Tournages au Québec en 2026 : les blessures de plateau que les figurants ne doivent pas ignorer

Plateau de tournage dans une rue de Montréal avec un technicien et un figurant près du matériel d'éclairage
4 min de lecture 21 juillet 2026

Les plateaux de tournage se multiplient au Québec en 2026, et avec eux le nombre de figurants, de cascadeurs et de techniciens exposés chaque jour aux risques du métier. À Montréal comme à Québec, les bureaux de cinéma multiplient les permis d'occupation du domaine public, tandis que les agences de casting recrutent en continu des figurants pour les productions de la saison. Derrière le glamour des caméras se cache une réalité plus terre à terre : le plateau de tournage est un milieu de travail, régi par des règles strictes de santé et de sécurité.

Pour les milliers de personnes qui débutent devant ou derrière la caméra cette année, une question mérite d'être posée dès maintenant : que faire en cas de blessure sur un plateau, et quand faut-il consulter un professionnel de la santé?

Un milieu de travail comme un autre

Aux yeux de la loi québécoise, un plateau de tournage n'est pas une zone de non-droit. La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) considère l'industrie du cinéma et de la vidéo comme un secteur d'activité à part entière, avec ses propres consignes de prévention. Selon la CNESST, les risques y sont nombreux : chutes de hauteur lors de l'installation d'éclairages, manutention de charges lourdes, longues journées de travail, exposition au froid ou à la chaleur, présence de véhicules et d'effets pyrotechniques.

Le figurant qui passe douze heures debout par temps froid, le technicien qui déplace des projecteurs de plusieurs kilos ou le cascadeur qui répète une chute ne sont pas à l'abri d'un incident. Ces situations, banales en apparence, peuvent laisser des séquelles physiques réelles si elles ne sont pas prises au sérieux.

Les blessures qui passent sous le radar

Les accidents spectaculaires font les manchettes, mais ce sont souvent les blessures discrètes qui causent le plus de tort à long terme. Une entorse mal soignée, un mal de dos chronique lié à la manutention répétée, une tendinite au poignet ou une fatigue oculaire due aux éclairages intenses s'installent progressivement. Le travailleur, souvent payé à la journée et soucieux de ne pas perdre un contrat, a tendance à minimiser la douleur et à poursuivre le tournage.

C'est précisément là que le bât blesse. Un médecin de famille ou un physiothérapeute consulté rapidement peut éviter qu'une blessure bénigne ne devienne une incapacité durable. Les signaux qui doivent alerter sont clairs : une douleur qui persiste plus de quelques jours, un engourdissement, une perte de force, une raideur au réveil ou un gonflement qui ne diminue pas. Face à ces symptômes, l'avis d'un professionnel de la santé n'est pas un luxe, mais une précaution de base.

Le froid, la fatigue et les longues journées

La saison des tournages au Québec expose aussi les équipes à des conditions climatiques changeantes. Les journées de tournage dépassent fréquemment dix à douze heures, parfois de nuit, ce qui perturbe le sommeil et augmente le risque d'erreurs et de blessures. La fatigue accumulée diminue la vigilance et la coordination, deux facteurs directement liés aux accidents de travail.

Un professionnel de la santé peut aider à reconnaître les signes d'épuisement et à mettre en place des stratégies simples : hydratation régulière, protection contre le froid, étirements avant les scènes physiques, gestion du sommeil entre deux journées de tournage. Ces conseils, adaptés à chaque personne, valent particulièrement pour les figurants occasionnels qui ne sont pas habitués au rythme d'un plateau.

Vos droits en cas d'accident

Un accident survenu pendant le travail sur un plateau peut ouvrir droit à une indemnisation. La CNESST prévoit un régime de réparation pour les lésions professionnelles, mais encore faut-il que l'incident soit correctement documenté. Le premier réflexe doit être médical : consulter sans tarder un médecin, faire consigner la blessure et conserver le rapport. C'est ce document qui établira le lien entre la lésion et le tournage.

Un suivi médical rigoureux protège la santé du travailleur, mais il constitue aussi la preuve la plus solide en cas de démarche d'indemnisation. Négliger la consultation initiale, c'est risquer de se retrouver, des semaines plus tard, avec une douleur persistante et aucun document pour l'expliquer.

Quand consulter un expert

Que l'on soit figurant pour la première fois ou technicien chevronné, quelques principes valent pour toute la saison 2026. Ne jamais ignorer une douleur qui s'installe. Consulter un médecin dès qu'un symptôme dépasse le simple inconfort passager. S'informer, avant même le premier jour de tournage, des consignes de sécurité de la production.

Un médecin, un physiothérapeute ou un professionnel de la santé au travail peut évaluer une blessure, orienter vers les bons examens et prévenir les complications. Sur Expert Zoom, il est possible de trouver rapidement un professionnel de la santé pour obtenir un avis, poser ses questions et savoir si une consultation en personne s'impose.

Le cinéma québécois se porte bien, et c'est une excellente nouvelle pour l'emploi culturel. Mais aucun rôle, aussi bref soit-il, ne vaut la peine de compromettre sa santé. Sur un plateau comme ailleurs, prévenir reste toujours plus simple que guérir.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un avis médical personnalisé. En cas de blessure ou de symptôme préoccupant, consultez un professionnel de la santé qualifié.

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