Menaces à la bombe dans 11 écoles de Toronto : que dit la loi et quels sont vos droits ?

École primaire de Toronto, cible de menaces à la bombe le 5 mai 2026, évacuations et recours juridiques

Photo : Chicken4War / Wikimedia

5 min de lecture 5 mai 2026

Menaces à la bombe dans 11 écoles de Toronto : deux évacuations, zéro arrestation — que dit la loi ?

Ce mardi 5 mai 2026, onze écoles de Toronto ont reçu des menaces à la bombe transmises par message téléphonique. La police de Toronto croit que l'ensemble des appels provient d'un même individu. Deux établissements ont été évacués : la Bruce Jr. Public School dans le quartier Leslieville et le St. Augustine's Seminary à Scarborough. Après fouille complète, aucun engin explosif n'a été découvert et les occupants ont pu regagner leurs locaux.

Selon la police de Toronto, il n'existe « aucune preuve suggérant que ces menaces étaient crédibles ». Ce n'est pas une première : un incident presque identique avait eu lieu fin mars 2026, lorsque le même suspect présumé avait ciblé 11 autres écoles via des messages vocaux. La répétition du schéma soulève une question juridique importante : quelles sont les conséquences légales de telles menaces au Canada, et que peuvent faire les parents et les établissements scolaires ?

Ce que dit le Code criminel sur les fausses menaces

Contrairement à ce que certains pourraient croire, une menace à la bombe qui s'avère fausse n'est pas un simple délit mineur. Le Code criminel canadien prévoit plusieurs infractions applicables :

Article 264.1 — Proférer des menaces : Quiconque profère sciemment des menaces de causer la mort ou des lésions corporelles, ou de détruire ou endommager des biens, est coupable d'un acte criminel passible d'un emprisonnement maximal de 5 ans.

Article 372(2) — Appels téléphoniques indécents ou harcelants : Adresser des messages dérangeants ou répétés par téléphone est une infraction mixte, avec des peines pouvant aller jusqu'à 2 ans.

Article 430 — Méfait : Si les menaces entraînent des dommages matériels ou économiques quantifiables (comme les coûts d'évacuation, la perte de journées scolaires, les frais policiers), l'auteur peut être tenu responsable de méfait, passible jusqu'à 10 ans d'emprisonnement selon la valeur des dommages.

Facteurs aggravants : Lorsque les menaces ciblent des lieux accueillant des enfants ou des personnes vulnérables, ou lorsqu'il s'agit d'un récidiviste (comme semble l'indiquer le schéma mars/mai 2026), les tribunaux tendent à imposer des peines plus sévères.

Droits et obligations des parents lors d'une évacuation scolaire

Face à une menace à la bombe visant l'école de votre enfant, vous avez des droits — et les établissements ont des obligations légales strictes.

Droit à l'information : Les parents ont le droit d'être informés d'une évacuation d'urgence dans les meilleurs délais. La plupart des commissions scolaires en Ontario disposent de protocoles de communication par SMS ou application mobile. L'absence de communication peut constituer un manquement aux obligations de l'établissement.

Droit au retrait de l'enfant : Un parent peut retirer son enfant de l'école en cas de menace perçue, même si les autorités concluent à l'absence de danger. Ce retrait ne peut pas être sanctionné académiquement.

Obligation de diligence (duty of care) : Les administrations scolaires ont une obligation légale de prendre des mesures raisonnables pour assurer la sécurité des élèves. En Ontario, cette obligation est encadrée par la Loi sur l'éducation et les politiques du ministère de l'Éducation. Un manquement à cette obligation peut engager la responsabilité civile de l'établissement.

Si un enfant a subi un choc émotionnel important suite à une évacuation mal gérée, ou si l'établissement n'a pas respecté son protocole d'urgence, un avocat peut évaluer si une action en responsabilité civile est envisageable.

Peut-on poursuivre l'auteur des menaces ?

Oui, les victimes — y compris les institutions scolaires — peuvent, en parallèle de la procédure criminelle, engager une action civile contre l'auteur identifié des menaces. Cette action peut viser à obtenir un dédommagement pour :

  • Les coûts d'évacuation et de sécurité engagés
  • Les préjudices psychologiques documentés chez des élèves ou des membres du personnel
  • Les pertes économiques pour les familles ayant dû s'absenter du travail pour récupérer leurs enfants

Selon Justice Canada, les victimes d'actes criminels peuvent également soumettre une déclaration de la victime lors de la détermination de la peine — un outil puissant pour faire entendre les répercussions réelles de l'infraction sur la communauté scolaire.

Que faire si votre enfant était présent lors de l'évacuation ?

Voici les étapes recommandées dans les jours suivant l'incident :

  1. Signes de détresse à surveiller : anxiété de séparation, refus d'aller à l'école, cauchemars, changements de comportement — ces réponses sont normales à court terme mais doivent être adressées si elles persistent plus de deux semaines
  2. Consulter un médecin ou un psychologue si les symptômes sont intenses ou prolongés — certains enfants peuvent développer un trouble de stress post-traumatique même après un incident résolu sans blessure physique
  3. Documenter : conservez tous les messages reçus de l'école, les absences engendrées, et toute consultation médicale ou psychologique liée à l'événement
  4. Contacter un avocat si vous estimez que l'établissement n'a pas respecté ses obligations ou si votre famille a subi un préjudice économique ou psychologique documentable

Sur Expert Zoom, vous pouvez trouver d'autres informations sur les recours juridiques liés aux menaces et actes criminels au Canada.

Quand une menace à la bombe devient-elle de l'intimidation criminelle ?

Si les menaces sont répétées et visent un individu ou une institution spécifique, elles peuvent être requalifiées en intimidation criminelle au sens de l'article 423 du Code criminel, passible de 5 à 14 ans d'emprisonnement selon les circonstances. Cette disposition s'applique lorsque l'auteur cherche à contraindre la victime à faire ou omettre de faire quelque chose sous la menace de violence ou de blessure.

Dans le contexte du 5 mai 2026, le fait que l'auteur présumé ait ciblé plusieurs établissements à deux reprises en quelques semaines pourrait influencer la qualification de l'infraction retenue par le ministère public.

Expert Zoom met à votre disposition des avocats en droit criminel et des spécialistes du droit scolaire pour vous aider à comprendre vos droits et vos recours dans ce type de situation.

Note : Cet article est fourni à titre informatif. Pour tout avis juridique personnalisé, consultez un avocat qualifié.

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