Depuis la mort de l'ayatollah Ali Khamenei le 28 février 2026 et la prise de pouvoir de son fils Mojtaba Khamenei comme nouveau Guide suprême, l'Iran traverse une période de turbulences politiques et militaires inédites. En avril 2026, un fragile cessez-le-feu a été conclu entre l'Iran et les États-Unis — mais pour les dizaines de milliers de ressortissants iraniens vivant au Canada, l'incertitude reste entière. Quels sont leurs droits ? Que risquent-ils ? Quand faut-il consulter un avocat ?
La succession au pouvoir en Iran : ce qui a changé
Ali Khamenei est décédé le 28 février 2026 après 35 ans à la tête de la République islamique. Son fils Mojtaba a été désigné Guide suprême lors d'une transition précipitée, dans un contexte de conflit armé avec les États-Unis et Israël.
Le 8 et 9 avril 2026, Mojtaba Khamenei a publié un message inédit : « Nous ne cherchons pas la guerre et nous ne la voulons pas. Nous cherchons une compensation, pas un conflit. » Ce signal diplomatique a conduit à un accord de cessez-le-feu provisoire de deux semaines avec Washington. Des rapports de renseignement, rapportés par le Kyiv Post le 7 avril, indiquent toutefois que le nouveau Guide suprême serait dans un état de santé préoccupant, sans apparition publique depuis sa nomination.
Cette instabilité politique crée une incertitude directe pour les Canadiens d'origine iranienne : familles divisées entre les deux pays, biens immobiliers en Iran, double nationalité, et risque de révocation de documents officiels iraniens.
La communauté iranienne au Canada : un contexte particulier
Le Canada accueille l'une des plus grandes diasporas iraniennes hors du Moyen-Orient, estimée à plus de 250 000 personnes selon le recensement de 2021. Les villes de Toronto, Vancouver et Montréal abritent des communautés significatives.
De nombreux Canadiens d'origine iranienne maintiennent des liens légaux avec l'Iran : propriété immobilière, héritage familial, retraite, documents d'état civil. D'autres ont de la famille proche toujours sur place. Le contexte de conflit armé entre 2025 et 2026 a compliqué ces situations de multiples façons.
Selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), les ressortissants étrangers en situation régulière au Canada bénéficient de protections légales et de droits garantis par la Charte canadienne des droits et libertés — indépendamment de la situation politique dans leur pays d'origine.
Principaux enjeux juridiques pour les ressortissants iraniens au Canada
Double nationalité et documents : L'Iran ne reconnaît pas officiellement la double nationalité. Un ressortissant iranien naturalisé canadien reste, aux yeux du gouvernement iranien, un citoyen iranien. Cela peut poser problème en cas de voyage en Iran ou de passage par un pays allié de l'Iran. Depuis le conflit, les avocats spécialisés en droit de l'immigration recommandent de ne pas entreprendre de voyages vers l'Iran ou la région.
Transferts financiers et biens en Iran : Les sanctions internationales contre l'Iran, renforcées depuis le début du conflit, compliquent les transferts d'argent vers les familles restées sur place. Les ressortissants iraniens qui ont des biens en Iran (terrains, appartements, héritages en cours) font face à une situation complexe sur le plan légal. Un avocat spécialisé en droit international privé peut aider à structurer ces démarches.
Demandes d'asile et statut de protection : Pour les ressortissants iraniens qui ne sont pas encore permanents au Canada, ou dont le statut est temporaire, la situation géopolitique peut renforcer le dossier de demande d'asile. La persécution politique, militaire ou religieuse en Iran est un motif reconnu par la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR).
Regroupement familial : Les procédures de parrainage de membres de la famille restés en Iran peuvent être ralenties ou compliquées par la fermeture de certaines ambassades ou la suspension de services consulaires iraniens. Certaines dates d'entrevue ont été reportées. Il est crucial de vérifier l'état de son dossier directement auprès d'IRCC.
Quand consulter un avocat en droit de l'immigration ou international ?
Les situations suivantes justifient une consultation juridique urgente :
- Vous avez reçu une communication officielle du gouvernement iranien concernant votre statut, votre service militaire ou vos biens
- Vous avez de la famille en Iran dans une situation de danger direct liée au conflit
- Votre demande de résidence permanente ou d'asile est en cours et vous vous interrogez sur l'impact du conflit sur votre dossier
- Vous héritez de biens en Iran et souhaitez comprendre vos options légales au Canada
- Vous craignez que votre passeport iranien soit révoqué ou invalidé
Les avocats spécialisés en droit des étrangers disponibles sur Expert Zoom peuvent vous offrir une consultation rapide en français et en anglais pour évaluer votre situation spécifique.
Ce que le gouvernement canadien recommande
Le gouvernement du Canada a publié des recommandations officielles de ne pas voyager en Iran depuis le début du conflit armé en 2025, classifiant le pays au niveau 4 (éviter tout voyage). Les Canadiens séjournant en Iran sont invités à se manifester auprès de l'ambassade canadienne la plus proche — le Canada n'ayant plus d'ambassade directe à Téhéran depuis 2012, l'Italie représente les intérêts canadiens en Iran.
La situation diplomatique reste volatile. Même avec le cessez-le-feu d'avril 2026, les spécialistes en droit international recommandent la prudence. Si vous êtes dans une situation légale complexe liée à vos liens avec l'Iran, ne tardez pas à prendre conseil.
Avertissement : Cet article est rédigé à titre informatif uniquement et ne remplace pas un avis juridique personnalisé. Consultez un avocat qualifié pour toute situation spécifique.

Gabrielle Roy