Depuis le 11 avril 2025, les snowbirds canadiens qui séjournent aux États-Unis font face à une série d'obligations légales que beaucoup ignorent encore. En 2026, le non-respect de ces règles peut coûter jusqu'à 5 000 $ d'amende — voire entraîner une peine d'emprisonnement. Voici ce que vous devez savoir avant votre prochain séjour au soleil.
Le formulaire G-325R : l'inscription obligatoire que 70 % des snowbirds oublient
Depuis le 11 avril 2025, une règle fondamentale a changé pour les Canadiens qui traversent la frontière terrestre vers les États-Unis. Si vous entrez aux États-Unis par voie terrestre et que vous n'avez pas reçu de formulaire I-94, vous êtes désormais tenu de vous inscrire auprès de l'USCIS (U.S. Citizenship and Immigration Services) en utilisant le formulaire G-325R, dans les 30 jours suivant votre arrivée.
La distinction est importante : les Canadiens qui voyagent par avion reçoivent généralement un I-94 automatiquement et sont déjà considérés comme inscrits. En revanche, la grande majorité des snowbirds qui empruntent la route — avec leur voiture, leur camping-car ou leur VR — ne reçoivent pas de I-94 et doivent donc effectuer cette démarche supplémentaire.
Les sanctions prévues par la loi américaine sont sévères :
- Défaut d'inscription : amende pouvant atteindre 5 000 $ USD et/ou jusqu'à 6 mois d'emprisonnement
- Défaut de transport de la preuve d'inscription : amende pouvant atteindre 5 000 $ USD et/ou jusqu'à 30 jours d'emprisonnement
De plus, depuis le 27 octobre 2025, le CBP (U.S. Customs and Border Protection) exige la collecte de données biométriques — photos et empreintes digitales — de tous les ressortissants étrangers à l'entrée et à la sortie du territoire américain. Cette règle s'applique à tous les Canadiens, sans exception.
Un avocat spécialisé en droit de l'immigration peut vous accompagner dans ce processus d'inscription et vérifier que vous respectez toutes vos obligations dès votre premier jour aux États-Unis.
Le piège fiscal des 182 jours : protégez-vous avec le formulaire 8840
Beaucoup de snowbirds canadiens savent qu'ils ne doivent pas dépasser 182 jours par année aux États-Unis. Mais peu connaissent les subtilités du test de présence substantielle de l'IRS, qui peut vous qualifier de résident fiscal américain même si vous passez moins de six mois par an aux États-Unis.
Le calcul de l'IRS fonctionne sur une base glissante de trois ans :
- 100 % des jours de l'année en cours
- 33 % des jours de l'année précédente
- 16 % des jours de l'année avant ça
Si la somme dépasse 183 jours, vous devenez potentiellement assujetti à l'impôt américain sur votre revenu mondial — y compris vos pensions, vos REER, vos placements canadiens.
La bonne nouvelle : il existe une protection. Le formulaire 8840 (Closer Connection Exception Statement) permet aux snowbirds canadiens de démontrer qu'ils maintiennent des liens plus étroits avec le Canada qu'avec les États-Unis — domicile principal, compte bancaire, permis de conduire, famille, immatriculation de véhicule. En le produisant chaque année auprès de l'IRS, vous restez traité comme non-résident américain aux fins fiscales.
En 2026, Scotia Gestion de Patrimoine a publié un guide fiscal complet sur ce sujet, rappelant que le formulaire 8840 doit être produit chaque année, avant le 15 juin. Un conseiller en gestion de patrimoine ou un comptable spécialisé en fiscalité transfrontalière peut s'assurer que vous ne laissez pas l'IRS vous imposer par défaut.
Notons également qu'une proposition législative américaine vise à obliger les snowbirds qui séjournent 240 jours ou plus à payer des impôts américains. Elle n'est pas encore adoptée, mais elle illustre la pression croissante sur les Canadiens qui vivent une partie de l'année aux États-Unis.
L'assurance santé : le risque financier le plus sous-estimé
Un séjour de trois jours en soins intensifs dans un hôpital de Floride peut coûter entre 150 000 $ et 350 000 $ USD. Sans assurance médicale adéquate, cela peut anéantir des années d'épargne-retraite.
Ce que beaucoup de snowbirds ignorent :
- La couverture provinciale ne suffit pas : en Ontario, le RAMO (OHIP) couvre jusqu'à 7 mois hors province, mais avec des remboursements plafonnés à quelques centaines de dollars par jour d'hospitalisation aux États-Unis — une fraction du coût réel
- Les conditions préexistantes : toute condition médicale non déclarée à votre assureur peut invalider votre police en cas de réclamation
- Les primes 2026 ont augmenté : le resserrement du marché américain de l'assurance et la dépréciation du dollar canadien ont fait grimper les primes de voyage pour les snowbirds 60 ans et plus
Les experts recommandent une couverture minimale de 100 000 $ en prestations médicales, et de 500 000 $ pour les retraités de 60 ans et plus avec des antécédents médicaux. Un conseiller en gestion de patrimoine ou un courtier d'assurance spécialisé en voyage peut analyser votre situation et comparer les meilleures options disponibles sur le marché canadien.
Consultez les conseils aux voyageurs du gouvernement du Canada sur travel.gc.ca avant chaque départ pour vérifier les avis les plus récents sur votre destination.
Pourquoi 2026 marque un tournant pour les snowbirds canadiens
L'hiver 2025-2026 a été historique : selon l'Association canadienne des snowbirds, 27 % de moins de membres ont planifié de passer l'hiver aux États-Unis par rapport aux niveaux d'avant la pandémie. Quinze pour cent des snowbirds affirment qu'ils n'y retourneront plus du tout. Les destinations alternatives — Mexique, Portugal, Costa Rica — ont enregistré une hausse des réservations de 35 %.
Ce recul est alimenté par plusieurs facteurs : les tensions commerciales liées aux tarifs douaniers, la faiblesse du dollar canadien, les nouvelles règles d'entrée et les préoccupations relatives aux droits civils. Mais pour ceux qui choisissent encore de partir vers le sud, la rigueur administrative n'a jamais été aussi importante.
Selon les informations publiées par Affaires mondiales Canada en mai 2026, les perturbations mondiales des voyages s'intensifient et les procédures aux frontières deviennent plus strictes. Autrement dit, les snowbirds qui partent mal préparés en 2026 courent un risque nettement plus élevé qu'il y a cinq ans.
Ce que vous devriez faire avant votre prochain départ
Voici les étapes concrètes que les experts recommandent pour sécuriser votre prochain séjour aux États-Unis :
- Vérifiez si vous êtes obligé de remplir le G-325R : si vous passez la frontière par voie terrestre, la réponse est probablement oui
- Consultez un avocat en immigration pour vous assurer que votre inscription est conforme et que vous portez toujours votre preuve d'inscription
- Mandatez un comptable transfrontalier pour calculer votre présence aux États-Unis sur trois ans et produire le formulaire 8840 chaque année
- Revoyez votre couverture d'assurance voyage avec un conseiller spécialisé, surtout si vous avez des conditions préexistantes ou si vos primes n'ont pas été actualisées depuis 2023
- Consultez un conseiller en gestion de patrimoine si vous possédez des biens immobiliers aux États-Unis — les règles fiscales sur la vente de biens américains par des non-résidents sont complexes
Sur Expert Zoom, des avocats, des conseillers en patrimoine et des experts en fiscalité transfrontalière sont disponibles pour répondre à vos questions spécifiques, en ligne et en français. Prendre 30 minutes avec le bon expert peut vous éviter des amendes de milliers de dollars — ou pire, une mauvaise surprise à la frontière.
Les snowbirds qui se préparent bien continueront de profiter du soleil en toute sérénité. Ceux qui ignorent ces nouvelles obligations risquent de payer le prix fort.

Amélie Roy