de Foxup. Pour deux enfants logeant hors du domicile familial dans deux villes différentes, ce poste représente à lui seul 1 400 à 1 900 € par mois — soit entre 16 800 et 22 800 € sur l'année.

Les frais de scolarité varient considérablement selon l'établissement. À l'université publique, ils restent réglementés : 178 € pour une licence STAPS comme Rose. En revanche, dans une école de commerce ou une grande école privée comme celle que Jules a intégrée, ils s'échelonnent de 6 000 à 15 000 € par an en programme Bachelor, et jusqu'à 20 000 € en cycle Grande École post-prépa. Pour des jumeaux dont l'un est en fac publique et l'autre en école privée — exactement la configuration de Jules et Rose —, l'écart entre les deux scolarités peut atteindre 14 800 € par an.

La vie courante — alimentation, transports, santé, abonnements téléphoniques, loisirs — absorbe entre 400 et 650 € par mois selon la ville et le mode de vie, soit 4 800 à 7 800 € par étudiant sur l'année. Pour deux enfants, ce poste dépasse les 9 600 € annuels dans la majorité des configurations. À cela s'ajoutent les frais d'installation la première année (caution, dépôt de garantie, literie, électroménager de base) : entre 2 000 et 4 000 € par enfant, soit 4 000 à 8 000 € d'un coup le premier été.

Aides et leviers fiscaux : ce que trop de familles n'activent pas

Face à cette facture, plusieurs mécanismes permettent de réduire significativement la charge nette — à condition de les déclencher au bon moment, parfois dès l'année précédant la rentrée.

Le rattachement fiscal de l'enfant majeur étudiant au foyer parental est souvent le premier levier à examiner. En conservant les deux enfants rattachés au foyer, les parents maintiennent leurs parts dans le calcul du quotient familial, ce qui peut réduire l'impôt sur le revenu de 600 à 2 000 € selon le taux marginal d'imposition. À l'inverse, si les enfants perçoivent des revenus significatifs (contrat d'alternance, job étudiant régulier), une déclaration autonome peut s'avérer plus avantageuse. Le choix doit être simulé pour chaque configuration familiale — une erreur de rattachement représente facilement 500 à 1 500 € d'impôt en trop ou en moins. La fiche officielle de service-public.fr sur le rattachement d'un enfant majeur au foyer fiscal détaille les conditions et les démarches applicables en 2026.

La CAF constitue un amortisseur significatif. Les réformes des allocations CAF de 2026 ont revu certains plafonds de l'APL (Aide Personnalisée au Logement). Un étudiant locataire peut percevoir entre 100 et 400 € d'aide mensuelle selon la zone géographique, son loyer et son statut. Pour deux enfants en logement indépendant, les APL cumulées peuvent atteindre 400 à 700 € par mois, soit 4 800 à 8 400 € sur l'année.

La bourse sur critères sociaux reste sous-sollicitée par les familles à revenus intermédiaires. En 2026-2027, certains ménages jusqu'ici exclus sont désormais éligibles à l'échelon 1 (environ 100 € par mois et par étudiant). Deux enfants boursiers à cet échelon génèrent 2 400 € de ressources supplémentaires sur l'année, cumulables avec les APL.

Enfin, les dispositifs d'épargne à long terme — assurance-vie avec rachats programmés, PEE (Plan d'Épargne Entreprise) ou PER (Plan d'Épargne Retraite) pour les travailleurs non salariés — permettent de financer les études supérieures avec une fiscalité allégée, à condition d'avoir ouvert et alimenté ces enveloppes suffisamment à l'avance.

Cas concret : Jules et Rose à Paris et à Nantes — le budget mois par mois

Prenons le cas d'une famille francilienne aux revenus nets mensuels cumulés de 5 200 € (deux parents salariés), dont les jumeaux Tom et Léa — une configuration miroir de celle de Jules et Rose Gossuin-Lacherie — entrent en septembre 2026 : Tom dans une école de commerce parisienne (frais de scolarité : 10 000 €/an), Léa en licence STAPS à l'université de Nantes (283 €/an).

Budget annuel de Tom (école de commerce, logement Paris 15e) :

  • Frais de scolarité : 10 000 €
  • Loyer mensuel (chambre meublée 20 m²) : 950 € × 12 = 11 400 €
  • Vie courante : 500 € × 12 = 6 000 €
  • Frais d'installation (caution + équipement) : 3 000 €
  • Total première année : 30 400 €

Budget annuel de Léa (STAPS, logement Nantes) :

  • Frais de scolarité : 283 €
  • Loyer mensuel (résidence universitaire Crous) : 550 € × 12 = 6 600 €
  • Vie courante : 450 € × 12 = 5 400 €
  • Frais d'installation : 2 200 €
  • Total première année : 14 483 €

Total brut pour les deux : 44 883 € la première année.

Avec optimisation des aides : Tom perçoit une APL de 100 €/mois (Paris, zone très tendue) ; Léa obtient une APL de 220 €/mois à Nantes et une bourse échelon 1 de 100 €/mois. Aides annuelles cumulées : 5 040 €. La charge nette pour les parents descend à 39 843 €, soit 3 320 € par mois sur douze mois.

Sans aucune démarche d'aide (APL non réclamée, bourse non sollicitée, rattachement fiscal non optimisé), les parents assument la totalité des 44 883 € — soit un surcoût de 5 000 à 8 000 € dès la première année par rapport à une situation optimisée. Sur cinq ans d'études, l'écart peut dépasser 25 000 €.

Les chiffres présentés sont des estimations construites à partir des données UNEF, INSEE, Tesify et service-public.fr pour 2026. Chaque situation familiale est spécifique. Ces informations ne constituent pas un conseil financier personnalisé — consultez un conseiller en gestion de patrimoine pour une simulation adaptée à votre situation.

Ce que conseille un expert en gestion de patrimoine

Les conseillers en gestion de patrimoine recommandent d'entamer la planification au plus tard lorsque l'enfant entre en première — soit 18 à 24 mois avant la rentrée universitaire. Pour des jumeaux ou des enfants très proches en âge, cette anticipation est encore plus critique : contrairement aux familles qui envoient leurs enfants à la fac à deux ou trois ans d'intervalle, il n'existe ici aucun "effet de lissage". La dépense s'abat en une seule fois.

Les arbitrages à simuler avant septembre :

  • Rattachement fiscal ou déclaration autonome des enfants : quel scénario réduit l'impôt du foyer ?
  • Financement par épargne existante, prêt étudiant garanti par l'État, ou prêt personnel ?
  • Quel impact sur la capacité d'emprunt immobilier des parents si un projet de crédit est en cours ou prévu ?
  • Comment positionner les demandes CAF pour maximiser les APL des deux étudiants ?

Les inscriptions dans les filières sélectives ont fortement progressé lors de la session Parcoursup 2026 : les familles dont les enfants ont visé ces voies ont plus que jamais intérêt à anticiper l'impact financier de ces orientations coûteuses.

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