Des millions d'Américains réclament la citoyenneté canadienne depuis l'entrée en vigueur de la Loi C-3 en décembre 2025. Selon CNN (30 mars 2026), des milliers de personnes aux États-Unis rassemblent déjà leurs documents — et le nombre de demandes pourrait atteindre entre 80 000 et 120 000 d'ici la fin 2026. Pour les Canadiens d'origine ou ceux qui pensaient avoir perdu leur statut, cette réforme soulève des questions complexes qu'un avocat spécialisé en immigration peut vous aider à démêler.
Qu'est-ce que la loi C-3 change concrètement ?
Avant la Loi C-3, la citoyenneté canadienne par filiation était limitée à la première génération née à l'étranger. Cette restriction, jugée inconstitutionnelle par la Cour supérieure de justice de l'Ontario en décembre 2023, a été officiellement abrogée le 15 décembre 2025.
Désormais, toute personne née avant le 15 décembre 2025 et pouvant retracer une ascendance canadienne directe — qu'il s'agisse d'un parent, d'un grand-parent ou même d'un arrière-grand-parent naturalisé canadien après le 1er janvier 1947 — est potentiellement éligible à la citoyenneté canadienne par filiation.
Pour les personnes nées après le 15 décembre 2025, la règle est différente : le parent canadien doit prouver avoir résidé au Canada pendant au minimum 1 095 jours (environ trois ans) avant la naissance de l'enfant.
Cette réforme est d'autant plus notable que les États-Unis et le Canada reconnaissent tous deux la double nationalité. Obtenir la citoyenneté canadienne ne remet donc pas en cause la citoyenneté américaine.
Pourquoi autant d'Américains se précipitent-ils ?
Le contexte politique joue un rôle déterminant. La montée des tensions commerciales entre Ottawa et Washington en 2025-2026, combinée à une perception d'instabilité institutionnelle aux États-Unis, pousse un nombre croissant d'Américains à diversifier leur appartenance nationale. Comme le rapporte CNN, beaucoup font les démarches « juste au cas où » — comme une assurance identitaire.
Par ailleurs, le Canada taxe selon la résidence et non la nationalité. Contrairement aux États-Unis, qui imposent leurs citoyens sur leurs revenus mondiaux même s'ils vivent à l'étranger, détenir un passeport canadien sans résider au Canada n'entraîne aucune obligation fiscale canadienne. Cette asymétrie fiscale rend la démarche particulièrement attractive.
La procédure de demande : ce qu'il faut prévoir
Selon les données publiées sur Canada.ca — citoyenneté canadienne, la procédure de demande de citoyenneté par filiation implique plusieurs étapes :
- Réunir les documents probatoires : actes de naissance, certificats de mariage ou documents de naturalisation du parent ou grand-parent canadien.
- Demander un titre de voyage d'urgence ou un certificat de citoyenneté selon la situation.
- Soumettre la demande à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) avec les frais applicables.
- Tests de citoyenneté : depuis le 9 mars 2026, les tests se font désormais en ligne par défaut pour les candidats âgés de 18 à 54 ans.
Les délais de traitement sont cependant considérables. Compte tenu du volume anticipé de demandes, les analystes prévoient des délais de 11 à 16 mois pour les nouvelles demandes soumises en 2026.
Les pièges fréquents que les demandeurs ignorent
La complexité de la Loi C-3 réside dans ses nuances et ses conditions d'éligibilité croisées. Plusieurs situations fréquentes génèrent des refus ou des délais supplémentaires :
Documents incomplets ou introuvables. Beaucoup de familles ne conservent pas de traces des naturalisations de leurs aïeux. Des démarches auprès des archives provinciales, des registres d'état civil ou de Bibliothèque et Archives Canada sont souvent nécessaires — et parfois longues.
Confusion entre les générations. La Loi C-3 comporte des dispositions différentes selon la date de naissance du demandeur et celle de son ascendant. Une lecture superficielle de la loi peut mener à de fausses conclusions sur l'admissibilité.
Statut de citoyen « perdu ». Certaines personnes ont perdu leur citoyenneté canadienne par des dispositions abrogées avant 1977 — notamment les femmes ayant épousé un non-Canadien. Des recours existent, mais ils nécessitent une argumentation juridique précise.
Double imposition potentielle pour certains profils. Si le demandeur possède des actifs canadiens ou prévoit de s'établir au Canada, la question de la résidence fiscale doit être examinée au préalable.
L'avocat en immigration : votre allié pour naviguer la Loi C-3
Ces démarches ne sont pas impossibles à faire seul, mais elles comportent des risques réels de refus si la documentation est incomplète ou si l'admissibilité est mal évaluée. Rappelons que le mois d'avril 2026 a déjà apporté 8 changements majeurs au système d'immigration canadien — autant de paramètres supplémentaires à intégrer dans votre dossier. Un avocat spécialisé en droit de l'immigration canadienne peut :
- Analyser votre arbre généalogique pour confirmer l'éligibilité selon les conditions précises de la Loi C-3.
- Guider la collecte de documents probatoires et contacter les archives compétentes.
- Représenter votre dossier en cas de refus ou de demande de renseignements supplémentaires de la part d'IRCC.
- Coordonner la démarche avec un conseiller fiscal si vous avez des intérêts financiers des deux côtés de la frontière.
Selon les données publiées par des cabinets spécialisés en immigration, les dossiers accompagnés par un professionnel juridique ont deux fois moins de chances d'être refusés ou mis en suspens.
Vous pensez être éligible à la citoyenneté canadienne par filiation ? Il vaut mieux le vérifier avec un expert qu'attendre d'avoir réuni tous vos documents pour découvrir un obstacle. Un avocat en droit de l'immigration peut vous donner une évaluation claire de votre situation en une seule consultation.
Les demandes ne feront qu'augmenter en 2026 — et les délais de traitement avec elles. Plus tôt vous agissez, meilleures sont vos chances d'avancer rapidement.
Note : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Pour toute démarche relative à la citoyenneté ou à l'immigration, consultez un avocat ou un consultant en immigration autorisé.
