Victor Wembanyama mesure officiellement 2,24 mètres (7'4") selon la liste des San Antonio Spurs en 2026, mais le débat sur sa taille réelle a repris cette saison. Interrogé directement, le Français de 22 ans a répondu : « 7'4 ou 7'5, je ne sais pas vraiment. J'en entends moi-même tellement de différentes. » Brian Windhorst, journaliste à ESPN, a déclaré que Wembanyama mesurerait selon lui environ 2,26 mètres, avec une spéculation persistante autour de 2,31 mètres officieusement.
Au-delà du record et de la fascination médiatique, la taille extrême d'un athlète professionnel pose des questions médicales concrètes. Pour les Canadiens grands, parfois très grands — un homme sur quarante mesure plus de 1,93 mètre selon Statistique Canada —, comprendre les enjeux de santé liés à la croissance hors norme dépasse largement le cadre du basketball.
Une taille qui aurait encore augmenté depuis sa saison recrue
Wembanyama figurait dans la liste des Spurs à 2,18 ou 2,21 mètres lors de sa saison recrue en 2023-2024, selon les sources. Trois saisons plus tard, l'écart avec la mesure officielle actuelle de 2,24 mètres suggère une croissance de plusieurs centimètres après l'âge de 19 ans. La croissance osseuse se termine généralement entre 18 et 21 ans chez l'homme, lorsque les plaques de croissance des os longs — fémur, tibia, vertèbres — se ferment. Une croissance significative après 20 ans est inhabituelle, mais possible chez des individus dont la maturation squelettique est tardive.
Au début de la saison 2024-2025, Wembanyama avait dû interrompre sa saison à cause d'une thrombose veineuse profonde à l'épaule droite, signalée par les Spurs et largement relayée par NBA.com. Il est revenu jouer en 2025-2026 et figure cette saison parmi les meilleurs joueurs de la ligue. Sa situation médicale a remis sur le devant de la scène les enjeux cardiovasculaires et orthopédiques propres aux athlètes de très grande taille.
Pourquoi la taille extrême sollicite davantage le corps
Plusieurs études publiées dans le Journal of Bone and Joint Surgery et le European Journal of Cardiology documentent les contraintes que subissent les corps de très grande taille. Quatre points reviennent systématiquement dans la littérature médicale.
Les contraintes articulaires augmentent. Le poids corporel d'un athlète de 2,24 mètres dépasse souvent 110 kilogrammes. Chaque appui en course, en saut, en contact, transmet aux genoux, aux hanches et aux chevilles des forces deux à cinq fois supérieures au poids corporel. Sur des milliers de répétitions, le cartilage et les ligaments encaissent davantage.
Le risque cardiovasculaire mérite une surveillance particulière. Les très grandes tailles peuvent être associées à un risque accru de troubles cardiaques, notamment dans le contexte de syndromes génétiques comme la maladie de Marfan, qui touche environ une personne sur 5 000. Les épisodes de thrombose veineuse, comme celui qu'a vécu Wembanyama, justifient un bilan complet avec un cardiologue.
La colonne vertébrale subit des contraintes spécifiques. La scoliose, les hernies discales et les douleurs lombaires chroniques sont surreprésentées chez les personnes très grandes, en particulier lorsque la croissance s'est faite rapidement à l'adolescence.
Les coûts énergétiques sont supérieurs. Le métabolisme de base d'un corps de 2,24 mètres demande davantage de calories. La récupération demande aussi plus de sommeil et un encadrement nutritionnel rigoureux.
L'angle expert : quand consulter quand on est très grand
Toute personne mesurant plus de 1,95 mètre — la frontière statistique usuelle en médecine sportive canadienne — bénéficie d'un dépistage médical régulier. Trois signaux doivent particulièrement attirer l'attention.
Un essoufflement inhabituel à l'effort, une douleur thoracique, un gonflement asymétrique d'un membre ou des palpitations exigent une évaluation cardiologique rapide. La maladie de Marfan, la dissection aortique et les troubles du rythme cardiaque sont surreprésentés chez les très grandes statures, même si les cas restent rares en chiffres absolus.
Les douleurs articulaires chroniques au genou, à la hanche ou à la cheville méritent une consultation chez un médecin du sport, un orthopédiste ou un physiothérapeute. Une prise en charge précoce — renforcement musculaire ciblé, ajustement technique, gestion de la charge d'entraînement — peut éviter des chirurgies tardives.
Les troubles posturaux, particulièrement la scoliose et l'hypercyphose dorsale, doivent être suivis par un professionnel. Un physiothérapeute formé en posturologie ou un médecin spécialisé en médecine physique et de réadaptation peuvent proposer un plan adapté.
Ce qu'il faut faire pour les grands adultes canadiens
Trois recommandations simples ressortent de la pratique clinique. D'abord, ne pas attendre la douleur pour consulter. Un bilan de santé annuel avec son médecin de famille, complété par une auscultation cardiaque attentive, suffit dans la majorité des cas.
Ensuite, renforcer la musculature posturale. Les muscles paravertébraux, les fessiers et la sangle abdominale soutiennent un corps long et compensent les contraintes mécaniques. Un kinésiologue ou un entraîneur certifié peut établir un programme adapté.
Enfin, soigner le sommeil et la nutrition. Les corps de grande taille récupèrent mieux avec sept à neuf heures de sommeil et un apport calorique calibré par un nutritionniste. La carence en vitamine D, fréquente au Canada, mérite un dépistage chez un médecin.
Pour des questions générales sur la santé et la prévention, les Canadiens peuvent consulter les ressources du gouvernement du Canada à canada.ca/fr/sante-publique, où Santé Canada regroupe ses recommandations.
Avertissement : Ces informations sont éducatives et ne remplacent pas un avis médical personnalisé. Consultez un professionnel de la santé pour toute question concernant votre situation individuelle.
Wembanyama incarne une nouvelle génération d'athlètes pour qui la médecine sportive doit s'adapter. Pour le grand public, le message reste simple : être grand est une force, à condition que le corps soit suivi avec sérieux.

Amélie Gagnon