Partir dans le Sud cet hiver : ce que votre conseiller financier voudrait que vous sachiez

Couple de retraités québécois préparant leur départ dans le Sud, documents d'assurance et valises sur la table
Valérie Valérie MorinGestion de Patrimoine
7 min de lecture 1 octobre 2026

Chaque début d'octobre, des centaines de milliers de Québécois commencent à boucler leurs valises pour passer l'hiver dans le Sud — Floride, Mexique, République dominicaine, Antilles. Mais la saison 2026 des snowbirds s'annonce particulièrement risquée sur le plan financier : les primes d'assurance voyage ont bondi, le dollar américain reste élevé, et de nouvelles réalités fiscales et assurantielles ont changé les règles du jeu. Les conseillers financiers et experts en gestion de patrimoine observent, cette année, une hausse significative des dossiers mal préparés — avec des conséquences qui peuvent se chiffrer en dizaines de milliers de dollars.

Ce qui a changé pour les snowbirds en 2026

La saison 2026 n'est pas celle de 2019. Plusieurs facteurs se conjuguent pour rendre la migration hivernale québécoise plus coûteuse et plus complexe qu'avant.

D'abord, les primes d'assurance santé voyage ont grimpé. Selon les données compilées par les courtiers spécialisés, une couverture de 4 à 6 mois en Floride pour un snowbird québécois de 65 ans et plus coûte désormais entre 800 $ et 3 500 $ selon l'âge, les antécédents médicaux et l'assureur choisi — avec des écarts de prix pouvant atteindre 60 % entre compagnies pour une couverture équivalente, d'après le portail Hellosafe.ca.

Ensuite, les coûts médicaux aux États-Unis continuent leur ascension vertigineuse. Sans assurance voyage adéquate, une simple appendicite à Fort Lauderdale peut coûter entre 50 000 $ et 120 000 $ USD — une somme que la RAMQ ne remboursera pas, ou presque : la Régie rembourse en moyenne moins de 5 % des frais médicaux engagés hors du Québec, d'après les chiffres publiés par Protégez-Vous.

Enfin, une réalité souvent négligée : les changements aux conditions d'assurance habitation pour les logements laissés inoccupés. Plusieurs assureurs québécois ont durci leurs clauses depuis 2024, et ne pas les respecter peut vous priver de toute couverture au retour.

Ce que votre conseiller financier vous dirait avant votre départ

Un conseiller en gestion de patrimoine expérimenté vous répétera que la préparation d'une saison snowbird, c'est d'abord une décision financière et fiscale — pas seulement logistique.

« La majorité des Québécois qui partent dans le Sud plusieurs mois par année pensent avoir "réglé" leur situation en achetant une assurance voyage. Mais ils oublient deux ou trois volets critiques qui peuvent les ruiner en cas de pépin », explique-t-on dans les milieux de la planification financière.

Ces volets oubliés sont au nombre de trois : la couverture de leur résidence principale pendant leur absence, la règle fiscale des 183 jours si la destination est les États-Unis, et le calcul précis de leur couverture santé — notamment les clauses d'exclusion liées aux maladies préexistantes, qui représentent la première cause de refus d'indemnisation.

Votre maison pendant votre absence : le piège des 30 jours

C'est le risque le moins connu — et l'un des plus coûteux. La majorité des polices d'assurance habitation standard au Québec contiennent une clause d'inoccupation prolongée : au-delà de 30 jours d'absence consécutifs, les garanties contre le vol, le vandalisme et les dégâts d'eau sont automatiquement suspendues, sauf si vous avez avisé votre assureur à l'avance et payé une prime d'avenant.

Or, un snowbird qui part cinq mois en Floride laisse sa maison inoccupée de novembre à mars — soit plus de 150 jours. Sans avenant d'inoccupation, un dégât d'eau dû à un tuyau qui éclate en janvier ne sera tout simplement pas remboursé. Le coût moyen d'un tel sinistre au Québec se situe entre 15 000 $ et 45 000 $ selon l'étendue des dommages, d'après les données de l'industrie.

Cas concret : Marcel, 68 ans, Laval → Fort Lauderdale, 5 mois

Pour illustrer ce que représentent concrètement ces risques, prenons l'exemple de Marcel, retraité à Laval, propriétaire de son condo depuis 1998, qui projette de passer de novembre 2026 à fin mars 2027 en Floride — soit 151 jours d'absence.

Si Marcel part sans prendre les mesures suivantes :

  • Assurance habitation : Sa police standard couvre 30 jours d'inoccupation. À partir du 31e jour, les garanties vol/vandalisme/dégât d'eau sont suspendues. Un tuyau qui éclate en janvier = 0 $ de remboursement. Un avenant d'inoccupation prolongée lui aurait coûté entre 80 $ et 200 $ selon son assureur actuel — un coût dérisoire comparé à un sinistre non couvert.

  • Assurance voyage santé : Marcel a une condition préexistante (légère hypertension traitée). S'il achète une police standard sans déclarer cette condition, et qu'il est hospitalisé pour une complication cardiaque à Miami, son assureur peut refuser la réclamation sur la base de la non-divulgation. Le coût d'une hospitalisation de 5 jours en cardiologie en Floride : entre 80 000 $ et 200 000 $ USD. La RAMQ lui rembourserait environ 4 500 $ CAD.

  • Règle des 183 jours : Marcel reste 151 jours aux États-Unis. Il reste en dessous du seuil de la « Substantial Presence Test » annuel (183 jours). Mais s'il a passé du temps aux États-Unis en 2025 et 2024, le calcul se fait sur 3 ans selon la formule américaine (1/6 des jours des deux années précédentes s'ajoutent). Sans ce calcul, il pourrait être considéré comme résident fiscal américain et être soumis à l'impôt sur le revenu mondial — et devoir produire une déclaration en plus de sa déclaration canadienne.

Avec une consultation préalable avec un conseiller en gestion de patrimoine : Marcel aurait su qu'il devait aviser son assureur habitation, choisir une police voyage avec couverture des conditions préexistantes (coût additionnel estimé à 300-500 $ pour sa tranche d'âge), et vérifier son décompte de jours américains sur 3 ans avec un fiscaliste. Total du coût de la préparation : environ 500 $ à 800 $. Total des risques évités : potentiellement plus de 100 000 $.

Le piège fiscal des 183 jours que beaucoup ignorent

La règle la plus redoutée des snowbirds américains est la « Substantial Presence Test » de l'IRS. Si vous êtes présent aux États-Unis pendant 183 jours ou plus dans une année civile, ou si vous atteignez ce seuil en appliquant la formule sur 3 ans (tous vos jours en 2026 + 1/3 de vos jours en 2025 + 1/6 de vos jours en 2024), vous pouvez être considéré comme résident fiscal américain.

Concrètement : un Québécois qui passe 120 jours par an aux États-Unis depuis 3 ans peut atteindre ce seuil sans s'en rendre compte. La protection de la Convention fiscale Canada-États-Unis s'applique, mais seulement si vous remplissez le formulaire 8840 « Closer Connection Exemption » chaque année. Ce formulaire doit être produit avant le 15 juin de l'année suivante. L'oubli de ce formulaire est une des erreurs les plus fréquentes — et les plus coûteuses — signalées par les fiscalistes québécois.

Ce que vous devriez faire avant le 1er novembre

La fenêtre pour bien se préparer avant une saison snowbird se ferme rapidement. Les experts en gestion de patrimoine recommandent de prendre trois rendez-vous avant votre départ :

1. Votre courtier d'assurance habitation : Vérifiez la clause d'inoccupation de votre police, demandez un avenant si vous partez plus de 30 jours, et confirmez que quelqu'un passera régulièrement dans votre logement (certaines polices exigent une visite toutes les 2 semaines).

2. Un courtier d'assurance voyage spécialisé snowbird : Ne comparez pas seulement les prix — comparez les conditions de couverture des maladies préexistantes. Une économie de 200 $ sur la prime peut coûter 100 000 $ en cas de refus de réclamation. Le gouvernement du Québec recommande de consulter le site de l'Autorité des marchés financiers pour vérifier si votre assureur est bien accrédité.

3. Un conseiller en gestion de patrimoine ou fiscaliste : Particulièrement si vous avez des actifs aux États-Unis (condo en Floride), des revenus de retraite d'origine américaine, ou si vous êtes proche du seuil des 183 jours. Ce professionnel pourra aussi vous conseiller sur la meilleure stratégie de change — en 2026, le dollar américain reste fort face au dollar canadien, ce qui augmente le coût réel de chaque dollar dépensé dans le Sud.

Partir dans le Sud cet hiver est une décision que des centaines de milliers de Québécois prendront dans les prochaines semaines. La différence entre une belle saison et un désastre financier tient souvent à quelques heures de préparation avec le bon expert. Sur ExpertZoom, vous pouvez consulter un conseiller en gestion de patrimoine ou un spécialiste en planification de retraite dès cette semaine pour préparer votre départ en toute sérénité.

Avertissement : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié pour votre situation spécifique.

Avantages

Des réponses rapides et précises pour toutes vos questions et demandes d'assistance dans plus de 200 catégories.

Des milliers d'utilisateurs ont obtenu une satisfaction de 4,9 sur 5 pour les conseils et recommandations prodiguées par nos assistants.