Catherine Brisson quitte le 98.5 FM : vos droits quand vous démissionnez après 10 ans

Journaliste radio dans un studio de diffusion à Montréal devant un microphone professionnel
5 min de lecture 12 juin 2026

Le 23 février 2026, Catherine Brisson a annoncé son départ du 98.5 FM après plus de 11 ans à titre de chroniqueuse culturelle à l'émission « Lagacé le matin ». Sa dernière journée à l'antenne est prévue le 19 juin 2026. Comme de nombreux travailleurs québécois, elle choisit de quitter un emploi stable pour explorer de nouveaux horizons. Mais quels sont exactement vos droits lorsque vous démissionnez — et ceux de votre employeur?

Catherine Brisson : 11 ans à la radio, une sortie en beauté

Après plus d'une décennie en tant que chroniqueuse culturelle au 98.5 FM, Catherine Brisson a choisi de partir la tête haute. Dans son annonce publiée en février 2026, elle a tenu à préciser l'absence de tout conflit : « Aucun désaccord, aucun mécontentement. J'aime mon employeur, mon animateur, mes collègues et mon métier. » Ce type de départ volontaire — sans brouille ni litige — est le scénario idéal. Mais même dans ce cas, des obligations légales s'appliquent des deux côtés de la relation d'emploi.

Cette décision résonnera pour des milliers de travailleurs québécois qui envisagent eux aussi de quitter un emploi de longue date. La démission est un droit fondamental — mais elle n'est pas sans conséquences juridiques et financières qu'il vaut mieux anticiper.

Démissionner au Canada : ce que dit la loi

En vertu du Code du travail du Québec et de la Loi sur les normes du travail, un salarié qui démissionne n'est pas tenu de motiver sa décision. Cependant, un préavis raisonnable est généralement attendu, surtout après plusieurs années de service. Pour un poste occupé depuis plus de 10 ans — comme celui de Catherine Brisson — un avis de départ de quatre à huit semaines est généralement considéré comme raisonnable, selon la nature du poste et le niveau de responsabilité.

Selon la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), un employé qui quitte sans préavis peut, dans certains cas, être tenu responsable des dommages causés à l'employeur. Il est donc crucial de bien documenter son départ.

À noter également :

  • Paie de vacances non utilisée : au Québec, l'employeur doit verser les vacances accumulées lors du départ, qu'il s'agisse d'une démission ou d'un congédiement.
  • Assurance-emploi : en cas de démission volontaire, l'accès aux prestations d'assurance-emploi est généralement refusé, sauf circonstances particulières reconnues par Service Canada (harcèlement, raison de santé, déménagement pour conjoint, etc.).
  • Clause de non-concurrence : si votre contrat en contient une, elle reste applicable après votre départ. Un avocat spécialisé en droit du travail peut vous aider à en évaluer la portée réelle.

Référence de travail, confidentialité et transition : droits et pièges à éviter

Beaucoup de salariés ignorent leurs droits concernant les références après un départ. Au Canada, aucune loi n'oblige un employeur à fournir une référence positive — mais il ne peut pas non plus divulguer des informations fausses ou diffamatoires. Si vous estimez que votre ancien employeur nuit à votre réputation professionnelle lors d'une vérification de références, vous pouvez avoir recours à une action civile pour diffamation.

Une autre zone grise fréquente : les documents appartenant à l'employeur. Même si vous avez utilisé votre ordinateur personnel, les documents créés dans le cadre de votre emploi appartiennent généralement à l'organisation. Supprimer des fichiers professionnels ou en conserver sans autorisation peut constituer une faute grave.

Enfin, si votre contrat prévoit une clause de confidentialité, celle-ci continue de s'appliquer après votre départ. Dans un milieu médiatique comme la radio, cela peut concerner des informations sur les auditeurs, des stratégies commerciales ou des personnalités publiques avec qui vous avez collaboré.

Comme le montre le cas de Céline Galipeau qui a quitté le Téléjournal, ces départs emblématiques mettent souvent en lumière les droits des travailleurs du milieu culturel face à des employeurs de grande envergure.

Assurance-emploi et démission : les exceptions qui pourraient s'appliquer

Contrairement à une idée reçue, démissionner ne signifie pas automatiquement renoncer à l'assurance-emploi. Service Canada reconnaît plusieurs « justifications valables » pour un départ volontaire :

  1. Harcèlement ou atmosphère de travail toxique, même difficile à prouver, lorsque documenté
  2. Raisons médicales, sur recommandation écrite d'un médecin
  3. Déménagement pour suivre un conjoint qui a obtenu un emploi dans une autre région
  4. Retour aux études à temps plein dans certaines conditions précises
  5. Passage imposé du temps plein au temps partiel par l'employeur

Dans ces cas, Service Canada peut accorder des prestations malgré la démission. La clé : documenter soigneusement les raisons de votre départ et, si possible, les faire reconnaître formellement par votre employeur avant de quitter.

Accord de séparation : ne signez pas sans conseils

Dans de nombreuses entreprises médiatiques, lorsqu'un employé décide de quitter après une longue période, l'employeur peut proposer un accord de séparation — parfois assorti d'une indemnité de départ volontaire ou d'une clause de non-divulgation. Cet accord peut sembler attrayant, mais il comporte des risques :

  • Renonciation à des droits : en signant, vous renoncez souvent à tout recours futur contre l'employeur.
  • Clause de non-concurrence renforcée : certains accords ajoutent des restrictions supplémentaires à celles déjà prévues dans votre contrat initial.
  • Délai de réflexion : vous n'êtes jamais obligé de signer immédiatement. Prendre 48 à 72 heures pour consulter un avocat peut vous éviter des regrets.

Selon les normes établies par le gouvernement du Canada en matière de droit du travail, les travailleurs fédéraux bénéficient de protections spécifiques qui diffèrent des lois provinciales québécoises. Pour les employés sous réglementation provinciale, la CNESST reste l'autorité compétente.

Quand consulter un avocat en droit du travail ?

L'exemple de Catherine Brisson — une démission préparée, annoncée quatre mois à l'avance, sans conflit — est exemplaire. Mais toutes les situations ne se déroulent pas aussi sereinement. Plusieurs cas justifient de consulter un avocat ou un expert en droit du travail avant de remettre votre démission :

  • Votre contrat contient des clauses restrictives que vous n'avez jamais vraiment analysées
  • Votre employeur vous a proposé un accord de séparation que vous devez signer sous pression
  • Vous quittez en raison de comportements inappropriés et souhaitez vous protéger de représailles
  • Vous avez des actions ou des options d'achat liées à votre ancienneté et ignorez ce qu'elles deviennent

Un expert en droit du travail disponible sur ExpertZoom peut analyser votre contrat en détail, évaluer vos options et vous éviter des erreurs coûteuses — que vous partiez en héros comme Catherine Brisson, ou dans des circonstances plus complexes.

Nos experts

Avantages

Des réponses rapides et précises pour toutes vos questions et demandes d'assistance dans plus de 200 catégories.

Des milliers d'utilisateurs ont obtenu une satisfaction de 4,9 sur 5 pour les conseils et recommandations prodiguées par nos assistants.