Une nouvelle campagne nationale révèle en 2026 que les mères et les femmes assument environ 65 % de l'ensemble du travail non rémunéré au Canada, une contribution évaluée à plus de 1 000 milliards de dollars par an selon ses organisateurs. Le « Prix parce que les mères comptent 2026 », dont les nominations sont ouvertes jusqu'au 31 mai, met en lumière une réalité économique méconnue : ce travail invisible a un coût direct et concret sur la retraite de celles qui l'effectuent.
Un trillion de dollars de travail non reconnu
Le travail non rémunéré accompli par les mères comprend les soins aux enfants, l'aide aux parents âgés, le maintien du foyer et les tâches quotidiennes invisibles. En valeur marchande, Statistique Canada estime que ce travail représente l'équivalent de 16 à 20 % du PIB national selon la méthode de calcul retenue.
Mais ce qui préoccupe moins les discussions publiques, c'est l'impact de cette contribution sur le patrimoine et la retraite des femmes concernées. Chaque heure passée à accomplir du travail non rémunéré est une heure de moins travaillée en emploi rémunéré — et donc une heure de moins de cotisations au Régime de pensions du Canada (RPC) et aux régimes enregistrés d'épargne-retraite (REER).
Les écarts de retraite : une réalité chiffrée
Au Canada, les femmes reçoivent en moyenne des prestations du RPC inférieures à celles des hommes. Cet écart s'explique en grande partie par les interruptions de carrière liées à la maternité et aux soins, qui réduisent mécaniquement le nombre d'années de cotisation et le revenu moyen utilisé dans le calcul des prestations.
Une mère qui prend cinq ans hors du marché du travail pour élever ses enfants perd non seulement ces cinq années de cotisations RPC, mais aussi l'accumulation de capital dans un REER ou un CELI pendant cette période. À un taux de rendement moyen de 6 %, cinq ans sans contribution à l'épargne-retraite à l'âge de 30-35 ans peut représenter une perte de plusieurs dizaines de milliers de dollars au moment de la retraite, en tenant compte des intérêts composés.
En 2026, la Sécurité de la vieillesse (SV) a été revalorisée de 2,1 % en mai. Mais cette hausse, si elle aide, ne compense pas l'écart structurel accumulé pendant les années d'absence du marché du travail. Comme l'explique notre article sur la hausse SV de 2,1 % en mai 2026, cette prestation reste insuffisante sans épargne complémentaire.
Quelles stratégies pour compenser ces écarts?
Plusieurs mécanismes existent pour atténuer l'impact des interruptions de carrière sur la retraite :
Le RPC et la disposition d'exclusion des années de faible revenu : Le Régime de pensions du Canada permet d'exclure jusqu'à 39 % des années de faible revenu dans le calcul des prestations, ce qui peut atténuer partiellement l'effet des périodes hors emploi.
Les cotisations au REER du conjoint : Lorsqu'un ménage dispose d'un revenu inégal, le partenaire à revenu plus élevé peut cotiser à un REER au nom de l'autre, permettant à la mère de bénéficier d'une épargne-retraite plus importante tout en optimisant la fiscalité du ménage.
Le fractionnement du revenu de pension : À la retraite, les couples canadiens peuvent fractionner jusqu'à 50 % des revenus de pension admissibles, réduisant ainsi la charge fiscale globale et équilibrant les prestations des deux conjoints.
Le CELI pour combler les lacunes : Le Compte d'épargne libre d'impôt offre une flexibilité importante pour les mères qui reviennent sur le marché du travail. Les droits de cotisation inutilisés s'accumulent à vie, permettant de rattraper les années sans cotisation dès que le revenu le permet.
L'épargne systématique dès le retour en emploi : Même de petites contributions régulières à la reprise du travail peuvent avoir un impact significatif sur le long terme grâce à la croissance composée.
Le rôle d'un conseiller en gestion de patrimoine
Face à la complexité de ces stratégies, beaucoup de mères qui reviennent sur le marché du travail ne savent pas par où commencer. Selon Statistique Canada, les femmes sont surreprésentées parmi ceux qui déclarent manquer de connaissances financières pour planifier leur retraite.
Un conseiller en gestion de patrimoine peut établir un bilan personnalisé tenant compte des interruptions de carrière, calculer le manque à gagner projeté en termes de RPC et d'épargne, et proposer un plan de rattrapage adapté à la situation du ménage. La planification de la retraite au Canada est une démarche qui gagne à être entamée le plus tôt possible — surtout lorsque des années hors du marché du travail ont créé des lacunes à combler.
La campagne « Prix parce que les mères comptent 2026 » a le mérite de rendre visible une réalité économique trop souvent ignorée. Mais reconnaître ce travail, c'est aussi agir concrètement pour en atténuer les conséquences à long terme — et cela commence par une planification financière éclairée.
Sur Expert Zoom, des conseillers en gestion de patrimoine spécialisés en planification de la retraite pour les familles canadiennes sont disponibles pour vous aider à évaluer votre situation et définir une stratégie adaptée, quelle que soit votre trajectoire professionnelle.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier ou fiscal. Pour toute décision d'investissement ou de planification de la retraite, consultez un conseiller qualifié.

Geneviève Gagnon