L'or à 4 500 $/once en mai 2026 : faut-il investir maintenant? Les conseils d'un expert

Façade de la Monnaie royale canadienne, institution émettrice de pièces et lingots d'or au Canada

Photo : Janusz Sobolewski from Mississauga, Ontario, Canada / Wikimedia

Émilie Émilie LambertGestion de Patrimoine
4 min read 5 mai 2026

L'or a été l'actif de l'année 2026. Le 29 janvier, le métal précieux a touché un sommet historique absolu à 5 595,42 dollars l'once — un niveau jamais atteint dans toute l'histoire des marchés. Depuis, il a corrigé à environ 4 518 $ au 5 mai 2026, soit une baisse de 19 % par rapport au record. La question que se posent les investisseurs canadiens est directe : est-ce un point d'entrée attractif, ou le début d'une correction plus profonde?

Pourquoi l'or a atteint des sommets historiques en 2026

L'ascension de l'or depuis un an n'a rien d'accidentelle. Elle est la résultante de plusieurs facteurs géopolitiques et économiques convergents.

La guerre en Iran, déclenchée fin février 2026, a radicalement modifié les anticipations de risque mondial. Lorsque les grandes puissances militaires entrent en conflit ouvert, les investisseurs institutionnels déplacent une partie de leurs portefeuilles vers l'or — un actif qui n'a ni contrepartie ni risque souverain. Selon le Rapport sur la demande d'or du World Gold Council pour le T1 2026, la moyenne trimestrielle du prix de l'or a établi un nouveau record à 4 873 $/once, reflétant une demande institutionnelle et des banques centrales à des niveaux historiquement élevés.

À ces tensions géopolitiques s'ajoutent l'inflation persistante au Canada (2,4 % en mars 2026), les taux d'intérêt réels encore modérément positifs, et une méfiance croissante à l'égard des actifs libellés en dollars américains dans certaines régions du monde.

La correction de 19 % : opportunité ou avertissement?

Les observateurs se divisent en deux camps. Les optimistes voient dans la correction actuelle — de 5 595 $ à 4 518 $ — un retracement technique sain après une hausse rapide. J.P. Morgan Global Research maintient des prévisions haussières pour l'or, projetant un retour vers 5 000 $/once d'ici le quatrième trimestre 2026.

Les prudents soulignent que l'or ne génère pas de flux de trésorerie. Sa valeur dépend entièrement de la psychologie des marchés et des dynamiques géopolitiques — deux variables impossibles à prévoir avec précision. Si un accord de paix avec l'Iran se concrétisait, une partie de la prime de risque intégrée dans le cours pourrait se dégonfler rapidement.

Pour les investisseurs canadiens, l'horizon de placement est le facteur déterminant. Sur 10 ans, l'or a démontré sa capacité à préserver la valeur réelle d'un patrimoine. Sur 1 à 3 ans, la volatilité peut être intense — notamment comparée à d'autres actifs refuges comme l'argent-métal, dont le record de 121 $/once en janvier 2026 a été suivi d'une correction encore plus marquée.

Les trois façons d'investir dans l'or depuis le Canada

Un gestionnaire de patrimoine qualifié vous présentera les options disponibles en fonction de votre profil et de votre structure fiscale :

1. L'or physique (pièces et lingots). Accessible via la Monnaie royale canadienne et les courtiers spécialisés. Simple à comprendre, mais comporte des coûts de stockage et d'assurance, et sa liquidité est moindre qu'un ETF. Pour les montants importants, des coffres-forts institutionnels sont recommandés.

2. Les FNB aurifères. Des produits comme le iShares Gold Bullion ETF (CGL) coté en bourse de Toronto offrent une exposition à l'or sans les contraintes de détention physique. Ils sont détenus facilement dans un REER ou un CELI, et l'efficacité fiscale dépend de la structure du fonds.

3. Les actions de sociétés minières. Barrick Gold (ABX), Agnico Eagle (AEM) ou Kinross Gold (K) — tous cotés à la TSX — offrent une exposition amplifiée à l'or via leur levier opérationnel. Lorsque le prix de l'or monte de 10 %, les bénéfices d'une minière peuvent augmenter de 30 à 40 %. Mais l'inverse est également vrai, et des risques spécifiques (gestion, permis, coûts d'exploitation) s'ajoutent au risque de marché.

Ce qu'un gestionnaire de patrimoine évaluerait dans votre cas

L'or n'est pas adapté à tous les profils d'investisseurs. Un conseiller financier spécialisé examinera :

Votre allocation existante. Dans un portefeuille diversifié, une allocation de 5 à 10 % en métaux précieux est généralement considérée comme prudente. Si vous n'avez aucune exposition aux actifs réels, c'est une lacune à combler progressivement.

Votre tolérance à la volatilité. La correction de 19 % depuis le sommet de janvier illustre que l'or, bien qu'actif refuge, n'est pas sans risque de court terme.

L'optimisation fiscale. Les gains en capital sur l'or physique ou les FNB aurifères sont imposables au Canada à 50 % du taux marginal. Un gestionnaire peut vous aider à optimiser le moment de réalisation des gains et la structure de détention (REER, CELI, compte non enregistré).

Dans un environnement où la guerre en Iran maintient une prime de risque géopolitique élevée, l'or conserve un rôle stratégique dans tout portefeuille bien construit. La question n'est pas tant « faut-il avoir de l'or? » mais « quelle proportion, sous quelle forme, et avec quelle stratégie fiscale? » — des réponses qu'un expert en gestion de patrimoine sur ExpertZoom peut vous aider à personnaliser.

Cet article est à vocation informative et ne constitue pas un conseil en investissement. Consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision de placement.

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