Noah Kahan parle de son TOC : ce que la santé mentale des artistes nous dit sur la nôtre

Noah Kahan en concert à Glastonbury, artiste qui milite ouvertement pour la santé mentale et le Busyhead Project

Photo : Raph_PH / Wikimedia

4 min de lecture 12 avril 2026

Le 6 avril 2026, Noah Kahan a accordé une interview au podcast On Purpose with Jay Shetty dans laquelle il a parlé avec une franchise rare de son trouble obsessionnel compulsif (TOC), de sa dysmorphie corporelle et de l'anxiété chronique qui l'a empêché, à certains moments, de simplement se lever le matin. Dix jours plus tard, Netflix diffusait son documentaire Out of Body (13 avril), plongeant les téléspectateurs dans dix-huit mois de sa vie intérieure. Et le 24 avril sort son nouvel album, The Great Divide, au cœur duquel la thérapie occupe une place centrale.

Ce que Noah Kahan a dit — et pourquoi ça compte

Dans l'interview du 6 avril, le chanteur originaire du Vermont a livré plusieurs aveux remarquables :

  • Il a longtemps refusé de consulter un thérapeute par peur que les soins psychologiques « éteignent » sa créativité.
  • Lorsqu'il a finalement franchi le pas, son thérapeute lui a dit : « L'échec fait partie du chemin — prépare-toi à ça. »
  • Sa dysmorphie corporelle et son TOC se manifestaient par une incapacité à se concentrer, des rituels mentaux envahissants et une détresse au moment de s'endormir ou de se lever.
  • Il a fondé le Busyhead Project, une initiative dédiée à réduire la stigmatisation autour de la santé mentale, dont le nom est inspiré de l'une de ses chansons phares.

Ce témoignage public résonne particulièrement au Canada : selon l'Association canadienne pour la santé mentale (ACSM), 1 Canadien sur 5 souffre d'un problème de santé mentale chaque année, et seulement un tiers de ceux qui auraient besoin de soins reçoivent un traitement.

TOC et dysmorphie corporelle : ce que ces diagnostics signifient concrètement

Le trouble obsessionnel compulsif est souvent caricaturé — ranger ses affaires par ordre de couleur, vérifier le gaz dix fois. La réalité clinique est bien plus envahissante : il s'agit d'une boucle de pensées intrusives (les obsessions) que le cerveau cherche à neutraliser par des comportements répétitifs (les compulsions). Chez Noah Kahan, ces pensées prenaient la forme d'une rumination constante autour de sa carrière, de son corps et de sa valeur en tant qu'artiste.

La dysmorphie corporelle (trouble dysmorphique du corps, TDC) est une condition dans laquelle la personne est préoccupée de façon excessive et irrationnelle par un ou plusieurs aspects de son apparence — souvent perçus comme des « défauts » invisibles ou mineurs pour les autres. Elle est fréquemment associée à l'anxiété sociale et au TOC.

Ces deux diagnostics peuvent coexister et se renforcer mutuellement. Ils sont traités par des approches éprouvées : la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), la thérapie d'exposition et de prévention de la réponse (EPR), et parfois la pharmacothérapie.

La résistance aux soins psychologiques : un phénomène très répandu

La peur de Noah Kahan — que la thérapie « tue » la créativité — n'est pas anecdotique. Elle reflète un mythe très répandu, notamment dans les milieux artistiques : l'idée que la souffrance psychologique serait une condition nécessaire au talent. Cette croyance retarde souvent le recours aux soins.

Une enquête menée par l'Université de Montréal en 2024 auprès de 1 200 adultes québécois a montré que 42 % des personnes ayant des symptômes anxieux significatifs n'avaient pas consulté un professionnel dans l'année précédente, citant principalement la peur du jugement, le coût perçu des soins et l'idée que « ce n'est pas assez grave pour consulter ».

Pourtant, les études cliniques montrent que les interventions précoces — avant que les symptômes ne deviennent invalidants — réduisent considérablement la durée et l'intensité des épisodes.

Cet article est à visée informative. Il ne remplace pas un avis médical ou psychologique. Si vous ressentez des symptômes d'anxiété, de TOC ou de dysmorphie corporelle, consultez un professionnel de santé mentale.

Quand consulter un professionnel de la santé mentale ?

Voici les signaux qui méritent une attention professionnelle :

  • Pensées intrusives récurrentes — pensées indésirables qui reviennent malgré vos efforts pour les chasser, et qui provoquent de l'anxiété
  • Comportements répétitifs que vous ne pouvez pas contrôler et qui occupent plus d'une heure par jour
  • Préoccupation excessive pour un aspect de votre apparence physique qui ne semble pas justifiée par les autres
  • Évitement de situations sociales, professionnelles ou de loisir à cause de ces pensées ou comportements
  • Impact sur le sommeil, la concentration ou le travail — difficulté à fonctionner normalement au quotidien

Si vous vous reconnaissez dans l'un de ces points, la démarche de Noah Kahan — passer le pas de la thérapie — est à votre portée. Des psychiatres et des psychologues cliniciens sont disponibles sur Expert Zoom pour un premier échange confidentiel. Consultez un psychiatre en ligne ou un spécialiste en psychologie clinique dès maintenant.

Le Busyhead Project : quand la célébrité sert la santé publique

L'initiative fondée par Kahan illustre un phénomène documenté : les témoignages publics de personnalités connues augmentent le recours aux soins chez les personnes qui leur ressemblent. Une étude de l'Université de Toronto (2023) a montré que la médiatisation de la dépression par des artistes augmente de 27 % les recherches en ligne sur les ressources de santé mentale dans les 48 heures suivantes.

Le documentaire Out of Body et l'album The Great Divide — dont Noah Kahan dit qu'il n'aurait pas pu être écrit sans sa thérapie — pourraient bien avoir le même effet sur une nouvelle génération de Canadiens encore hésitants à demander de l'aide.

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