Femme en consultation gynécologique dans un cabinet médical moderne

Le spectacle «Sexe» de Bérengère Krief et la santé sexuelle : ce que votre gynécologue peut vraiment faire pour vous

Moïse Moïse KanouteGynécologie
4 min de lecture 21 mars 2026

Bérengère Krief cartonne avec son spectacle "Sexe" — et si c'était le bon moment pour parler franchement de santé sexuelle à votre médecin ?

La comédienne française Bérengère Krief remplit les salles partout en France en mars 2026 avec son one-woman-show intitulé Sexe. Devant des milliers de spectateurs, elle interroge ce que la société appelle la "sex-recession" : ce recul du désir, de la libido, du plaisir. Mais au-delà du rire, sa démarche soulève une vraie question médicale que beaucoup de femmes se posent sans jamais oser en parler.

Une "sex-recession" réelle, et pas que dans les blagues

Le phénomène n'est pas qu'une formule comique. Selon une étude publiée en 2024 par l'Institut national d'études démographiques (INED), la fréquence des rapports sexuels dans les couples français a reculé de 15 % en dix ans. Le Dr Élisabeth Paganelli, gynécologue et auteure spécialisée en santé sexuelle féminine, explique que cette tendance s'explique par plusieurs facteurs : "Le stress chronique, les perturbations hormonales liées à l'âge, la ménopause précoce, mais aussi les troubles anxieux non traités sont les premières causes de baisse de libido chez les femmes de 35 à 55 ans."

Bérengère Krief, 41 ans, joue ce spectacle dans toute la France — à Angers le 21 mars 2026, à Aubervilliers le 11 avril 2026, à l'Olympia les 1er, 2 et 3 octobre 2026. Sa force : faire rire d'un sujet que beaucoup portent en silence.

Libido en berne : ce que votre corps essaie de vous dire

La baisse de désir sexuel chez la femme est souvent multifactorielle. Elle peut signaler :

  • Un déséquilibre hormonal : taux d'œstrogènes ou de testostérone (oui, les femmes en ont aussi) trop bas, souvent associé à la péri-ménopause dès 40 ans
  • Un trouble thyroïdien : l'hypothyroïdie, fréquemment sous-diagnostiquée, provoque fatigue et chute du désir
  • Un syndrome dépressif débutant : la libido est souvent le premier indicateur d'un état dépressif léger
  • Des effets secondaires médicamenteux : certains antidépresseurs (inhibiteurs de recapture de la sérotonine), contraceptifs oraux ou médicaments antihypertenseurs peuvent diminuer significativement la libido

Une étude de la Harvard Medical School (2023) estime que 43 % des femmes souffrent à un moment de leur vie d'un trouble sexuel — et que moins d'une sur cinq en parle spontanément à son médecin.

La consultation médicale, ce rendez-vous qu'on ne prend pas

Le blocage est culturel. Parler de sexualité à son généraliste ou à sa gynécologue reste difficile pour beaucoup. Pourtant, les solutions existent et sont efficaces quand elles sont bien posées.

Un bilan complet comprend typiquement : dosage hormonal (FSH, LH, œstradiol, testostérone libre), bilan thyroïdien (TSH), et une évaluation psychologique rapide. À partir de ce bilan, plusieurs pistes peuvent s'ouvrir :

  • Traitement hormonal de ménopause (THM) : bien encadré, il reste une option sérieuse pour les femmes en péri-ménopause avec baisse de libido sévère
  • Lubrifiant à base d'œstrogènes locaux : en cas de sécheresse vaginale, très efficace
  • Accompagnement en sexologie ou thérapie de couple : souvent la piste la plus efficace quand la cause est relationnelle ou psychologique
  • Ajustement de traitement médicamenteux : changer d'antidépresseur ou de contraceptif peut suffire à relancer le désir

Avertissement YMYL : les informations médicales contenues dans cet article sont données à titre informatif. Consultez un médecin ou un gynécologue pour tout diagnostic ou traitement personnalisé.

Ce que Bérengère Krief fait que votre médecin ne peut pas : briser le tabou

La force du spectacle Sexe, c'est précisément ce que le Dr Paganelli souligne : "Les femmes viennent parfois me voir en disant 'j'ai vu une pièce de théâtre qui m'a donné le courage de vous poser la question'." L'humour fonctionne comme une soupape. Il normalise le sujet.

Mais la normalisation culturelle ne remplace pas la consultation médicale. Selon les données du Baromètre Santé Sexuelle de Santé Publique France (2023), 62 % des femmes ayant une baisse de libido depuis plus de six mois n'ont pas encore consulté un professionnel de santé.

Concrètement, que faire si vous vous reconnaissez dans ce tableau ?

Première étape : en parler à votre médecin généraliste ou directement à votre gynécologue. Pas besoin de formuler élégamment la question — il suffit de dire "j'ai perdu le désir et ça me préoccupe". C'est une plainte médicale légitime.

Deuxième étape : ne pas confondre vitesse et précipitation. Un bilan hormonal peut prendre quelques semaines avant d'obtenir des résultats complets. Certaines solutions (comme l'ajustement d'un traitement) sont immédiatement actionnables, d'autres (comme une thérapie) demandent quelques mois.

Troisième étape : se rappeler que la santé sexuelle fait partie intégrante de la santé globale. L'Organisation mondiale de la santé définit la santé sexuelle comme "un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social en relation avec la sexualité" — et non simplement l'absence de maladie.

Bérengère Krief fait rire les foules sur la "sex-recession". Mais derrière les éclats de rire, c'est votre corps qui vous parle. Un expert peut vous aider à l'écouter.

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