Canada bat l'Italie en double mixte : un médecin du sport révèle les exigences physiques méconnues du curling

Athlètes en double mixte de curling lors d'une compétition olympique internationale

Photo : Martin Rulsch, Wikimedia Commons / Wikimedia

5 min read 28 avril 2026

Ce lundi 27 avril 2026, l'équipe canadienne de double mixte de curling — Kadriana et Colton Lott — a battu les champions du monde en titre italiens Stefania Constantini et Amos Mosaner par 6 à 5 en prolongation, au Championnat du monde de double mixte disputé à Genève, en Suisse. Le Canada passe à 4 victoires et aucune défaite dans le groupe B, s'installant seul en tête. L'Italie, médaillée de bronze olympique en 2026, subit sa première défaite du tournoi.

Une précision de jeu remarquable a scellé la victoire : le Canada a terminé la partie avec un taux de précision de 89 %, contre 66 % pour l'Italie.

Un sport d'élite caché derrière une apparente simplicité

Le curling est souvent perçu comme un sport accessible — lent, tactique, presque reposant à regarder. Cette perception passe complètement à côté de ce que vivent les athlètes sur la glace. En double mixte particulièrement, le niveau d'exigence physique est nettement supérieur au format traditionnel à quatre joueurs.

Dans chaque manche, chaque athlète effectue trois fois plus de livraisons qu'en équipe classique. La livraison elle-même — ce glissement accroupi sur un pied slider, qui projette une pierre de 19,96 kg sur 28 mètres de glace — impose une flexion extrême des hanches, des genoux et des chevilles. Le maintien de l'équilibre sur une surface ultra-glissante mobilise en permanence les muscles stabilisateurs du bas du dos et du bassin.

Le balayage intensif, lui, fait monter le rythme cardiaque à des niveaux comparables à ceux d'une course à pied soutenue. Il sollicite épaules, avant-bras et bras de manière explosive et répétée. Un médecin du sport qui suivrait Kadriana et Colton Lott tout au long du tournoi genevois — sept jours de compétition consécutifs — observerait une accumulation de fatigue musculaire que le spectateur de télévision ne perçoit pas.

Les blessures les plus fréquentes en curling et quand consulter un médecin

Les médecins du sport qui travaillent avec des équipes de curling identifient deux grandes catégories de blessures, très différentes dans leur mécanisme.

La première est liée aux chutes sur la glace. D'après les données de l'Agence de la santé publique du Canada, plus de 90 % des blessures en curling récréatif résultent de chutes non contrôlées. Les traumatismes crâniens — incluant les commotions cérébrales — et les fractures des membres supérieurs (poignets, coudes) constituent les schémas anatomiques les plus fréquents. Le port de chaussures adaptées, avec une semelle gripper sur un pied et un slider sur l'autre, est la mesure préventive la plus efficace selon les études disponibles.

La seconde catégorie regroupe les blessures de surutilisation. Le genou et la région inguinale subissent une tension chronique lors des livraisons répétées. Les épaules, elles, sont sollicitées de façon intensive pendant le balayage. Ces blessures progressives peuvent passer inaperçues pendant plusieurs semaines avant de devenir invalidantes.

Un médecin du sport recommandera de consulter sans attendre si vous ressentez : une douleur au genou qui persiste plus de 48 heures après une séance, une gêne dans l'aine lors de la livraison, une tension à l'épaule qui limite l'amplitude de mouvement, ou tout symptôme après une chute sur la glace — même légère — comme des maux de tête, des vertiges ou une confusion passagère.

Ce que font les champions que les amateurs négligent systématiquement

Kadriana et Colton Lott ne s'entraînent pas uniquement à perfectionner la trajectoire de la pierre. Leur préparation physique inclut un renforcement ciblé des muscles stabilisateurs de la hanche et du genou, un travail proprioceptif pour l'équilibre sur des surfaces instables, et une planification rigoureuse de la récupération active entre les parties.

Au Championnat du monde de double mixte 2026, les équipes disputent plusieurs parties sur sept jours consécutifs à Genève. Les duos qui abordent la semaine sans préparation physique adéquate voient leur précision technique chuter dès le quatrième ou cinquième jour — la fatigue musculaire est aussi décisive que la stratégie de jeu.

Certaines équipes européennes ont connu des éliminations prématurées lors de tournois précédents non pas à cause d'un manque de talent, mais à cause de blessures de mi-tournoi sur des muscles sous-préparés. La victoire canadienne par 89 % de précision contre l'Italie à 66 % traduit aussi cette capacité à maintenir la forme physique sur la durée.

Curling récréatif au Canada : plus risqué que vous ne le croyez

Le Canada compte plus d'un million de pratiquants réguliers de curling. La grande majorité joue en club, sans suivi médical spécifique. C'est précisément dans ce contexte récréatif que les blessures sont les plus sous-diagnostiquées.

Les adultes de 40 ans et plus — la tranche d'âge la plus représentée dans les clubs canadiens — sont plus vulnérables aux blessures de genou et d'épaule liées à la répétition. La musculature est souvent moins bien préparée, la récupération plus lente, et les retours après de longs hiatus sportifs (reprendre le curling en octobre après un été inactif) multiplient les risques.

Le curling en club se pratique souvent sans échauffement suffisant, sur de longues soirées, avec un retour précipité au vestiaire. Un médecin du sport peut évaluer vos vulnérabilités spécifiques — asymétrie musculaire, stabilité du genou, mobilité de l'épaule dominante — et proposer un programme de préparation physique adapté à votre profil d'âge et d'activité.

Pourquoi consulter un médecin du sport si vous jouez au curling ?

La question n'est pas de transformer votre soirée en club en entraînement de haute performance. C'est de permettre à chaque pratiquant — qu'il joue depuis 5 ans ou depuis 30 ans — de continuer à jouer sans interruption forcée par une blessure évitable.

Une consultation préventive avec un médecin ou un spécialiste en médecine sportive permet de détecter les faiblesses musculaires asymétriques, de vérifier la stabilité des genoux et des chevilles sur surface instable, et de recevoir des conseils personnalisés sur les chaussures adaptées, l'échauffement approprié et la récupération entre les parties.

Sur Expert Zoom, des médecins et des spécialistes en médecine sportive au Canada sont disponibles pour une consultation — en ligne ou en présentiel selon votre région — avant que la douleur ne devienne une blessure.

Note : cet article est fourni à titre informatif. Il ne remplace pas une consultation médicale professionnelle. En cas de douleur persistante ou de symptôme suite à une chute, consultez un professionnel de la santé qualifié.

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