Fermetures d'usines Olymel au printemps 2026 : les droits des 290 travailleurs d'Anjou et Cap-de-la-Madeleine

Usine Olymel à Vallée-Junction, Québec — fermetures d'établissements au printemps 2026

Photo : Félix Mathieu-Bégin / Wikimedia

Mia Mia GauthierJuridique
4 min de lecture 24 avril 2026

Olymel procède ce printemps 2026 à la fermeture définitive de ses établissements d'Anjou et de Cap-de-la-Madeleine, au Québec, touchant au total 290 travailleurs. L'entreprise, chef de file canadien dans la transformation de viande de porc et de volaille, a annoncé ces fermetures dans le cadre d'un plan de modernisation de 142 millions de dollars centré sur son usine La Fernandière de Trois-Rivières. Pour les salariés concernés, l'heure est aux questions sur leurs droits — et les réponses sont précises.

Ce qui se passe chez Olymel en ce moment

L'établissement d'Anjou compte 140 employés, et celui de Cap-de-la-Madeleine en emploie 150, selon les informations communiquées par Olymel. Les deux usines cesseront leurs activités de façon permanente ce printemps, au moment où débutera la production dans la nouvelle installation de Trois-Rivières.

La direction a indiqué que l'ensemble du personnel se verrait offrir une relocalisation dans d'autres établissements Olymel, dont le nouveau site trifluvien, situé à une douzaine de kilomètres de l'ancienne usine de Cap-de-la-Madeleine. Parallèlement, un changement de gouvernance est en cours : Daniel Rivest, actuellement directeur des opérations, prendra la tête de l'entreprise en juillet 2026, succédant à Yanick Gervais.

Ces fermetures s'inscrivent dans une vague de restructuration plus large entamée en 2021 — Olymel avait alors fermé cinq établissements en dix mois — et elles surviennent dans un contexte de coûts de main-d'œuvre et d'énergie en hausse au Québec.

Ce que dit la Loi sur les normes du travail

Au Québec, toute fermeture touchant un nombre significatif de salariés est encadrée par la Loi sur les normes du travail (RLRQ, c. N-1.1) et ses dispositions sur le licenciement collectif.

La loi est claire : lorsqu'un employeur met fin à l'emploi de 10 travailleurs ou plus sur une période de deux mois consécutifs, il doit obligatoirement aviser le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Les délais de préavis sont les suivants :

  • 8 semaines pour un licenciement collectif touchant 10 à 99 personnes
  • 12 semaines pour 100 à 299 personnes
  • 16 semaines pour 300 personnes ou plus

Dans le cas d'Olymel, l'usine d'Anjou (140 salariés) déclenche l'obligation de 12 semaines de préavis ; celle de Cap-de-la-Madeleine (150 salariés) également. Ce délai s'applique à partir de la réception de l'avis par le ministère, et non à partir de l'annonce publique.

D'après le gouvernement du Québec, pour les licenciements de 50 salariés ou plus, l'employeur doit participer à la mise en place d'un comité d'aide au reclassement. Ce comité — composé de représentants de l'employeur, des syndicats et du ministère — offre aux travailleurs concernés des services d'information, d'orientation professionnelle et d'aide à la recherche d'emploi.

Les droits individuels des travailleurs

La relocalisation proposée par Olymel est une option, non une obligation. Un salarié a le droit de refuser le poste offert dans un autre établissement si les conditions — distance, salaire, poste — diffèrent significativement de son contrat actuel. Dans ce cas, il peut être considéré comme licencié et bénéficier des protections légales correspondantes.

Voici ce à quoi ont droit les travailleurs dans un licenciement collectif au Québec :

Indemnité de fin d'emploi (severance) : Les normes minimales prévoient une indemnité calculée en fonction du nombre d'années de service. Pour 3 ans de service ou plus, l'indemnité est d'au moins une semaine de salaire par année. Les conventions collectives prévoient souvent des dispositions plus avantageuses.

Préavis ou salaire compensatoire : Si l'employeur ne respecte pas le délai de préavis légal, il doit verser le salaire correspondant à la période de préavis non accordée.

Maintien des avantages sociaux : Durant la période de préavis, le salarié conserve ses avantages sociaux (assurance collective, cotisations au régime de retraite) à moins que la convention collective n'en dispose autrement.

Accès aux prestations d'assurance-emploi : La fin d'emploi involontaire donne droit aux prestations d'assurance-emploi du gouvernement fédéral dès la semaine suivant la perte d'emploi, sous réserve du nombre d'heures assurables accumulées.

Que faire dès maintenant si vous êtes touché

Première étape — Vérifier la convention collective. Si vous êtes syndiqué, votre convention collective offre généralement des protections supérieures aux normes minimales. Consultez votre délégué syndical immédiatement.

Deuxième étape — Documenter votre dossier. Conservez tous les courriers reçus d'Olymel, les offres de relocalisation, les relevés de paie et les contrats. Ces documents seront indispensables en cas de litige.

Troisième étape — Consulter un avocat en droit du travail. Même si les normes légales semblent claires, chaque situation est différente. Un avocat spécialisé peut évaluer si l'offre de relocalisation constitue un maintien équitable du contrat, si l'indemnité proposée est conforme à la loi, et si vous avez subi une modification substantielle de vos conditions de travail pouvant constituer un congédiement déguisé.

Quatrième étape — S'inscrire au comité de reclassement. La participation à ce comité est gratuite et ouvre l'accès à des ressources concrètes : bilan de compétences, ateliers de recherche d'emploi, aide à la rédaction de CV et mise en relation avec des employeurs de la région.

Vers qui se tourner au Québec

Les fermetures chez Olymel s'inscrivent dans un contexte où le marché de l'emploi canadien reste sous pression, rendant d'autant plus précieux le recours à un soutien juridique et professionnel rapide pour les travailleurs déplacés.

Pour les 290 employés d'Olymel concernés, la prochaine étape concrète est d'obtenir un avis juridique personnalisé. Un avocat spécialisé en droit du travail peut analyser leur situation en quelques heures et confirmer s'ils sont correctement indemnisés ou s'ils ont des recours supplémentaires. Expert Zoom permet de trouver rapidement un avocat en droit du travail disponible au Québec pour une consultation initiale.

Avis juridique : Cet article présente des informations générales sur le droit québécois du travail et ne constitue pas un avis juridique personnalisé. Pour toute décision relative à votre situation, consultez un avocat qualifié.

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