Le 31 mai 2026, l'experte financière américaine Suze Orman a lancé un avertissement direct aux investisseurs canadiens : ne vendez pas vos actions par panique face à la turbulence des marchés. Ce message, relayé sur Yahoo Finance Canada et money.ca, survient dans un contexte de forte volatilité boursière liée à la flambée des prix du pétrole depuis le conflit américano-iranien de février 2026.
La mise en garde du 31 mai : « Ne soyez pas laissés pour compte »
Suze Orman, animatrice du podcast Women & Money et conseillère financière de renom, est catégorique. Face à la hausse de plus de 50 % du cours du pétrole WTI — une conséquence directe des tensions géopolitiques au Moyen-Orient déclenchées le 28 février 2026 — les marchés actions ont subi une forte correction. Dans ce contexte, elle lance une mise en garde sans détour :
« Tous ceux qui pensent agir intelligemment en se retirant maintenant vont être laissés pour compte. »
Selon elle, vendre dans un marché en baisse représente l'erreur d'investissement ultime. Ceux qui quittent les marchés dans la panique manquent inévitablement le rebond qui suit — et perdent ainsi les gains que la crise avait épargnés aux investisseurs patients.
Pourquoi les Canadiens sont particulièrement exposés
Le S&P/TSX Composite, l'indice boursier de référence au Canada, affiche une pondération élevée en titres énergétiques : pétrole, gaz naturel, pipelines. Quand le brut flambe en raison de tensions géopolitiques, la volatilité sur le TSX est amplifiée par rapport aux autres marchés développés.
Les investisseurs canadiens sont donc doublement touchés : leur portefeuille fluctue davantage, et leur psychologie est mise à rude épreuve par les manchettes alarmistes.
Un sondage de CPP Investments publié en 2025 révèle que 59 % des Canadiens craignent de survivre à leur épargne. Cette anxiété profonde rend les décisions émotionnelles — vendre bas, acheter haut — particulièrement fréquentes lors des périodes de forte volatilité.
La Banque du Canada surveille ces dynamiques de marché et publie régulièrement ses analyses sur les risques pesant sur la stabilité financière des ménages.
Les quatre conseils pratiques d'Orman pour les Canadiens
Au-delà du message de ne pas vendre, Suze Orman a partagé plusieurs stratégies concrètes sur son podcast au cours de la semaine du 27 mai 2026 :
1. Constituez un coussin de liquidités de 3 à 5 ans. Cette réserve, placée hors des marchés dans un compte d'épargne ou un certificat de placement garanti, doit couvrir vos dépenses courantes sans que vous ayez besoin de toucher à vos investissements. Elle vous protège de la pire erreur : vendre à perte pour payer vos factures.
2. Automatisez vos cotisations au REER et au CELI. Même 25 $ par semaine, investi de façon systématique et régulière, crée une discipline d'épargne que la volatilité ne peut pas éroder. La stratégie du « dollar-cost averaging » — investir le même montant à intervalles réguliers — vous permet d'acheter davantage d'unités quand les marchés baissent.
3. Ne cherchez pas à chronométrer le marché. Prédire le creux d'un marché est impossible, même pour les meilleurs gestionnaires de portefeuille. Le risque de manquer les 10 meilleurs jours de bourse sur une décennie peut amputer votre rendement de plus de 50 %, selon les données historiques.
4. Ignorez les prévisions de récession à court terme. Le PDG de JPMorgan Chase a évoqué des risques récessionnistes liés aux tensions géopolitiques et aux disruptions de l'intelligence artificielle. Orman rappelle que les marchés ont toujours surmonté ces crises — et que réagir à chaque avertissement économique conduit à des décisions contre-productives.
Ce qu'un conseiller en gestion de patrimoine canadien vous dirait en plus
Les conseils de Suze Orman s'inscrivent dans un contexte fiscal et réglementaire américain. La réalité canadienne comporte plusieurs nuances importantes que seul un expert local maîtrise.
En premier lieu, le REER et le CELI obéissent à des règles précises sur les plafonds de cotisation, les droits inutilisés et les stratégies de retrait optimal. Retirer de son REER durant une année de faibles revenus — par exemple en cas de congé sabbatique ou de transition professionnelle — peut être fiscalement très avantageux. Cette fenêtre d'opportunité, souvent méconnue, se ferme dès que votre situation fiscale change.
En deuxième lieu, les Canadiens bénéficient du Régime de pensions du Canada (RPC) et de la Sécurité de la vieillesse (SV). Ces deux piliers publics réduisent la pression sur vos placements privés. Un conseiller peut calculer précisément à quel âge commencer à toucher ces prestations — retarder le RPC de 65 à 70 ans augmente chaque versement mensuel de 42 %.
En troisième lieu, la gestion fiscale des pertes en capital est une stratégie puissante lors des marchés baissiers. Vendre un titre en perte pour compenser des gains réalisés ailleurs dans votre portefeuille peut réduire votre facture fiscale — à condition de ne pas racheter le même titre dans les 30 jours (règle des pertes apparentes).
Pour en savoir plus sur les étapes clés de la planification de la retraite au Canada selon votre âge, consultez notre guide complet sur la planification retraite au Canada.
Passer à l'action : que faire cette semaine
Si la volatilité actuelle vous préoccupe, voici les trois actions prioritaires avant toute décision :
Évaluez votre horizon de placement. Si vous n'avez pas besoin de ces fonds avant 10 ans ou plus, la correction actuelle est statistiquement un bruit de fond. Si vous approchez de la retraite, une révision de votre allocation d'actifs vers plus de revenu fixe peut être prudente.
Vérifiez vos liquidités immédiates. Si vous avez besoin de fonds dans les 12 à 24 mois, ils ne devraient pas être exposés aux marchés boursiers. Le risque de timing est trop élevé.
Consultez un conseiller avant tout changement majeur. Les décisions d'investissement prises sous stress émotionnel sont rarement optimales. Un professionnel en gestion de patrimoine peut vous présenter vos options de façon neutre, chiffrée et adaptée à votre situation personnelle — un avantage que les conseils généraux d'une célébrité financière ne peuvent pas offrir.
Avis de non-responsabilité : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Toute décision d'investissement doit être prise en consultation avec un conseiller financier agréé.

Geneviève Gagnon