Affaire McAvoy-Benson : 3 recours légaux que les athlètes victimes ignorent souvent

Joueur de hockey tenant son bras après un coup de bâton violent lors des playoffs NHL 2026
5 min de lecture 12 mai 2026

Le 1er mai 2026, lors du sixième match du premier tour des séries de la Coupe Stanley, Charlie McAvoy des Bruins de Boston a asséné un coup de bâton à deux mains au jeune ailier des Sabres de Buffalo, Zach Benson. La scène, capturée devant des milliers de partisans au TD Garden, a choqué le monde du hockey. McAvoy a été expulsé avec un double-mineur pour bâton élevé et une inconduite de match. Et ce lundi 11 mai 2026, il comparaît devant le Département de sécurité des joueurs de la LNH à New York — une audition en personne qui ouvre la porte à une suspension de six matchs ou plus. Mais que peut faire Benson, lui, au-delà de ce processus disciplinaire?

Ce qui s'est passé lors du Game 6

Les Sabres venaient de confirmer leur victoire 4-1 et leur passage au deuxième tour lorsque la séquence controversée s'est produite. Benson a été pénalisé pour un accrochage sur McAvoy — un geste que certains qualifient de soulèvement de la jambe délibéré (slew foot). McAvoy, visiblement furieux, a alors chargé Benson et lui a appliqué un coup de bâton de type baseball sur le bras droit.

La LNH a immédiatement réagi : McAvoy a reçu cinq minutes de pénalité pour bâton élevé et une inconduite de match. Une audition en présentiel a été annoncée dès le lendemain. Selon les règlements de la ligue, ce format d'audience permet d'imposer une sanction de six matchs ou plus. Puisque les Bruins sont éliminés, McAvoy purgera toute suspension dès le début de la saison 2026-2027. De son côté, Benson n'a subi aucune blessure apparente — mais la question de ses droits demeure entière.

La procédure disciplinaire de la LNH : ce qu'elle couvre (et ce qu'elle ne couvre pas)

Le Département de sécurité des joueurs (DSJ) de la LNH est chargé de réviser les incidents sur la glace et d'imposer des sanctions. Ce mécanisme interne est encadré par la convention collective de la Ligue nationale de hockey (CBA), négociée entre la LNH et l'Association des joueurs (AJLNH). La convention collective de la LNH prévoit notamment les conditions d'emploi de tous les hockeyeurs professionnels, les règles de discipline, et les mécanismes de grief.

Mais attention : le DSJ s'occupe uniquement de la sanction disciplinaire sportive — c'est-à-dire de la suspension de McAvoy. Il ne se prononce pas sur les dommages-intérêts, la compensation médicale, ou les éventuelles poursuites civiles. Ce sont d'autres leviers légaux que Benson pourrait activer s'il le souhaitait.

La violence sur la glace et le droit civil canadien

Au Canada, même dans un sport de contact, un athlète victime d'une violence délibérée peut envisager une action en responsabilité civile. Le principe de volenti non fit injuria — le consentement implicite au risque — s'applique aux contacts normaux du hockey. Un joueur accepte d'être bousculé, plaqué, voire frappé lors d'une mise en échec légale.

Mais ce consentement a des limites claires. Lorsqu'un joueur assène un coup de bâton à deux mains — une action clairement interdite par les règles du jeu — le consentement implicite cesse de s'appliquer. Des précédents jurisprudentiels canadiens ont établi ce principe : l'affaire R. c. McSorley (2000) a démontré que les tribunaux n'hésitent pas à traiter des actes de violence sur la glace comme des voies de fait criminelles. Dans ce cas-là, Marty McSorley avait reçu une sentence avec sursis pour avoir frappé Donald Brashear à la tête avec son bâton.

Un avocat spécialisé en droit sportif peut évaluer si le geste de McAvoy constitue une voie de fait au sens civil, et si des dommages-intérêts sont réclamables — notamment pour douleur et souffrance, pertes de revenus potentielles, ou soins médicaux requis.

Ce que prévoit la convention collective pour les athlètes blessés

Pour les athlètes impliqués dans des incidents en playoffs LNH, la convention collective offre plusieurs protections concrètes :

  • Assurance blessure : si un joueur est dans l'incapacité de jouer à la suite d'une blessure survenue pendant un match, son salaire est protégé par des clauses spécifiques de la CBA
  • Procédure de grief : un joueur peut contester une décision disciplinaire ou le comportement d'un adversaire via un mécanisme d'arbitrage formel prévu dans la convention collective
  • Droits médicaux : les équipes ont l'obligation de fournir des soins médicaux adéquats et de respecter les protocoles de retour au jeu
  • Protection salariale lors des suspensions liées à une blessure : contrairement aux suspensions disciplinaires, les absences causées par une blessure entraînent une protection salariale accrue

Pour les jeunes joueurs comme Benson, dont le premier contrat NHL soulève des enjeux de négociation complexes, comprendre ces protections avant même qu'un incident survienne peut s'avérer décisif pour leur carrière.

Quand consulter un avocat en droit sportif?

L'affaire McAvoy-Benson illustre une réalité que bien des athlètes — professionnels ou non — ignorent : les procédures internes des ligues sportives ne remplacent pas les recours légaux civils disponibles. Un avocat spécialisé en droit sportif peut intervenir dans les situations suivantes :

  • Vous avez été victime d'un coup délibéré causant une blessure pendant un match
  • Votre club ou votre ligue rejette votre demande de compensation médicale
  • Vous faites face à une suspension que vous jugez disproportionnée ou injuste
  • Votre contrat ne prévoit pas de protection adéquate en cas de blessure causée par un tiers
  • Vous souhaitez déposer une plainte civile contre un adversaire dont le geste sort clairement du cadre du jeu

Ces situations touchent aussi bien les professionnels de la LNH que les hockeyeurs de ligues récréatives, les joueurs de soccer amateur, ou tout athlète ayant subi un acte violent lors d'une compétition.

Ce qu'il faut retenir

L'audition de McAvoy devant le DSJ de la LNH ce 11 mai 2026 fera les manchettes — mais elle ne dit pas tout sur les droits de Zach Benson. Au Canada, un athlète victime d'un geste violent intentionnel bénéficie de protections qui vont bien au-delà des règlements sportifs : droit civil, droit du travail sportif, et protections contractuelles prévues dans la convention collective.

Si vous avez vécu une situation similaire — sur la glace, sur un terrain de soccer ou dans tout autre contexte sportif —, consulter un avocat spécialisé peut vous aider à comprendre l'étendue réelle de vos droits. Sur Expert Zoom, vous pouvez obtenir une consultation juridique en ligne en quelques minutes, sans déplacement.

Avis : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Consultez un avocat qualifié pour toute situation spécifique.

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