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Sondage présidentielle 2027 : Bardella en tête, et vos impôts dans tout ça ?

Bernard Bernard LapierreOptimisation Fiscale
4 min de lecture 23 mars 2026

Un sondage Ifop-Fiducial publié ce 23 mars 2026 place Jordan Bardella (Rassemblement National) en tête du premier tour de la présidentielle 2027 avec 35 % des intentions de vote, loin devant ses concurrents. À un an du scrutin, le paysage politique se dessine — et avec lui, des scénarios fiscaux radicalement différents pour les épargnants et les ménages français.

Bardella en tête, Glucksmann devant Mélenchon

Le sondage du 23 mars 2026, publié par CNews, confirme une tendance durable : le RN domine dans toutes les configurations envisagées. À gauche, Raphaël Glucksmann (Place Publique/PS) progresse à 10-12 % et devance désormais Jean-Luc Mélenchon (LFI), crédité de 10-11 %. Bruno Retailleau (LR) reste autour de 10-12 %, avec un potentiel de montée à 17 % s'il devenait candidat unique de la droite modérée.

Marine Le Pen, frappée d'une interdiction d'exercer un mandat public depuis le 31 mars 2025, verra son sort tranché par la cour d'appel à l'été 2026. Sa présence ou son absence dans la course modifiera sensiblement les équilibres.

Ce que cela signifie pour votre patrimoine : les propositions fiscales en présence sont aux antipodes.

Scénario de gauche : vers une hausse massive des prélèvements

Jean-Luc Mélenchon propose la refonte totale du barème de l'impôt sur le revenu : 14 tranches au lieu de 5, avec un taux marginal fixé à 65 %. Pour les ménages dont les revenus dépassent les seuils supérieurs, la pression fiscale serait considérablement alourdie.

Côté patrimoine, la gauche prévoit généralement le rétablissement d'un impôt sur la fortune (ISF), supprimé en 2018 au profit de l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière). Selon les analyses de la Fondation iFRAP, un programme de gauche comme celui d'Anne Hidalgo lors de la présidentielle de 2022 représentait une hausse des prélèvements de 64,2 milliards d'euros, incluant la suppression de niches fiscales pour 25 milliards.

Si ce type de programme était adopté en 2027, les détenteurs d'actifs financiers, d'assurances-vie, de sociétés civiles immobilières ou de portefeuilles boursiers auraient tout intérêt à anticiper les ajustements nécessaires.

Scénario de droite : allègements ciblés et successions favorisées

Marine Le Pen et le RN proposent une orientation inverse : exonération totale d'impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans (-2,8 milliards d'euros), pleine part fiscale dès le premier enfant (-2,2 milliards), et surtout une réforme de la fiscalité successorale.

Sur les successions, le RN envisage d'exonérer les transmissions de biens immobiliers jusqu'à 300 000 euros, contre 100 000 euros d'abattement actuellement en ligne directe. Pour une famille possédant un appartement d'une valeur de 250 000 euros, cela représenterait une économie potentielle de dizaines de milliers d'euros.

Valérie Pécresse (LR) avait proposé en 2022 de relever l'abattement par enfant à 200 000 euros, une position qui reste dans le débat public à droite.

Ce que les conseillers patrimoniaux recommandent dès maintenant

À un an du scrutin, la tentation peut être forte d'attendre pour savoir quel régime fiscal s'appliquera. C'est souvent une erreur. Les conseillers en gestion de patrimoine recommandent au contraire d'agir avant l'élection, car plusieurs stratégies ne peuvent plus être mises en place une fois la loi modifiée.

Trois pistes concrètes méritent d'être explorées :

Optimisation successorale anticipée. Les donations entre vifs permettent de transmettre dès maintenant en profitant des abattements actuels. Chaque parent peut donner jusqu'à 100 000 euros par enfant tous les quinze ans, hors impôt. Ces fenêtres de transmission peuvent être utilisées avant un éventuel durcissement fiscal.

Assurance-vie : une fiscalité de choix à préserver. L'assurance-vie bénéficie aujourd'hui d'un régime successoral avantageux (152 500 euros hors succession par bénéficiaire). Sa préservation n'est pas garantie sous tous les programmes. Plafonner les versements ou diversifier les contrats peut être judicieux.

Arbitrage entre actifs mobiliers et immobiliers. Selon le scénario politique qui se profile, la pression peut se concentrer sur les actifs financiers (ISF financier à gauche) ou sur l'immobilier (IFI à droite sous forme élargie). Un rééquilibrage de portefeuille peut anticiper ces évolutions.

Un risque politique à ne pas sous-estimer

L'été 2026 apportera une première clarification majeure avec la décision de la cour d'appel sur l'éligibilité de Marine Le Pen. D'ici là, les sondages continueront d'évoluer. Ce qui est certain, c'est que l'écart fiscal entre les différents programmes — de -5 milliards à +64 milliards de prélèvements selon la Fondation iFRAP — représente l'un des plus grands écarts jamais mesurés dans une campagne présidentielle française.

Pour les particuliers disposant d'un patrimoine significatif — immobilier, épargne financière, entreprise familiale — l'incertitude politique de 2026-2027 est un argument de plus pour consulter un conseiller en gestion de patrimoine ou un expert fiscal dès maintenant, bien avant que les dés soient jetés. Expert Zoom met en relation avec des conseillers patrimoniaux disponibles en ligne.

Ce contenu est fourni à titre informatif général. Il ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique. Consultez un professionnel qualifié pour votre situation personnelle.

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