Tiff Macklem maintient le taux directeur de la Banque du Canada à 2,25 % depuis octobre 2025, et la prochaine décision est attendue le 29 avril 2026. Avec une inflation retombée à 1,8 % en février et un taux de chômage grimpé à 6,7 %, les Canadiens se retrouvent dans une fenêtre d'incertitude économique sans précédent depuis la pandémie — et beaucoup ne savent pas comment en profiter.
Le point sur la situation : taux stable, incertitude maximale
La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % lors de sa décision du 18 mars 2026, selon le communiqué officiel publié sur le site de la Banque du Canada. Le taux bancaire s'établit à 2,5 % et le taux de dépôt à 2,20 %.
Tiff Macklem a participé le 17 avril 2026 à une table ronde avec des journalistes lors des réunions du FMI à Washington, où il a réitéré ses mises en garde contre l'incertitude économique mondiale liée aux politiques commerciales américaines. Selon lui, le Canada fait face à trois chocs simultanés : le protectionnisme américain, la perturbation par l'intelligence artificielle, et le ralentissement démographique avec une croissance presque nulle de la population active prévue pour les prochaines années.
Les marchés obligataires estiment à environ 92 % la probabilité que le taux reste inchangé lors de la prochaine annonce du 29 avril 2026.
Pourquoi ce statu quo vous coûte de l'argent (ou vous en fait économiser)
Un taux directeur stable n'est pas neutre pour votre portefeuille. Voici les trois catégories de Canadiens pour qui la décision du 29 avril 2026 aura un impact direct :
Les détenteurs d'hypothèques à taux variable : Avec un taux directeur à 2,25 %, les taux préférentiels des grandes banques canadiennes se situent autour de 4,45 %. Si vous avez une hypothèque variable ou une ligne de crédit hypothécaire (HELOC), votre mensualité dépend directement de ce taux. Un conseiller en gestion de patrimoine peut vous aider à arbitrer entre le maintien de votre taux variable et le passage à un taux fixe avant une éventuelle hausse.
Les épargnants en quête de rendement : Avec une inflation à 1,8 % et des taux de dépôt autour de 2,20 %, votre épargne dans un compte traditionnel perd du terrain en termes réels si le rendement net est inférieur à l'inflation. Des instruments comme les CPG (certificats de placement garantis) à terme variable ou les fonds du marché monétaire peuvent offrir une meilleure protection.
Les investisseurs en actions canadiennes : Le ralentissement de la croissance de la population active, signalé par Macklem dès février 2026, aura des répercussions durables sur certains secteurs comme l'immobilier résidentiel, la construction et le commerce de détail. Réévaluer l'allocation sectorielle de votre portefeuille avant le 29 avril peut faire une différence mesurable.
Ce que Macklem dit vraiment (et ce que ça signifie pour vous)
Dans son discours du 5 février 2026 intitulé Le Canada à la croisée des chemins, Macklem a affirmé que le Canada doit « s'adapter à la perturbation économique » plutôt que de l'attendre passivement. Cette déclaration dépasse le langage des banquiers centraux : c'est un signal que la Banque du Canada reconnaît que les anciens modèles de croissance ne fonctionneront plus.
Selon les données publiées dans le Rapport sur la politique monétaire de mars 2026, les gains d'emploi de fin 2025 ont été effacés en janvier-février 2026, et le taux de chômage a progressé à 6,7 %. Dans ce contexte, une hausse de taux avant la fin 2026 semble peu probable — mais une pause prolongée à 2,25 % crée ses propres défis pour les planificateurs financiers.
L'incertitude commerciale avec les États-Unis demeure le principal risque à court terme, selon Macklem. Les tarifs douaniers américains créent une pression asymétrique sur l'économie canadienne : ils pèsent sur les exportations tout en stimulant potentiellement l'inflation sur les biens importés.
Les 4 questions à poser à votre conseiller avant le 29 avril
La prochaine annonce de la Banque du Canada aura lieu le 29 avril 2026 à 9 h 45 HE. Avant cette date, voici les quatre questions prioritaires à soumettre à un conseiller en gestion de patrimoine :
Mon hypothèque variable est-elle encore optimale ? Comparer le différentiel de taux variable/fixe sur 3 et 5 ans dans le contexte actuel.
Mon épargne bat-elle l'inflation ? Calculer le rendement réel net de chaque instrument d'épargne en place.
Mon portefeuille est-il exposé aux secteurs vulnérables au ralentissement démographique ? Identifier les surpondérations potentiellement risquées (immobilier, banques, consommation discrétionnaire).
Dois-je modifier ma stratégie de retrait REER/FERR ? Avec une inflation basse et des taux stables, la fenêtre de conversion REER-FERR et de fractionnement du revenu mérite une révision annuelle.
Agir avant, pas après
L'erreur classique des épargnants canadiens est d'attendre l'annonce de la Banque du Canada pour ajuster leur stratégie. Mais les marchés anticipent : les obligations et les produits hypothécaires se repositionnent souvent dans les 48 heures précédant une décision.
Un conseiller en gestion de patrimoine peut modéliser les scénarios « taux inchangé » et « baisse de 25 points de base » pour votre situation spécifique — et vous permettre d'agir au bon moment, pas en réaction.
Avertissement : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Consultez un conseiller en services financiers agréé pour toute décision d'investissement ou de gestion de patrimoine.
Pour comparer les taux actuels et trouver un conseiller en gestion de patrimoine au Canada, vous pouvez consulter le site officiel de la Banque du Canada. Expert Zoom met également en relation les Canadiens avec des conseillers en placements et en gestion de patrimoine qui suivent de près l'évolution des taux directeurs.
