Un homme de 20 ans a été arrêté le 13 avril 2026 à San Francisco après avoir lancé un cocktail Molotov contre la résidence de Sam Altman, PDG d'OpenAI. Daniel Moreno-Gama, originaire du Texas, avait établi une liste ciblant plusieurs dirigeants de l'industrie de l'intelligence artificielle, motivé par la conviction que l'IA menace l'extinction de l'humanité. Il fait maintenant face à des accusations de tentative de meurtre et d'incendie criminel.
Une menace planifiée contre un dirigeant tech
L'enquête révèle que l'agression n'était pas un acte impulsif. Selon le procureur fédéral américain, Daniel Moreno-Gama avait rédigé un document intitulé « Your Last Warning » (Votre dernier avertissement) dans lequel il nommait explicitement Sam Altman et d'autres figures de la Silicon Valley comme cibles. Les autorités ont retrouvé ce manifeste lors de son arrestation.
Sam Altman a répondu publiquement le 11 avril 2026 dans un billet de blogue, appelant à « désescalader la rhétorique » entourant le débat sur l'IA. Il a reconnu les préoccupations légitimes sur les « enjeux incroyablement élevés » de cette technologie, tout en condamnant la violence comme moyen d'expression.
Cet incident soulève des questions profondes : dans quelle mesure les dirigeants d'entreprise, notamment dans le secteur technologique, sont-ils protégés face à de telles menaces ? Et qu'en est-il au Canada ?
Ce que dit la loi canadienne sur les menaces contre les dirigeants
Au Canada, les menaces envers une personne sont criminalisées par l'article 264.1 du Code criminel. Toute personne qui profère des menaces de causer la mort ou des lésions corporelles est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement. L'incendie criminel, quant à lui, est traité par l'article 433 du Code criminel et peut entraîner l'emprisonnement à perpétuité si des vies sont mises en danger.
Selon Justice Canada, la protection des individus contre la violence et les menaces est une priorité fondamentale du système de droit pénal. Les entreprises dont les dirigeants font l'objet de menaces peuvent également intenter des poursuites civiles en dommages et intérêts pour préjudice moral et perturbation des activités.
Pour les entreprises technologiques canadiennes, cet événement rappelle l'importance croissante de la sécurité des personnes dirigeantes. De nombreuses firmes ont depuis renforcé leurs protocoles de sécurité physique et numérique.
Les recours légaux en cas de menaces professionnelles
Si vous êtes dirigeant d'entreprise, entrepreneur ou chef d'équipe et que vous faites face à des menaces — qu'elles soient physiques, numériques ou verbales — voici les recours juridiques disponibles au Canada :
Plainte pénale immédiate : Toute menace doit être signalée à la police sans délai. Le Code criminel protège les victimes de menaces même si aucun acte physique n'a été commis. Une déclaration formelle permet d'ouvrir une enquête criminelle.
Injonction civile : Il est possible de demander une injonction d'éloignement si un individu représente une menace continue. Cette mesure oblige la personne à maintenir une distance minimale et interdit tout contact direct ou indirect.
Ordonnance de protection : Dans les cas les plus graves, un tribunal peut émettre une ordonnance de protection d'urgence, applicable en dehors des heures normales de bureau, pour protéger immédiatement la victime.
Recours en dommages civils : Si les menaces ont causé un préjudice psychologique, financier ou opérationnel à une entreprise, une action civile en responsabilité peut être intentée contre l'auteur.
Un avocat spécialisé en droit pénal ou en litige civil peut vous accompagner dans le choix du recours le plus adapté à votre situation. Chaque contexte est différent, et la stratégie juridique doit être calibrée en fonction des preuves disponibles, du profil de la menace et de l'urgence de la situation.
L'IA au cœur d'un débat qui polarise
L'attaque contre Sam Altman survient dans un contexte de tensions croissantes autour de l'intelligence artificielle. Des groupes d'activistes anti-IA, convaincus que le développement rapide de ces technologies représente une menace existentielle pour l'humanité, multiplient les actions de protestation depuis 2024.
Au Canada, le gouvernement fédéral travaille à l'encadrement législatif de l'IA via le projet de loi C-27, qui incluait initialement la Loi sur l'intelligence artificielle et les données. Si le débat reste principalement académique et politique au pays, l'incident américain illustre que les convictions radicales peuvent mener à des actes extrêmes.
Pour les entreprises canadiennes qui développent ou déploient des systèmes d'IA, l'événement constitue un signal d'alarme. La transparence dans la communication sur les impacts de la technologie, combinée à une politique robuste de sécurité pour les personnes exposées, devient une nécessité stratégique.
Quand consulter un avocat ?
Si vous dirigez une organisation et que vous recevez des menaces — même sous forme de courriels anonymes ou de commentaires en ligne virulents — il est fortement conseillé de consulter un avocat spécialisé avant que la situation ne dégénère.
Les professionnels du droit peuvent vous aider à évaluer la gravité réelle de la menace, documenter les preuves de manière juridiquement recevable, et initier les procédures appropriées pour votre protection. Un accompagnement précoce est souvent décisif pour éviter une escalade.
Avertissement YMYL : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Consultez un avocat qualifié pour toute situation impliquant des menaces ou des poursuites judiciaires.
Sur Expert Zoom, des avocats spécialisés en droit pénal et en litige civil sont disponibles en consultation en ligne. Voir aussi nos ressources sur l'intelligence artificielle pour les entreprises.
