Workday, l'un des leaders mondiaux des logiciels de gestion des ressources humaines, a annoncé en février 2026 la suppression de 375 postes à l'échelle mondiale, soit environ 2 % de ses effectifs. En parallèle, le secteur technologique canadien traverse l'une des pires vagues de licenciements de la dernière décennie : selon le suivi de BetaKit, 56 000 emplois technologiques ont été supprimés au Canada depuis le début de 2026. Pour les travailleurs touchés, la priorité est souvent la même : comprendre ses droits et protéger sa situation financière avant de signer quoi que ce soit.
Ce qui s'est passé chez Workday
En février 2026, Workday a annoncé une restructuration majeure ciblant principalement ses équipes de service client mondial (Global Customer Operations). Les postes de gestionnaires de succès client, de formateurs et de spécialistes d'implémentation ont été les plus touchés. L'entreprise a désigné ces rôles comme des postes « non générateurs de revenus » dans sa communication interne. Le PDG Carl Eschenbach a quitté ses fonctions, et le cofondateur Aneel Bhusri est revenu à la direction pour piloter un virage stratégique centré sur l'intelligence artificielle.
C'est la deuxième grande vague de licenciements en un an chez Workday : en février 2025, l'entreprise avait déjà supprimé 1 750 postes. Elle prévoit des charges de dépréciation d'environ 135 millions de dollars pour son quatrième trimestre fiscal 2026.
La vague tech frappe le Canada de plein fouet
Les employés de Workday au Canada ne sont pas seuls. Amazon Web Services a notifié ses employés canadiens dès janvier 2026, dans le cadre d'une réduction globale de 16 000 postes. OpenText, basée à Waterloo en Ontario, a éliminé 5 % de ses effectifs en mars 2026. EA Games a licencié des développeurs de son studio montréalais Motive. Lightspeed Commerce a réduit ses équipes de support client après que l'IA a pris en charge plus de 80 % des interactions entrantes.
Résultat de cette vague : les offres d'emploi technologique sur Indeed sont 19 % inférieures aux niveaux prépandémie de février 2020, rendant la recherche d'emploi particulièrement difficile pour les travailleurs déplacés du secteur.
Vos droits en matière d'indemnité de départ au Canada
La première question à poser après un licenciement est simple : avez-vous droit à une indemnité de départ, et si oui, à combien ?
Au niveau fédéral (banques, télécommunications, transport interprovincial), le Code canadien du travail prévoit qu'un employé comptant 12 mois consécutifs de service a droit à une indemnité équivalant à la plus élevée des deux valeurs : 2 jours de salaire par année de service complétée, ou un minimum de 5 jours de salaire.
Au niveau provincial (où se trouve la majorité des travailleurs canadiens), les droits varient. En Ontario, un employé ayant 5 ans de service ou plus peut recevoir jusqu'à 1 semaine de salaire par année de service, avec un maximum de 26 semaines. Au Québec, la Loi sur les normes du travail prévoit des dispositions spécifiques selon la durée d'emploi et la taille de l'entreprise.
Ne signez jamais une entente de séparation sans avoir d'abord compris vos droits ou consulté un professionnel. Certains employeurs incluent des clauses de renonciation qui peuvent limiter vos recours futurs.
Assurance-emploi : des mesures avantageuses prolongées jusqu'en octobre 2026
Le gouvernement fédéral a prolongé plusieurs mesures temporaires d'assurance-emploi jusqu'au 10 octobre 2026 — une bonne nouvelle pour les travailleurs licenciés en 2026. Ces mesures incluent :
- Suppression du délai de carence d'une semaine : vous pouvez commencer à recevoir des prestations immédiatement après votre dernier jour de travail, ce qui représente jusqu'à 729 $ de plus pour les bénéficiaires au taux maximum
- Suspension de l'exemption des indemnités de départ : vous pouvez recevoir vos prestations d'AE sans devoir d'abord épuiser votre indemnité de départ, ce qui vous permet de conserver ce coussin financier
- Prestations prolongées : jusqu'à 20 semaines supplémentaires pour les travailleurs de longue date, portant la durée maximale à 65 semaines au total
Faites votre demande dès le premier jour de votre licenciement pour bénéficier de ces mesures. Chaque semaine de délai représente une semaine de prestation potentiellement perdue.
Planifier sa transition financière avec un conseiller en patrimoine
Les experts en gestion de patrimoine recommandent une approche structurée après un licenciement, en trois priorités claires.
Préserver l'indemnité de départ. Elle est conçue pour remplacer votre revenu pendant la recherche d'emploi, pas pour être investie immédiatement. Évitez les décisions d'investissement importantes dans les premières semaines : la volatilité émotionnelle post-licenciement n'est pas propice aux meilleures décisions financières.
Activer l'AE sans tarder. Faites votre demande dès votre dernier jour de travail pour bénéficier des mesures temporaires en vigueur jusqu'en octobre 2026. Utilisez les prestations d'AE comme revenu de remplacement principal, et conservez votre indemnité comme filet de sécurité.
Évaluer l'impact sur votre REER. Seules les allocations de retraite pour des années de service avant 1996 peuvent être transférées dans un REER sans affecter vos droits de cotisation. Pour les indemnités liées aux années postérieures à 1996, la situation est plus complexe et dépend de votre situation fiscale personnelle. Un conseiller en patrimoine peut vous guider selon votre profil.
Comme pour les travailleurs touchés par les fermetures d'usines Olymel au printemps 2026, les employés du secteur tech licenciés ont intérêt à agir rapidement et méthodiquement — avant de signer quoi que ce soit.
Avertissement : cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil financier ou juridique. Consultez un conseiller en patrimoine ou un professionnel qualifié pour votre situation spécifique.
